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Patrick Sébastien : Il a assisté à un assassinat !

Publié le 10 juillet 2009

Patrick Sébastien n'oubliera jamais la nuit que lui a fait passer un ami de sa mère, pour l'inciter à mieux choisir ses fréquentations.

Il n'a jamais caché sa vie dissolue. Une vie qu'il a toujours croquée à pleines dents, sans se soucier du qu'en-dira-t-on. Patrick Sébastien n'a jamais caché, non plus, sa passion pour le ballon ovale et son amour du beau sexe. Deux amours qui allaient souvent ensemble, s'accordant parfaitement.

« Le rugby musclait ma vie, je basculais les filles », résume crûment Patrick dans son autobiographie, intitulée Tu m'appelles en arrivant ?, parue en mars dernier aux éditions Florent Massot.

Un livre dans lequel il se livre à nous et nous fait notamment partager cinquante-cinq belles années de complicité entre lui et sa maman, Andrée Boutot. Et plus particulièrement, les derniers jours que l'animateur a passé auprès d'elle, l'accompagnant vers la mort.

->Voir aussi - Patrick Sébastien : "Et si j'étais le résultat d'un viol ?"

C'est aussi avec des mots pleins d'émotion qu'il évoque ses souvenirs d'enfance et d'adolescence, tous plus drôles ou plus touchants les uns que les autres. Une période où il passe le plus clair de son temps au Turenne, le bar ouvert par sa mère, à Brive-la-Gaillarde.

Voyous

« Un repaire de copains, de coquins, de déglingués, de bagarreurs, de paumés, de poètes, de rugbymen, de militaires, de filles faciles, enfin bref, une boîte à bonheur ...» écrit-il.

Autant dire que le jeune homme a très vite fréquenté des gens peu recommandables, des « voyous grandes gueules », des truands. Patrick, qui n'est à l'époque pas encore majeur, se sent attiré par ce monde-là. Et, pour nourrir sa très jeune épouse, et l'enfant qu'il a eu avec elle très tôt, il faut bien gagner de l'argent.

Son petit boulot de VRP en encyclopédies ne leur permet pas de vivre comme il voudrait. Alors, il se met à rêver une autre vie... Comédien, imitateur, ça, ça lui plairait bien !

Ses débuts à Paris, en 1974, ne sont pas formidables. Patrick lutte tant bien que mal, et se console dans les bras de nombreuses filles. Ses fréquentations deviennent aussi de plus en plus inquiétantes. À tel point que sa maman commence à se faire un sang d'encre. Son fiston chéri ne serait-il pas en train de mal tourner ?

En tout cas, comme il le raconte dans son livre, le futur animateur dépense une fortune dans les « bars à putes » de Pigalle. Et malgré les recommandations de sa mère, il se met en ménage avec une prostituée. Jusqu'au jour où il se laisse embarquer dans une histoire qui tourne très vite au cauchemar. Lors de cette virée en enfer, il assiste à un assassinat !

« On doit aller rejoindre des copines dans une partouze, tu veux venir avec nous ?» lui proposent ce soir-là deux de ses « amis » de bar. Patrick, toujours d'accord lorsqu'il s'agit de s'amuser, acquiesce. Le trio part en voiture vers le XVI e arrondissement de Paris pour une bonne partie de plaisir...

Bâillonné

Mais là, les choses commencent à s'envenimer. Arrivé dans les beaux quartiers de la capitale, le véhicule s'engouffre dans un parking souterrain. Sans comprendre ce qui lui arrive, Patrick est menotté, les bras dans le dos, puis on l'enferme dans un coffre arrière... où se trouve déjà un pauvre homme « bâillonné, les yeux effrayés »!

La voiture redémarre pour s'arrêter une bonne demi-heure plus tard, dans un endroit des plus glauques. Patrick, que ses deux kidnappeurs ont sorti du coffre, se souvient : « Une banlieue quelconque. Un chantier en construction. Rien que des engins, des grues, des dalles et des pans de murs inachevés. Il y avait aussi le bruit d'une bétonnière qui tournait. »

Devant lui, arrivé dans un autre véhicule, il reconnaît l'un des bons clients de sa mère, un homme que l'on surnomme « L'architecte »... Sous les yeux horrifiés du jeune Patrick, le truand donne l'ordre à ses deux sbires de pousser l'homme qui a voyagé avec lui dans le coffre, dans une profonde excavation, au milieu du chantier !

Puis, sans la moindre émotion, les deux comparses approchent la bétonnière et versent une nappe de ciment sur la victime ! Toujours, bien sûr, sur l'ordre de L'architecte...

« Au début, j'ai regardé, tétanisé, et puis j'ai couru dix mètres plus loin pour ne plus voir, raconte Patrick. Je m'en suis vomi dessus. Quand je suis revenu vers eux, l'homme avait disparu et le trou était comblé. »

Choc

Le choc est violent. Tel était bien l'objet de la mission de L'architecte... Envoyé par la mère de Patrick, il devait donner une bonne leçon à cet enfant terrible. Histoire de le dégoûter de la pègre, de lui prouver qu'il n'était pas fait pour ce milieu-là... Qu'il avait de la chance, qu'il allait devenir une grande vedette. Mais, pour bénéficier à fond de cette chance, il devait s'éloigner à jamais de ses mauvaises fréquentations.

Une chose est sûre, cette scène, aussi effroyable qu'elle ait été, aura été efficace. Car si Patrick Sébastien a aujourd'hui encore une « grande gueule », il n'a plus jamais cherché à jouer avec le feu en s'encanaillant : « À partir de cette nuit, reconnaît-il dans son ouvrage, je n'ai plus fréquenté les hors-la-loi que loin de leurs bases, par pure amitié, sans ambiguïté. Mes désirs de devenir leur égal se sont envolés. »

Jean Joyon

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