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Patrick Sébastien : Blessé par Francis Cabrel !

Publié le 10 mai 2013

L'animateur Patrick Sébastien a lancé un nombre impressionnant d'artistes, dont certains ont la mémoire courte et la reconnaissance limitée...L'animateur Patrick Sébastien a lancé un nombre impressionnant d'artistes, dont certains ont la mémoire courte et la reconnaissance limitée...

Nous vous avons déjà parlé (voir n° 3475) du dernier ouvrage de Patrick Sébastien, Comme un poisson dans l'herbe, paru aux éditions XO. Au cœur de ce livre plein de drôlerie, se niche un chapitre plus grave. Patrick s'y montre seul, dans une chambre d'hôtel de province, à l'occasion d'une tournée.

Désœuvré, il allume la télé et, soudain, comme par magie, apparaissent tour à tour sur l'écran des artistes célèbres, qui ont un point commun : tous, au début de leur carrière, ont été aimés, soutenus, parfois découverts par Patrick ; et tous, la célébrité venant, se sont éloignés de lui. Avec beaucoup de pudeur, l'humoriste dit les déceptions, voire les chagrins, que ces défections lui ont causé. Il ne cite jamais leur nom, mais la description qu'il fait d'eux, les indices qu'il sème, les rendent aisément reconnaissables...

->Voir aussi - Patrick Sébastien : Son ménage à trois avec Nana et Shéhérazade !

Par exemple, ce chanteur à cheveux longs et à moustache, à peine sorti de son Astaffort natal, en cet automne 1979, qui pourrait-il être d'autre que Francis Cabrel ? À l'époque, séduit par ce baladin inconnu, Patrick l'avait choisi pour assurer sa première partie : « Et chaque jour de la tournée, écrit-il aujourd'hui, je me planquais en coulisse pour écouter le prodige. Et après le spectacle, le partage, les sourires, les secrets. »

L'animateur raconte aussi comment le jeune Cabrel, le rideau retombé, tentait de le réconforter, lui qui barbotait alors en plein chagrin d'amour : « Ça crée des liens, le désespoir et sa consolante... »

C'est à ces années-là que Patrick Sébastien repense soudain, dans sa chambre d'hôtel anonyme et solitaire, en voyant à la télévision un portrait du Cabrel d'aujourd'hui, comblé de triomphes et d'honneurs. Et son verbe, alors, se fait nettement plus mélancolique. Écoutons-le : « Ce garçon est pour moi le plus formidable auteur-compositeur des trente dernières années. Mais depuis les vingt qui viennent de passer, il me fuit. Mon image sans doute. Trop grasse, trop populo. »

Patrick Sébastien, alors, à mots couverts, parle des refus que Francis Cabrel oppose à ses invitations, de ses timides tentatives pour renouer avec lui. Avant de conclure : « Mais je ne lui en veux pas. [...] Je suis juste triste. [...] Aujourd'hui, c'est trop tard. »

Victime

Cette rupture, on sent bien que Patrick la regrette. Mais pense-t-il pour autant qu'elle est injuste ? Et si, au fond, d'une certaine manière, il l'avait, comme on dit familièrement, « bien cherchée » ? C'est presque ce qu'il semble en penser lui-même, si l'on en croit l'entretien qu'il vient d'accorder à TV grandes chaînes.

Lorsque le journaliste lui demande s'il ne se complaît pas dans la caricature que l'on fait souvent de lui, celle d'un grossier inculte, il répond : « C'est vrai. Je cultive ce côté qu'on appelle "beauf" parce que, si je commençais à avoir de la reconnaissance du monde d'en haut, je ne me sentirais pas bien. [...] En fait, je me complais dans le statut de victime. »

Une victime qui se complaît peut-être dans son état, mais qui en souffre néanmoins. Car, là encore, Patrick Sébastien en revient à la star d'Astaffort : « Cabrel, c'est particulier. Ma déception est à la hauteur de l'admiration que je lui porte. On était très copains. J'adore ce mec, c'est une vraie blessure d'amitié. »

Didier Balbec

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