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Philippe Candeloro : “Je me verrais bien prendre la place de Lagaf’ !”

Publié le 7 mars 2016

L’ambassadeur de Holiday on Ice en France, encore remué par le drame de “Dropped” où dix de ses camarades ont trouvé la mort, Philippe Candeloro veut se lancer de � nouveaux défis…

Médaillé olympique en 1994 et 1998, vice-champion du monde en 1994, avant de devenir consultant pour France Télévisions, Philippe Candeloro est l’un des plus grands champions du patinage français. C’est donc en toute logique que la production de Holiday on Ice en a fait son ambassadeur.

Pour ce spectacle vieux de 73 ans, déjà vu par plus de 330 millions de personnes, Philippe aura la lourde tâche de présenter en première partie une troupe de jeunes patineurs recrutés par ses soins. Rendez-vous donc au Zénith de Paris du 3 au 13 mars, puis en tournée dans toute la France jusqu’au 22 mai !

->Voir aussi : "D'Holiday on Ice au Lido, ma vie fut comme un rêve"

France Dimanche (F.D.) : Quel est votre rôle au sein de Holiday on Ice ?

Philippe Candeloro (P.C.) : En tant qu’ambassadeur, je me contente de donner mon point de vue artistique. Libre aux producteurs de suivre mes conseils. Quoi qu’il en soit, ce nouveau show, Believe, est très bien comme il est. Et je m’occupe de la première partie. Avec mon épouse Olivia, nous avons réussi à constituer une troupe de sept patineurs, âgés de 11 à 18 ans, que nous avons découverts. Il s’agit de la Team 23, qui fait du free style. Avec très peu de moyens, nous avons monté un numéro exceptionnel, j’en suis très fier. Mais que les choses soient claires, je ne serai pas sur la glace dans le spectacle principal.

F.D. : Quelle relation entretenez-vous avec Nathalie Péchalat, qui est aussi à l’affiche du spectacle, en voix off ?

P.C. : On a à peu près le même parcours, sans être de la même génération. Nos rapports sont cordiaux, même s’il nous arrive d’avoir des discussions musclées. Elle est parfois un peu choquée par certains de mes commentaires qu’elle considère sexistes. Mais je la comprends, elle n’est pas la seule à me le dire. Je ne me considère pourtant pas comme quelqu’un de sexiste. Au contraire, je défends toujours le sport féminin. Et je ne pense pas faire sans cesse des commentaires grivois. Ça arrive, mais je pense que c’est ce qui plaît aussi à Nelson et au public ! Je fais attention à mes propos pour ne pas froisser mon épouse et mes filles. Mais, n’en déplaise aux censeurs, je reste moi-même.

F.D. : Vous êtes-vous remis du drame de Dropped* ?

P.C. : Ça m’a longtemps ébranlé. Mais j’essaie de ne plus trop y penser, sinon je sombrerais dans la dépression. J’ai eu un sentiment de culpabilité, et je me suis dit : « Pourquoi eux et pas moi ? » Mais quoi que je fasse, ça ne les fera pas revenir. Pour avancer, j’ai décidé de laisser cette tragédie derrière moi, sans pour autant oublier mes amis disparus. C’est en revanche toujours très dur pour Olivia qui, au moment des faits, était en France avec nos filles [Luna 16 ans, Maya 13 ans, Talia 9 ans, ndlr]. Elle a vraiment du mal à s’en remettre, et ne cesse de s’imaginer que j’aurais pu faire partie des victimes. Elle tremble dès qu’elle entend le mot « hélicoptère ».

F.D. : Même en tant qu’ambassadeur, ressentez-vous du stress à l’approche de la première de Holiday on Ice au Zénith de Paris ?

P.C. : La seule chose qui m’inquiète, c’est que les salles parisiennes se remplissent difficilement depuis les attentats du 13 novembre : c’est très compliqué d’inciter les gens à sortir. Par rapport à la province, la différence est flagrante.

F.D. : Vous reverra-t-on un jour avec des patins aux pieds ?

P.C. : Certes, j’ai déjà parlé de retraite, mais c’est encore trop tôt. J’intègre donc la troupe des artistes de Holiday on Ice tous les quatre ans. La dernière fois, c’était en 2014. Et je continue de tourner avec mon propre show un peu partout dans le monde : en Roumanie, au Brésil et au Japon, où je suis très connu.

F.D. : Songez-vous donc quand même à alléger votre emploi du temps ?

P.C. : Pas vraiment. J’ai toujours autant d’énergie, et j’ai envie de me lancer de nouveaux défis. Pourquoi pas au sein de la Fédération française des sports de glace ? Ou à la télévision… Je fais des appels du pied pour devenir animateur d’un jeu télévisé, sans résultat. Je pense pourtant avoir une bonne cote de popularité. Olivia répète souvent que je serais pas mal à la place de Lagaf’.

F.D. : Olivia et vous semblez inséparables…

P.C. : Ça fait en effet vingt-quatre ans que nous sommes ensemble et une vingtaine d’années qu’on travaille à deux. Nous sommes complémentaires. Dans mes spectacles, je suis animateur et patineur, et c’est le plus souvent Olivia qui se charge des chorégraphies.

Philippe Callewaert

* Durant le tournage de Dropped (émission de TF1) en Argentine, le 9 mars 2015, un accident d’hélicoptère a fait dix morts, dont trois grands sportifs : Florence Arthaud, Camille Muffat et Alexis Vastine.

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