France Dimanche > Actualités > Pierre Bellemare : “On m’a posé un pacemaker”

Actualités

Pierre Bellemare : “On m’a posé un pacemaker”

Publié le 12 avril 2017

petit-dej

Deux mois après sa mauvaise chute, le fabuleux conteur Pierre Bellemare nous a reçus sur ses terres de Dordogne.

Lorsque nous nous étions vus, en décembre 2016, place Pigalle à Paris, pour la promotion de son disque Ballades au fil du temps et de son autobiographie Ma vie au fil des jours (rééditée chez Flammarion), l’inimitable conteur Pierre Bellemare nous avait conviés, avec sa générosité et sa gentillesse proverbiales, à venir lui rendre visite dans son havre de paix en Dordogne.

Une invitation qui nous avait flattés, bien sûr, et que nous ne pensions pas honorer si vite. Il y a un mois et demi, Pierre a cependant été victime d’une nouvelle mauvaise chute qui lui a valu pas moins de vingt-trois points de suture à la tête et plusieurs jours d’hospitalisation.

->Voir aussi - Pierre Bellemare : "J'ai eu 4 sur 20 au Bac !"

À la suite de ce malheureux épisode, quand nous avons pris de ses nouvelles, il nous a invités chez lui, dans sa belle propriété nichée à quelques encablures de fameux vignobles – Bergerac, Saint-Émilion ou encore Monbazillac – où il se rétablit auprès de sa chère Roselyne.

À notre arrivée, sous un magnifique soleil qui nous a vite fait oublier la grisaille parisienne, nous sommes accueillis par des dizaines de chèvres et chevreaux, dont les plus jeunes ont à peine une semaine, ainsi que trois ânes, Sophie, Câline et Cadichon. Marilyne, l’aide ménagère de la demeure, nous accompagne dans la petite maison où nous allons dormir.

->Voir aussi - Pierre Bellemare : "J'ai quitté Paris à cause de ma femme !"

Pierre Bellemare chez lui en Dordogne.
Pierre Bellemare devant sa demeure.

Facéties

Après avoir déposé nos affaires, nous retrouvons Pierre et Roselyne dans leur salon, au coin d’un bon feu de cheminée. Et nous commençons bien sûr par demander comment se porte l’ex-présentateur du Téléachat.

« Mais tout va bien, nous lance-t-il sans se départir de son éternel sourire. Apparemment, je suis tombé car mon cœur s’est arrêté. Puis il est reparti. Voilà la raison de ma chute dans la salle de bains de l’hôtel parisien où je séjournais. Par chance, la personne qui logeait juste en dessous se trouvait aussi dans sa salle de bains au même instant et a immédiatement prévenu le veilleur de nuit. Sinon, vu l’heure tardive, il est presque certain que personne ne m’aurait entendu appeler au secours. Depuis, on m’a installé un pacemaker [stimulateur cardiaque, ndlr], donc ça ne devrait plus se reproduire. Mais bon, j’ai quand même pris un sacré coup sur la tête ! »

« Depuis le temps que notre médecin te conseillait de t’en faire poser un, l’interrompt soudain son épouse, il était temps ! » Après un AVC en 2011, suivi de deux mauvaises chutes successives récemment, on peut dire que Pierre, qui fêtera cette année ses 88 ans, s’en sort plutôt bien.

Sa canne l’aide à maintenir un bon équilibre et un engin, son fameux Gator, lui permet de parcourir à sa guise les milliers d’hectares de forêt qui bordent son magnifique domaine. Son œil est toujours aussi vif et un trait d’humour ponctue chacune de ses phrases. Et son épouse Roselyne, 76 ans, n’est pas en reste côté facéties. Ils semblent tous deux adorer se chamailler, mais s’aiment comme aux premières heures de leur histoire, il y aura soixante ans l’année prochaine !

Confidences

D’habitude, sa femme n’accompagne pas Pierre dans ses déplacements à Paris, mais ce mardi 28 février, elle tient absolument à rester auprès de lui. « Je dois subir à nouveau une petite intervention pour réajuster mon pacemaker », nous explique-t-il. Sa femme ajoute : « Et cette fois, je monte avec lui ! Déjà que je n’ai plus d’ongles, dit-elle en nous montrant ses mains, alors je tiens vraiment à être là. »

PIERRE BELLEMARE

Après un petit apéritif bien convivial, nous passons à table et nous régalons d’une délicieuse salade lentilles saumon, concoctée par la maîtresse de maison. Ce dîner permet au couple de se livrer à quelques confidences au sujet de leurs nombreux enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants qu’ils adorent recevoir, de leur bonheur d’avoir quitté Paris, il y a longtemps maintenant, et de leur vie, ici si paisible, sans oublier leur première rencontre…

À l’époque, certains proches de Roselyne lui déconseillaient fortement de se lancer dans cette histoire, à leurs yeux sans lendemain. « Ils me disaient : “Mais tu es folle, ce n’est pas quelqu’un pour toi, c’est un coureur de jupons !” » « Ce que je n’ai jamais été, a tenu à préciser Pierre dans un grand éclat de rire, que les choses soient claires ! » « Quoi qu’il en soit, s’amuse-t-elle, ceux-là ont tous divorcé depuis… et même deux ou trois fois pour certains ! »

C’est aussi une joie de les écouter se remémorer leurs souvenirs de bateau, leur grande passion commune, à laquelle ils ont cependant été contraints de mettre un terme il y a quelques années déjà. Et si Pierre avoue regretter ce temps béni où, au milieu des flots, un sentiment de liberté l’animait, Roselyne, elle, est plus fataliste : « Quand c’est fini, c’est fini ! Mon mari m’a fait vivre de très bons moments en bateau, c’était un excellent navigateur. Disons que nous étions marins, nous sommes aujourd’hui forestiers ! C’est autre chose, mais j’en suis tout aussi heureuse ! »

Après une bonne nuit de sommeil et un réveil au son du braiement des ânes, nous retrouvons Pierre Bellemare et Roselyne autour d’un bon petit déjeuner, avant de reprendre la route vers Paris, non sans les avoir remerciés de tout cœur pour ce délicieux moment passé ensemble et souhaité bon courage pour l’intervention. Quelques jours plus tard, nous les avons appelés pour prendre des nouvelles et avons été très heureux d’apprendre que tout s’était bien passé.

Caroline Berger
Photos : Jérôme Mars

À découvrir