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Paul Belmondo : “J’ai survécu à un grave accident sur le Dakar”

Publié le 6 mai 2017

Paul Belmondo, le fils de la légende du cinéma français, n’a jamais oublié son enfance passée sur les plateaux… À bientôt 54 ans, il revient 
sur tous ses souvenirs, mais aussi sur la
 passion qui l’a guidé toute sa vie : le sport  automobile.

Lui qui a vécu sa jeunesse pied au plancher revient, sans regret ni nostalgie, sur sa vie de coureur et, aujourd’hui rangé des voitures, Paul Belmondo évoque le plaisir qu’il prend à jouer la comédie. Même s’il n’est même pas question pour lui de se comparer à son célèbre papa, qui est également son idole.

France Dimanche (F.D.) : D’où vous vient cette passion pour la course ?

Paul Belmondo (P.B.) : De l’enfance. Mon père faisait beaucoup de sport et adorait les voitures. D’ailleurs, il en a cassé pas mal ! Il n’a jamais voulu faire de compétition automobile, mais m’a élevé pour que je devienne un compétiteur. De son côté, ma mère [Élodie Constantin, ndlr] vivait à Londres avec Hugh Hudson. Or, avant ses films Les chariots de feu et Greystoke, la légende Tarzan, ce réalisateur avait tourné un documentaire sur Fangio [la légende argentine de la F1, ndlr]. Pendant un an, il ne parlait que de ça ! C’est à ce moment-là que j’ai vraiment découvert la course, même si j’avais auparavant été fasciné par le Grand Prix de Monaco auquel j’avais assisté en 1974. Comme un gamin qui se dit : « Je veux être pompier ou boulanger », je m’étais dit : « Je veux être pilote de F1. » Un rêve que j’ai eu la chance de réaliser plus tard.

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F.D. : Quels sont vos meilleurs souvenirs sur les circuits ?

P.B. : Mes deux ans de formule 1, de 1992 à 1994. Même s’il y a eu des moments difficiles, ça reste une période de ma vie très importante, car il n’y a pas de compétition plus intéressante. On affronte les meilleurs pilotes du monde, on conduit les voitures les plus performantes, on côtoie les meilleurs ingénieurs : tout est multiplié par 10 ou par 100 ! C’est un univers qui n’est ouvert qu’à un tout petit nombre de pilotes : une trentaine à l’époque et une vingtaine aujourd’hui. Alors que des milliers de coureurs dans le monde rêvent d’y accéder ! C’est comme participer aux jeux Olympiques ou à la Coupe du monde de football. Je n’oublierai jamais le Grand Prix de Hongrie en 1992, où j’ai fini 9e, derrière la Ferrari d’Ivan Capelli, 6e !

F.D. : Qu’est-ce qui vous plaisait tant ?

P.B. : Ce qui est excitant en F1, c’est la conduite, bien sûr, mais c’est surtout une ambiance unique : le bruit, l’odeur de l’huile. Quand on est sur une ligne de départ, pendant les hymnes nationaux, on vit des moments exceptionnels.

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F.D. : Vous avez eu de grosses frayeurs au volant ?

P.B. : Oui, mais jamais en F1. Je me suis fait renverser par une voiture quand j’ai débuté en formule Renault, un accident idiot. Mais surtout, j’ai eu un gros accident pendant le Dakar, au Maroc. On a fait des tonneaux à cause d’un trou qui n’était pas signalé. Le choc a été très violent. La voiture était démolie : on aurait dit un puzzle, il y avait des morceaux partout. Je m’en suis sorti indemne. J’ai eu beaucoup de chance !

F.D. : Pour vous, la course, c’est fini ?

P.B. : Après avoir fait dix Dakar, dix 24 Heures du Mans et avoir créé ma propre écurie, j’ai décidé d’arrêter en 2006 pour préparer ma reconversion. À cette époque, 
il ne me restait qu’une dizaine d’années devant moi dans le sport automobile. Mais je n’ai pas renoncé à courir pour le plaisir. Je continue de participer à des courses de 
voitures de collection et je n’exclus pas non plus de refaire un jour un Dakar, en Amérique du Sud, cette fois. Mais sans chercher à faire un résultat.

F.D. : Aimeriez-vous voir vos fils reprendre le flambeau ?

P.B. : Ce qui m’importe, c’est qu’ils fassent ce qu’ils ont envie. Mes trois garçons [âgés de 23, 25 et 18 ans, ndlr] regardent les grands prix à la télé mais ne pratiquent pas le sport automobile. Mon deuxième fils, Victor, s’y est un peu intéressé à un moment, mais c’est tellement difficile de réussir !

F.D. : Depuis 2007, on vous voit régulièrement sur les planches.

P.B. : Oui, j’ai joué plusieurs pièces avec Delphine Depardieu [la nièce de Gérard, ndlr] et, plus récemment, avec Valérie Mairesse. J’aime alterner différents projets. J’ai par exemple réalisé un documentaire sur mon père, Belmondo par Belmondo, et produit les premières émissions culinaires télé de ma femme, Luana.

F.D. : Est-ce angoissant de jouer la comédie quand on est le fils de Jean-Paul Belmondo ?

P.B. : Non, car mon père est tellement quelqu’un d’unique, d’exceptionnel que cela ne sert à rien de nous comparer. Personne ne peut atteindre son niveau. Je sais bien que les gens y pensent, mais pas moi. Porter le nom de Belmondo n’a jamais été un fardeau. Au contraire, ç’a toujours été un atout. Je sais que certains enfants de personnalités le vivent mal, mais je ne vois que le positif. Il faut être conscient de ce qu’on a dans la vie !

F.D. : Comment se porte votre père ?

P.B. : Il va bien, comme quelqu’un de son âge, à la retraite. Il profite de l’existence et vit à Paris, comme ma femme et moi.

F.D. : Petit, vous arpentiez les plateaux. Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

P.B. : Je garde un souvenir très fort du tournage du Magnifique, au Mexique. J’ai fêté mes 10 ans là-bas. Tout le monde était aux petits soins, il y avait une ambiance formidable. Une vraie osmose au sein de l’équipe, comme c’est souvent le cas quand un groupe se retrouve loin de chez lui. J’avais l’habitude de venir voir mon père en tournage, mais seulement pour un ou deux jours. Là, nous étions restés deux semaines, ma sœur et moi. On avait même raté l’école pour ça ! C’était génial, on passait de Mexico à Acapulco… Je n’oublierai pas non plus le tournage de L’as des as. Pendant trois mois, j’ai été assistant à la mise en scène. Et pour faire mes preuves, je devais travailler deux fois plus que les autres : être là avant tout le monde et partir le dernier. J’en ai parcouru des kilomètres dans les studios de la Bavaria à Munich ! Mais c’était une bonne expérience, cela apprend la vie.

Chloé Belleret

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