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Patrick Sébastien : Il se prépare à mourir !

Publié le 16 juin 2018

Rattrapé par le temps, Patrick Sébastien commence à sérieusement envisager le pire…

Qu’on se le dise, l’animateur-bateleur du Plus grand cabaret du monde n’a pas apprécié les obsèques de Johnny Hallyday.

Lors de cet hommage national, il a même été choqué par la présence de trois présidents de la République, en exercice et passés : Emmanuel Macron, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Non pas que l’humoriste soit irrémédiablement apolitique mais, d’après lui, ces locataires successifs de l’Élysée n’avaient rien à faire là, tant ils représentent un pouvoir dont les principes vont à l’encontre de ceux du défunt chanteur, épris de liberté : « Tous ont fait des lois pour qu’on ne boive pas, qu’on ne fume pas, qu’on ne roule pas vite, qu’on ne mette pas de l’argent de côté et ils ont rendu hommage à un mec qui a fait que ça toute sa vie ! » a râlé Patrick Sébastien dans le Midi Libre.


Patrimoine

En fait, à 64 ans, le showman, en pleine promotion de son nouveau spectacle, Avant que j’oublie, semble plus que jamais obnubilé par la vieillesse et le trépas.

Bien davantage en tout cas que par les honneurs ou le succès.

Il est vrai que, depuis deux ans, ses employeurs du service public s’échinent à évoquer la fin de sa carrière, son arrêt de mort.

Insidieusement, des émissions lui sont retirées chaque année.

À petit feu, la folie Sébastien se consume à l’écran.

Ce qui a le don d’attiser sa colère.

À coups d’interviews, dans Le Parisien et sur RTL notamment, l’imitateur, qui semble toujours détenir le feu sacré, ne cesse de taper sur les dirigeants de France Télévisions qui en voudraient à sa peau.

Et ce au mépris de la « clause de non-dénigrement » figurant dans son dernier contrat !

Alors Patrick geint et prend son public à témoin.

Rendez-vous compte, après plus de vingt ans de bons et joyeux ­services sur France 2 le samedi soir, le roi des chansons de mariage n’aura plus que « trois Cabaret et quatre Années bonheur» !

Une disette doublée d’un camouflet que Patrick ne semble cette fois pas parvenir à digérer.

Même s’il est habitué à avaler des couleuvres dans ce métier, il évoque un « terrible mépris » et « un sentiment d’injustice ».

Le même éprouvé par Michel Drucker à qui l’on a raboté les dimanches.

Et comme il en est au jeu des comparaisons, il envie Nagui et Laurent Ruquier, qu’il fait passer pour les chouchous de la chaîne, avec toutes leurs émissions et leurs divertissements aux audiences moins spectaculaires que ses fiestas du samedi soir.

Aigri, le Briviste ?

Peut-être un peu. Mais surtout déçu et inquiet.

Car, par voie de conséquence, ce producteur infatigable va être contraint de licencier une partie de ses employés.

Ou alors, il faudrait que sa petite entreprise justifie son nom : Magic TV. Mais, en ces temps de crise de l’audiovisuel, les miracles se font rares.

D’autant que l’on vient en plus de lui supprimer une nouvelle émission d’humour, façon Grand échiquier, pourtant auparavant validée…

Très amer, l’artiste clame qu’à l’instar d’un Drucker, les animateurs populaires sont « dans la mémoire collective. On fait partie du patrimoine ».

Comme si ce monument du music-hall semblait déjà résigné à parler de sa carrière et de lui-même au passé.

Car, depuis peu, il n’est pas une intervention du créateur du Petit bonhomme en mousse où il n’évoque sa propre mort. Et ses obsèques.

« J’y pense parce qu’à près de 65 ans, je peux faire un AVC demain. »

On ne peut pas dire qu’il ait la patate, Patrick, en ce moment !

Serait-ce dû à ces deux grosses chutes subies en un an et qui l’ont forcé à rester alité ?

L’humoriste a eu le temps de broyer du noir.

Et de penser à son enterrement qui, on l’a compris, n’évoquera en rien l’hommage pompeux rendu par la nation à une star défunte.

Aucun risque de récupération politique avec lui !

Épitaphe

D’ailleurs, le saltimbanque est tellement remonté contre France Télévisions qu’il ne veut pas que ses chaînes lui fassent leurs adieux le jour venu.

TF1 passe encore.

« Mon souhait, ça serait que le service public ne parle pas de moi. Je ne veux pas. Voilà. Le jour où je meurs, s’il y a des images qui passent sur le service public, ça sera contre ma volonté », prévient-il dans Le Parisien.

Il aspire pourtant à des obsèques joyeuses et festives.

À son image, « avec des danseuses » !

Sur Europe 1, il en a même rajouté une couche.

C’est d’ailleurs un sketch de son nouveau spectacle !

Ainsi le mégalo rigolo a déjà écrit l’hymne de ses funérailles : « Cela s’appelle Merci. C’est une vraie chanson d’au revoir ».

Mais ce n’est pas tout, car il a même prévu « de mettre des guirlandes » sur sa tombe et d’y faire inscrire cette épitaphe que Jacques Brel voulait voir figurer sur la sienne : « Si vous m’aimez, fermez vos gueules. »

Et ce n’est pas tout, car Patrick souhaite également que son cercueil soit conçu avec une bosse à la hauteur de son sexe, comme sur la tombe de Victor Noir au Père-Lachaise.

« Je l’ai demandé mais ma femme n’est pas d’accord, elle veut mettre des fleurs dessus », déplore, en rigolant, le sexagénaire virevoltant.

On peut en revanche supposer que la foule présente à cet enterrement de première classe se surprenne à fredonner un de ses airs bien connus en l’imaginant dans son cercueil : « Ah qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte / Chantent les sardines, chantent les sardines… » !

Jean-Christophe GARNIER

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