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Pierre Bellemare : La déchirante disparition de sa sœur !

Publié le 21 janvier 2016

Lorsque Christiane est décédée en trois mois d’une � tuberculose, tout a basculé dans la vie de l’animateur-producteur Pierre Bellemare.

À 86 ans, cet homme doué pour tout, à la fois animateur, écrivain, producteur de radio et de télé, a passé sa vie à raconter des histoires. Celles des autres, bien sûr. Avec fougue, talent, et une passion qui ne s’est jamais démentie. Mais sur sa propre histoire, sur ce qui lui est arrivé, enfant, et ce qui l’a amené à faire son métier, on en sait peu.

Car Pierre Bellemare incarne le grand-père idéal, un personnage qui semble tout faire pour le bonheur des autres, s’effaçant pour les laisser exister. Du coup, se raconter semble être pour lui un exercice des plus difficiles…

Peut-être cette façon de faire les choses avec discrétion, une grande dose de pudeur, sans esbroufe, lui vient-elle de loin, de très loin. D’un événement qui a profondément marqué sa vie, qui l’a peut-être même, d’une certaine manière, déterminé à agir ainsi. C’est en tout cas ce que l’on peut penser en lisant les récentes confidences qu’il vient de faire à notre confrère Gala.

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Des confidences bouleversantes qui viennent s’ajouter à celles dont nous vous faisions part il y a cinq ans, au moment où l’animateur fêtait ses 80 ans. Quand le site VeryLou l’avait alors interrogé sur ses premiers souvenirs, il avait répondu avec ces mots terribles : « Malheureusement, le premier souvenir très précis que j’ai de mon enfance, c’est la mort de ma sœur. »

Silence

Cette sœur, que Pierre évoque à nouveau aujourd’hui dans Gala à travers sa disparition précoce et la blessure qu’elle a engendrée, sans jamais s’être refermée, restant même toujours à vif : « J’avais un peu plus de 5 ans quand mon père m’a annoncé, en larmes, la mort de Christiane, a-t-il confié. À 14 ans, victime d’une phtisie galopante, elle est décédée en trois mois… » La phtisie, autrement dit, la tuberculose.

La perte de sa grande sœur est un choc terrible pour l’enfant qu’est Pierre. Peut-être plus encore parce qu’on le tient à l’écart des événements, pensant bien faire. Pour le préserver, durant la maladie de Christiane, on l’envoie en effet chez sa grand-tante, qui habite Montmartre. Il ne réintégrera le foyer familial de la rue Saint-Jacques, à Paris, qu’après les obsèques.

Mais de retour à l’appartement, l’atmosphère a changé du tout au tout. Chaque nuit, le petit rêve « qu’un monstre (le) poursuit, (lui) lançant des blocs de glace ». Aux rires joyeux partagés par les trois enfants (il a une autre grande sœur, Jacqueline) et à l’amour de leurs parents succèdent le deuil et la douleur de cette cruelle perte.

« La disparition de ma sœur a totalement bouleversé la vie de notre famille, dit Pierre, toujours dans Gala. Notre appartement (…) est devenu silencieux. Maman a sombré dans la mélancolie, elle est tombée malade de chagrin… »

Traumatisme

Pierre Bellemare avait confié au site VeryLou qu’il n’avait eu de nouveaux souvenirs qu’à partir de l’âge de 7 ou 8 ans ! Le temps, sans doute, de tenter de digérer ce traumatisme d’enfance, cette disparition insupportable, et de se faire à sa nouvelle vie, sans sa sœur chérie.

Une vie qu’il se remémore aujourd’hui, revoyant sa mère en train de lui tricoter des vêtements d’enfant. Il se souvient aussi que, malgré la tristesse ambiante, cette maman éplorée retrouvait parfois le sourire : entre autres lorsque son mari lui offrait l’almanach de l’année ! « Tous deux le consultaient régulièrement », a encore expliqué Pierre. Ce geste l’a si profondément marqué, enfant, qu’il lui a donné l’idée d’en éditer un à son tour !

Aujourd’hui, il l’a bien compris : en publiant chaque année un almanach, comme il vient de le faire pour 2016-2017, il rend hommage à cet homme et cette femme qui ont tant compté pour lui. « Inconsciemment, par cet ouvrage, j’ai retissé des liens avec mes parents disparus », explique-t-il avec beaucoup de lucidité.

Ces liens précieux, cet amour, mais aussi ces douleurs, l’animateur les a faits siens. En donnant la priorité aux autres, en mettant la lumière sur eux, en s’effaçant, il a sans doute tenté de faire taire les souffrances qui le traversaient.

Mais ce sont certainement aussi ces mêmes épreuves avec leurs lots de chagrins éternels qui ont permis à Pierre Bellemare de devenir l’homme si compréhensif et humain qu’il est devenu.

Laurence Paris

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