France Dimanche > Actualités > Patrick Sébastien : Sa vie ne tient qu'à un fil !

Actualités

Patrick Sébastien : Sa vie ne tient qu'à un fil !

Publié le 3 avril 2015

Boulimique de travail, grand fumeur devant l’éternel, ancien alcoolique, Patrick Sébastien brûle son existence par les deux bouts. Aujourd’hui, l’animateur se sait en sursis.

Patrick Sébastien ne s’arrête jamais : un ogre dévorant la vie, animé par un incessant besoin d’agir. Ou plutôt de créer. « Entrée interdite aux stars, réservée aux artistes », avait-il affiché en guise d’avertissement, sur la porte des studios de Bry-sur-Marne, où il a enregistré, durant près de deux décennies, Le plus grand cabaret du monde et Les années bonheur.

Il se définit modestement comme un « saltimbanque », malgré sa production impressionnante, vingt-quatre albums et une vingtaine de livres, sans parler de ses rôles au cinéma, à la télévision ou au théâtre.

Pour utiliser un terme à la mode, on pourrait qualifier Patrick Sébastien d’hyperactif. Un de ces êtres qui ne trouvent la paix que dans le tourbillon. Sous peine de s’écrouler ? C’est ce qu’il laissait entendre dans une récente interview accordée à Paris Match : « Je monte sur scène pour donner, mais aussi pour recevoir et tenir debout. […] Je n’ai que ça pour survivre : le partage, l’amour du public. »

Excès

S’oublier dans l’action pour survivre : à son enfance blessée de « bâtard », comme on l’appelait à l’école (il n’apprendra qu’une fois adulte l’identité de son père), à la mort tragique de son fils Sébastien, 19 ans, dans un accident de moto, à la disparition de sa mère, Dédée, mais aussi à l’absence de reconnaissance de ses pairs, qui l’ont souvent pris pour un « guignol »…

S’oublier donc, et toujours avec excès. Ce boulimique de travail, qui ne se couche jamais avant 4 h 30 du matin, a ainsi, des années durant, tenté de trouver refuge dans l’alcool, comme il le confiait à Match. Il noie sa première déception sentimentale dans le whisky dont il devient accro : « Je me levais tous les jours à 4 heures de l’après-midi, j’étais en perte de contrôle permanente. » Cette addiction, Patrick décide de s'en libérer en 1985. Aujourd’hui encore, même si l’ivresse ne l’attire plus, il reconnaît toutefois « ne pas être totalement guéri ».

Autre béquille dont l’animateur n’est, en revanche, jamais parvenu à se séparer : le tabac qu'il a, toute sa vie d’adulte, consommé de manière effrénée.

Je profite du moment présent,
je n’ai plus un moment à perdre

Si désormais, comme il le confie dans son dernier livre Même que ça s’peut pas ! paru chez XO en novembre 2014, Patrick se sent apaisé, voire « comblé » – à défaut d’être heureux –, il sait aussi que cet état de grâce est provisoire.

Et que s’il ne fait pas ses 61 ans, qu’il a fêté le 14 novembre, il est en sursis. C’est en effet le terrible aveu qu’il vient de faire à Télé2semaines : « Avec la vie que j’ai menée et les 40 clopes que je fume chaque jour, je peux tomber dans dix secondes… »
D’aucuns auraient décidé de s’économiser face à cette douloureuse prise de conscience, pour grappiller, en devenant raisonnables, un surplus d’existence… Mais, au lieu de freiner, Patrick appuie, bien au contraire, plus fort sur le champignon, comme il l’a confirmé  : « Je profite du moment présent, je n’ai plus un moment à perdre. »

Mais n’est-ce pas aussi à cela qu’on reconnaît les grands hommes : ceux pour qui vivre à demi est pire que mourir ?

Lili Chablis

À découvrir