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Patrick Sébastien : L’éternel marchand de bonheur !

Publié le 27 avril 2020

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© BESTIMAGE Patrick Sébastien

Patrick Sébastien, 66 ans, animateur producteur, recordman des audiences, continue de brûler les planches après son éviction de France Télévisions. Retour sur trente-cinq ans de télé du roi de la fiesta!

En mai dernier, lors de l’ultime numéro des Années bonheur, Patrick Sébastien déclamait la tirade finale de Cyrano de Bergerac avant de rendre l’antenne : « Je vous reconnais, tous mes vieux ennemis. […] Je sais bien qu’à la fin vous me mettrez à bas. […] J’emporte malgré vous […] mon panache. » Son panache, il l’a soigné jusqu’au bout, après vingt-trois ans à France Télévisions qui a décidé de se passer de lui, sans remerciement ni hommage. Une dernière émission en forme de grande « fiesta » comme l’a souhaitée ce monsieur Loyal du petit écran. Une nouvelle vie s’ouvrait alors pour l’animateur, dont on ne doit pas omettre le parcours ascensionnel et la longue carrière télévisuelle.

Patrick Boutot est né le 14 novembre 1953 à Brive-la-Gaillarde, dans le sud-ouest de la France, d’une mère, Andrée, qui n’a que 17 ans. Il grandit avec elle, à Juillac, en Corrèze, et n’a jamais connu son père. Ce statut de fille-mère vaut à son fils d’être le souffre-douleur de ses camarades. Son oncle maternel, Jeannot, va alors beaucoup s’occuper de lui. Adolescent, il se passionne pour le rugby. Après de brèves études de lettres et un échec au concours d’inspecteur de police, il se découvre un talent d’imitateur. 

Il décide de tenter sa chance à Paris, où il convainc le directeur d’un petit cabaret parisien, La Main au panier, de l’embaucher. Il fait ses débuts sur scène à 21 ans. Vite remarqué, il se produit dans plusieurs théâtres avec des imitations de Bourvil ou de Joe Dassin, puis assure les premières parties d’Annie Cordy, de Serge Lama et de Michel Sardou, avant de faire son apparition à la télévision dans l’émission de Guy Lux, Système 2, en 1975.

Il prend alors le prénom de son fils aîné comme pseudonyme. Deux ans plus tard, il coprésente avec Évelyne Leclercq et Yves Lecoq Le Grand Concours de la chanson française, la sélection pour l’Eurovision. C’est à cette occasion qu’il rencontre Marie Myriam, future représentante de la France et gagnante du concours. Ils vivront ensemble pendant quatre ans…


La consécration vient en 1984 quand TF1 lui confie l’émission Carnaval qui va le hisser au panthéon des animateurs emblématiques du divertissement. Suivent Farandole, lors d’un bref passage sur La Cinq, puis Sébastien, c’est fou !, sur TF1, ainsi que la coprésentation, avec Marcel Béliveau, de Surprise sur prise. Le succès de ces émissions incite nos dirigeants à s’y montrer sous un nouveau jour, inaugurant l’ère de la « politique spectacle ». Mais c’est avec Le Grand Bluff, rassemblant plus de 17 millions de téléspectateurs le 26 décembre 1992, qu’il frappe son plus grand coup. Ce record d’audience ne sera battu que par la finale de la Coupe du monde de football en juillet 1998 ! Pour ce projet, Patrick Sébastien se grime en candidat anonyme participant à plusieurs émissions sans être reconnu par personne.

En 1996, il rejoint France 2 où il crée de nouveaux divertissements (Le Cœur au show !, Étonnant et Drôle !, Fiesta), puis Le Plus Grand Cabaret du monde, à partir de 1998, qui reçoit, en 2000, le 7 d’Or du meilleur divertissement. Après plus de 200 émissions qui ont donné la migraine à ses concurrents, son arrêt sonne comme un choc pour les acrobates, jongleurs et autres magiciens ayant contribué à son succès. En 2003, il anime De l’autre côté du miroir, où il repousse encore plus loin les limites de l’imitation en invitant des personnalités à se retrouver face à eux-mêmes ou à un proche disparu. Dès 2006, il présente Les Années bonheur pour rendre hommage aux tubes musicaux des années 1970 et 1980.

Parallèlement, il pousse la chansonnette dans une vingtaine d’albums de ritournelles idéales pour les mariages. En 2014, il fête même ses 61 ans et quarante années de carrière à l’Olympia ! Ce boulimique de travail est aussi l’auteur de livres (Vitriol Menthe, roman dans lequel il évoque son expérience des clubs échangistes, La Cellule de Zarkane sous le nom de Joseph Lubsky, Tu m’appelles en arrivant ?, Sans chaînes…), ainsi que de pièces de théâtre, dont Le Kangourou ou Le Secret des cigales. De même, sa passion pour le rugby ne l’a jamais quitté puisqu’il a présidé le club de Brive-la-Gaillarde de 1995 à 1999, puis de 2007 à 2009.

Côté vie privée, Patrick Sébastien a été quatre fois marié, dont la première à 16 ans en devenant papa au même âge. Il a eu trois fils : Sébastien, Olivier et Benjamin. En 1987, ce libertin assumé épouse Fanfan, une ancienne « coco-girl », avant de divorcer en 1992. Désormais, c’est Nathalie (dite « Nana ») qui partage sa vie depuis près de trente ans. En 1998, ils se marient au stade de Brive et adoptent, en 2006, Lilly, une petite Tahitienne. « Elle est arrivée au moment où je perdais la femme de ma vie, c’est-à-dire ma maman. Comme si elle lui passait le relais », explique l’animateur. Mais son plus grand drame, il l’a vécu en 1990, lorsque son premier fils, Sébastien, se tue à 19 ans dans un accident de moto, laissant derrière lui Marie, qui n’a jamais connu son père. 

En 2019, la fin du long bail à la télévision qui fit ses heures de gloire et où il découvrit de nombreux talents (Dany Boon, Jean Dujardin, Shirley et Dino, Albert Dupontel, Jeff Panacloc…) ne l’a pas laissé sans voie ni sans voix. « Dix fois plus heureux que dans le marécage télévisuel », le saltimbanque revient à ses premières amours : les planches, avec un seul-en-scène baptisé Avant que j’oublie, où il se met à nu. Et surtout, il s’apprête à faire revivre Le Plus Grand Cabaret sur les scènes de France à la fin de l’année avec plus de 50 artistes. Le spectacle continue… même sans petit écran !

Dominique PARRAVANO

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