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Patrick Juvet : "Maman m'a donné deux fois la vie "

Publié le 2 janvier 2009

Sur sa maman, Patrick Juvet nous confie : "Tout d'abord en me mettant au monde, ensuite, en m'aidant face à mes démons, il y a bientôt deux ans"

«Excusez-moi, je n'ai pas eu le temps de recoudre son jean », nous lance-t-elle avec humour en nous montrant le pantalon customisé de son fils, Patrick Juvet.

Invitée par le prince du disco sur la croisière Âge tendre et têtes de bois, cette dame de 80 ans a autant de malice que de gentillesse dans son tendre regard.

À la veille de l'escale espagnole, à Barcelone, où Patrick réside désormais, tous deux nous ont reçus dans leur cabine pour un entretien plein d'amour, d'intelligence et de tendresse...

France Dimanche (F. D.) : Vous habitez en Espagne, tandis que votre mère vit en Suisse. Avez-vous souvent l'occasion de vous voir ?

Patrick Juvet (P. J.) : Maman vient souvent chez moi. Elle me mitonne des petits plats, on se balade et, surtout, on papote. Sinon, nous nous appelons tous les jours au téléphone. On s'envoie même plusieurs SMS au cours de la journée. En ce moment, comme je fais des spectacles tard le soir, elle ne peut pas me souhaiter « bonne nuit » de vive voix. Alors, elle m'écrit un mail pour me raconter sa journée. Je le lis avant de me coucher, et je lui réponds en lui racontant ce que j'ai fait de la mienne. Même si nous avons des horaires décalés, nous sommes tous deux extrêmement liés. C'est d'ailleurs pour mieux correspondre avec elle, et à son initiative, que je me suis mis à surfer sur Internet.

F. D. : De quoi parlez-vous donc tous les deux ?

P. J. : De l'actualité, de musique, de choses et d'autres... Maman était une femme politique influente en Suisse mais, en même temps, très à l'affût des centres d'intérêts de ses enfants. Ainsi c'est elle qui, il y a des années, m'a fait découvrir le groupe de musique Queen, elle encore à qui je fais écouter les maquettes de mes chansons. Elle est à la page et a un goût très sûr en musique.

F. D. : Madame, que ressentez-vous lorsque vous voyez, comme ce soir, votre fils sur scène ?

Janine Juvet (J.J.) : Pour ne rien vous cacher, j'ai toujours une légère appréhension. Bien entendu, je suis fière de lui, mais j'ai aussi un peu peur quand je le vois ainsi, seul sur scène. Alors, je fais taire mes frissons et je tente de lui envoyer des bonnes ondes... Et puis je sais qu'il a une bonne étoile qui veille sur lui. Ce n'est pas possible autrement ! Car le trac n'est rien comparé aux frayeurs que Patrick m'a fait vivre à plusieurs reprises.

P. J. : Et encore dernièrement... L'année dernière, les médecins ne me donnaient plus que trois mois à vivre !

F. D. : Que vous est-il arrivé ?

P. J. : Vous savez peut-être que, à plusieurs reprises, j'ai dû vaincre ma dépendance à l'alcool mais aussi à diverses drogues. J'ai réussi à arrêter toutes les substances toxiques pendant vingt ans. L'été 2002, Florence Aboulker, ma productrice et amie, est morte. J'ai commencé à m'ennuyer et deux ans plus tard, j'ai replongé. Lorsque papa est décédé, le 23 juillet 2007, j'ai assisté à son enterrement dans un état éthylique. La seule chose qui m'ait donné envie d'entreprendre une cure de désintoxication est la proposition qui m'a été faite, il y a un an et demi maintenant, de participer à la tournée Âge tendre et têtes de bois. Or, je n'étais pas du tout assez en forme pour revenir sur scène. Alors, j'ai décidé d'agir et je suis entré en clinique. Le médecin qui m'a ausculté a été on ne peut plus clair.

F. D. : C'est-à-dire ?

P. J. : Il m'a annoncé une cirrhose, de celles dont on ne se sort pas. 57 ans, c'est un peu jeune pour mourir non ? Heureusement, trois jours plus tard, les examens ont montré que mon cas était récupérable à condition que je suive un programme de désintoxication très précis durant au moins deux mois. Je savais que c'était ma dernière chance... Mais j'étais d'autant plus déterminé que je n'avais plus le choix. Aujourd'hui, je vais bien. J'ai fait des examens récemment et il semblerait que mon foie soit sauvé.

J. J. : Toi, tu lui donnes du travail à ton ange gardien !

P. J. : Et à toi aussi ! Dès que j'ai besoin de toi, tu accours... J'ai de la chance que tu sois encore là. Tu m'as donné deux fois la vie ! Tout d'abord en me mettant au monde, et en m'aidant à me sauver de mes démons, il y a presque deux ans. Je préfère ne pas penser au jour où...

J. J. : N'y pense pas et vis au présent ! Le monde est déjà bien assez dangereux aujourd'hui sans devoir penser au lendemain.

Daphné Givry

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