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Patrick Sébastien : Il a sombré dans l’alcool !

Publié le 10 janvier 2020

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© BESTIMAGE Patrick Sébastien

Avec beaucoup d’émotion, Patrick Sébastien qui a été évincé de France 2 l’an passé a reconnu avoir bu jusqu’à “un litre et demi de whisky par jour”…

Il est des blessures dont on ne se remet qu’à peine. Des coups reçus en plein cœur qui ne cicatriseront jamais. Et l’on a beau être fort, tout faire pour essayer de contenir ses chagrins derrière un mur de ce que beaucoup appellent la « volonté », l’être humain se révèle bien fragile face à des attaques si profondes.

Des coups, des attaques, et une immense déception, celui qui a longtemps fait les belles soirées France 2, Patrick Sébastien, en a connus ces derniers mois. Ce que l’on ne peut appeler autrement que son éviction, advenue le 12 octobre 2018, avait véritablement sapé le moral de cet homme pourtant si solide. Après plus de vingt ans à faire rire, sourire, et chanter son public, entre autres avec son Plus Grand Cabaret du monde, et Les Années bonheur, il était tout simplement mis à la porte…

Le pire, peut-être, dans cette mise à l’écart, est la façon dont les choses se sont déroulées. La direction de la chaîne ne s’est pas adressée directement à lui pour la lui signifier ! C’est à son épouse, Nathalie, avec laquelle il est marié depuis 1998, que l’information a été donnée… Certes, elle est directrice de sa société, Magic TV, mais il aurait semblé plus logique que Takis Candilis, le numéro 2 de France Télévisions, reçoive le principal intéressé et lui apprenne ce qu’il se passait… 


Mais cela n’a pas été le cas, et Patrick a rudement accusé le choc. « J’ai pas eu un coup de téléphone, a expliqué l’animateur sur C8. On a convoqué ma femme, qui est la directrice de ma boîte, pour lui dire en cinq minutes : “Vous lui direz que c’est fini !” Au bout de vingt-deux ans où j’ai fait gagner beaucoup d’argent au service public, où j’ai créé, où je n’ai jamais escroqué le service public… c’est quand même un peu violent ! », avait-t-il relaté, visiblement très éprouvé par ce traitement. 

Comme l’avait révélé Le Parisien, l’entretien entre Nathalie et Takis Candilis n’avait duré qu’une dizaine de minutes, et se serait conclu « sans poignée de main »… Après cette annonce – on peut le comprendre – l’animateur aurait très mal réagi. « Quand Patrick l’a appris, ça l’a rendu terriblement triste, a expliqué un proche du couple. Il était déçu, vexé. Il en est tombé malade »…

Malade, oui. Comme beaucoup de personnes qui perdent leur travail, leur activité est source de revenus, mais aussi, souvent, elle est devenue leur raison de vivre. Le travail offre une existence sociale, elle permet de faire du lien avec les autres, d’échanger. Il donne aussi à beaucoup la sensation si réconfortante de se sentir utile… Pour toutes ces raisons, la privation de ses fonctions est, bien souvent, vécue comme un traumatisme…

Bien sûr, personne, à part Patrick, ne sait à quel point il lui a été difficile de faire face à cette situation. Peut-être même, lui qui n’emploie pourtant pas la langue de bois, n’a-t-il pas tout dit sur la violence du contrecoup qu’il a ressentie… Mais il est une chose dont il a parlé, une réalité que personne, en général, ne veut évoquer, tant elle est taboue dans notre société : c’est la façon dont il a sombré dans l’alcool…

Oui, comme tout être humain qui souffre et qui peine à se projeter dans un avenir incertain, Patrick a dû trouver une sorte de pansement pour adoucir son mal. Pour endormir sa douleur. Mercredi 4 décembre, avec beaucoup de courage, il a dévoilé son addiction lors de l’émission Touche pas à mon poste ! diffusée sur C8, annonçant qu’il était allé jusqu’à boire « un litre et demi de whisky par jour » ! « Sans faire attention, car au départ, c’était festif, je suis devenu alcoolique », a-t-il expliqué, avec une bouleversante lucidité.

Il en a fait l’aveu dans son livre, Sans chaînes, paru aux éditions Hugo Doc. Son but ? Aider ceux qui, comme lui, sont un jour tombés dans l’alcool. « C’est un piège, c’est une prison, tu ne te rends pas compte… » a-t-il expliqué à Cyril Hanouna.

Un témoignage d’autant plus fort, que lui a réussi à guérir de son accoutumance. « J’ai eu dix piges très violentes. Je suis fier, ça fait trente-quatre ans maintenant que j’ai arrêté », a-t-il précisé. Sobre, il est aujourd’hui en mesure d’en pointer une des causes principales : « Ça vient de la solitude et d’une société qui abandonne les gens… »

Si son expérience peut sans doute faire espérer, à ceux qui sont victimes de ce fléau, qu’il est possible de s’en sortir, il ne faut pas oublier que les personnalités les plus fortes ont aussi leurs failles. Aujourd’hui, heureusement pour lui, Patrick Sébastien est reparti sur les routes, retrouver son public avec ses deux spectacles, Que du bonheur ! et Avant que j’oublie ! C’est sa drogue à lui, son opium, que l’on pourrait aussi appeler simplement : amour.

Laurence PARIS

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