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Philippe Candeloro : "J'arrête de patiner à 50 ans !"

Publié le 21 octobre 2020

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Sur l’Etape du cœur du Tour de France, Philippe Candeloro, le double médaillé de bronze aux J.O. de 1994 et 1998, nous a annoncé qu’il allait renoncer à sa passion …

Philippe Candeloro s’est éclaté sur son vélo entre Oléron et l’île de Ré. Toujours généreux dans l’effort, le champion de patinage a adoré pédaler pour les enfants sauvés par l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque. Mais au moment de poser pied à terre, Candel’ le rigolo nous fait part de ses inquiétudes pour son sport, sa carrière et pour son corps aussi. Alors, dans moins de deux ans, il fêtera, à la télé si possible, son jubilé, puis raccrochera les patins. Mais pas l’animation de spectacle. Prêts pour le Canderolo show ?


France Dimanche : C’est la première fois que vous participiez à l’étape du Cœur organisée par Mécénat Chirurgie Cardiaque ?

Philippe Candeloro : Oui et j’ai adoré cette expérience où je me suis pris pour un coureur du Tour ! Et l’ambiance aussi, notamment avec mes anciennes « collègues » de Danse avec les stars, dont ma partenaire Candice Pascal. J’aime bien aussi cette idée de pédaler pour aider à opérer et guérir des enfants malades. Le seul problème, c’est que j’ai pris des coups de soleil !

FD : C’était votre première sortie avec du public depuis le déconfinement ?

PC : C’est vrai que pour les gens travaillant dans l’événementiel, notre activité est un peu à l’arrêt. Les patinoires commencent tout juste à rouvrir. On va bientôt arriver aux mois de novembre, décembre et janvier, qui sont normalement de grosses périodes pour nous, avec Noël et des patinoires installées un peu partout devant les mairies. Or, cette année, je ne pense pas qu’on aura de visibilité avant la Toussaint !

FD : Quel sera votre prochain événement alors ?

PC : Holiday on Ice ne devrait pas revenir en France avant 2022. Mais ils sont intéressés pour que l’on retravaille ensemble. Nous sommes en pleine discussion, sachant qu’avant de reprendre la tournée là où elle s’est arrêtée, pour cause de confinement, on va essayer de monter un nouveau show…

FD : Quel genre de spectacle ?

PC : Je voudrais fêter mon cinquantenaire sur la glace ! [Il aura 50 ans en février 2022, ndlr.] Mon but étant de monter une grosse émission de télé pour mes 50 piges plutôt que de faire une tournée de quatre-vingts dates.

FD : Vous avez le diffuseur ?

PC : Là aussi on est en phase de discussion, car ça va être compliqué de le caler, en 2022, entre les Jeux olympiques et Holiday on Ice justement. Et il faut également trouver le bon co-animateur… avec moi !

FD : Nelson Montfort, votre fidèle acolyte, par exemple ?

PC : Non, je pensais plutôt à Stéphane Bern…

FD : Sur France Télévisions donc, quoi qu’il arrive ?

PC : On verra. Je ne crois pas que j’aurai trop de mal à trouver une chaîne, j’ai plein d’idées.

FD : Et des invités ?

PC : Oui, bien sûr ! Par exemple, j’aurais adoré avoir Annie Cordy. Je l’avais rencontrée à mes débuts, quand je commençais à être connu. Cette femme me fascinait, j’admirais sa gentillesse, sa bienveillance, sa pêche… J’aimerais avoir plein de témoignages de gens comme elle, des gens qui m’ont permis d’y arriver. Je voudrais bien avoir Jean-Paul Belmondo aussi. On enregistre une discussion, et derrière j’enchaîne par un numéro de patins sur ses musiques de ses films… Belmondo, c’était mon idole de jeunesse. Idem pour Alain Prost, Bernard Hinault, Michel Platini… qui ont tous été des déclics.

FD : Et des modèles ?

PC : Oui ! Des gens que j’admirais à la télé et que je n’ai pas oubliés. Je suis un enfant de la télé qui en est devenu un des personnages. Je me souviens que quand j’ai vu Carlos pour la première fois sur l’écran, j’étais comme un fou ! À travers ce show, je veux raconter ma vie, mes passions et comment je me suis construit. Plus raconter l’homme que je suis devenu que ma carrière.

FD : Vous avez un staff pour organiser tout ça ?

PC : Sur la partie glace, j’imagine la création avec ma femme qui est chorégraphe et metteur en scène. Pour le reste, on va se rapprocher d’un concepteur d’émission de télé. J’ai envie de faire de la variété sur glace, avec des chanteurs, ce qui n’a encore jamais été fait !

FD : Ce show sera donc votre jubilé ?

PC : Oui, après j’arrête. Physiquement, je me mets vraiment en danger en ce moment ! La machine dit stop. Je sens bien que sur certains mouvements, sauts ou postures, ça commence effectivement à coincer…

FD : Qu’allez-vous faire après ?

PC : Je vous parlais d’animation, ça, on peut le faire très tard ! Après 50 ans, il faut de toute façon que je trouve un autre boulot pour subvenir aux besoins de ma famille. Je ne vais pas forcément m’écarter du patinage et je peux continuer à animer une troupe de patineurs. J’ai tellement d’idées à développer !

FD : Vous ne vous verriez pas entraîneur ?

PC : Si, c’est probable. L’un n’empêche pas l’autre. Et je vais voir aussi comment notre fédération se redresse avec le changement de présidence [Nathalie Péchalat a été élue présidente de la Fédération française des sports de glace en mars dernier, ndlr]. Il faut voir comment vont être réglées ces histoires d’abus sexuels et quels seront les champions de demain.

FD : Vous connaissez bien Nathalie Péchalat ?

PC : Bien sûr, on se côtoie. Mais pour l’instant, il n’y a pas de demande de sa part pour rejoindre le staff de la fédé. Le poste de la haute performance, qui est disponible, m’aurait bien convenu. C’est ce que je connais le mieux… et les Jeux sont dans un an et demi ! On va être à la bourre, et Nathalie perd un peu de temps. Mais bon, on sent bien que tout le monde est un peu déstabilisé en ce moment.

FD : Vous êtes inquiet pour votre sport ?

PC : Oui, mais surtout inquiet si l’événementiel ne repart pas. Financièrement, la trésorerie chute pour tout le monde. Notamment pour les clubs qui perdent des licenciés et n’ont pas de perspective de compét’.

FD : D’un point de vue personnel, vous êtes inquiet ?

PC : J’essaie toujours de défendre les intérêts du patinage car, si ça va bien pour le patinage, ça ira bien pour moi ! Mais c’est vrai qu’en ce moment, sur l’événementiel, je suis à moins 80 % de ce qu’il y a à faire. Donc, je bricole en attendant. J’ai quelques contrats et je peux tenir l’année 2020, mais il faudrait que cela reparte en 2021 !

FD : Vos filles font-elles du patin ?

PC : Non, aucune ! L’aînée de 20 ans est dans l’audiovisuel, chez Capa Presse, en alternance. Elle aimerait bien travailler dans le milieu de la jeunesse, genre Disney. Ensuite, j’ai une danseuse de 18 ans qui est bien partie pour intégrer le corps de ballet de l’Opéra. Quant à la dernière, elle a 14 ans et est très branchée équitation et agilité avec son chien, mais elle veut devenir agent immobilier ! Mais elles ont toutes suivi nos spectacles avec ma femme, notamment quand je patinais aux États-Unis devant 20 000 personnes, et ont acquis une réelle ouverture d’esprit qui me fait penser que je pourrais les intégrer dans ma boîte de production…

Yves QUITTÉ

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