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Pierre Bonte : “J’ai retrouvé l ’amour de mes 20 ans !”

Publié le 29 janvier 2016

À Rennes, où il a fait ses armes de journaliste, le chroniqueur Pierre Bonte a revu Vetty�, celle qui a fait battre son cœur, il y a soixante ans.

«J’ai débuté à Ouest-France, nous a déclaré Pierre, à la “régionale”. J’étais secrétaire de rédaction pour l’édition vendéenne. Ce fut mon premier poste à la sortie de l’École supérieure de journalisme de Lille. C’était en 1955, j’avais 23 ans. Né à Pérenchies (Nord), le citadin que j’étais a découvert la ruralité. Cela m’a donné le goût des petits villages, a aiguisé ma curiosité pour les communes de France. »

Chiens écrasés, querelles de clochers, comptes-rendus de conseils municipaux, fêtes de la rosière : cette première expérience l’a conduit tout naturellement à se proposer, en 1959, comme animateur de l’émission Bonjour monsieur le maire, sur Europe 1, alors toute jeune station parisienne.

->Voir aussi - Pierre Bonte : La commune, c'est le berceau de la démocratie

Mais celui qui faisait déjà découvrir à tous les merveilles de la France profonde, avait une autre très bonne raison d’apprécier Rennes et la Bretagne, car c’est là que le futur complice de Jacques Martin dans Le petit rapporteur a rencontré son grand amour de jeunesse. Une idylle restée chère à son cœur, mais que Pierre pensait avoir rangée pour toujours dans sa boîte à souvenirs. Jusqu’à ce que le destin le conduise à revenir sur ses pas.

Vetty et Pierre Bonte © Coll. personnelle
Vetty et Pierre Bonte © Coll. personnelle

Tendresse

« En décembre dernier, je me suis retrouvé à la rédaction de Ouest-France pour une séance de dédicaces pour mon livre, Mes petites France, et j’ai replongé soixante années en arrière, explique-t-il. Les lieux ont changé, la manière de travailler aussi. L’équipe m’a très bien accueilli et nous avons comparé nos modes de fonctionnement.

Je leur ai demandé si, comme moi, le soir après l’édition, il leur arrivait d’aller au café. Dans les années 1950, moi, j’allais à celui de la Poste, que tenaient Madeleine Bourkels et ses deux filles, Colette et Yvette. J’y écoutais du jazz. Célèbres ou inconnus, écrivains, hommes politiques et étudiants se mêlaient dans ce lieu, resté une véritable institution à Rennes.

Ils m’ont dit que le café était maintenant géré par les filles de Madeleine et ils m’ont proposé de nous y rendre. C’est comme cela que j’ai eu la joie de revoir Vetty. »

Le photographe du quotidien régional a immortalisé ces retrouvailles. Il y a beaucoup de tendresse dans le regard que le journaliste échange avec Yvette, la belle Rennaise, debout derrière son zinc au côté de sa sœur.

Sur le cliché plus ancien que Pierre nous a confié, ils ont 24 et 18 ans et se promènent le long d’une plage. « C’était l’été 1956 – mes premières vacances en étant indépendant. J’avais emmené Vetty en Italie, à bord de ma première voiture, une 4 CV d’occasion. Nous avons passé une semaine dans une pension de famille à Finale Ligure, une petite station balnéaire proche de San Remo, à une quarantaine de kilomètres de Nice.

Nous mangions des pâtes à tous les repas ! La voiture était plus adaptée à Vetty, qui était petite, qu’à moi. Mais j’étais nettement plus souple qu’aujourd’hui ! Heureusement, car le voyage a été long. À l’époque, ce n’était pas donné à tout le monde de s’offrir des vacances !

Sur la plage, elle prenait des poses de starlettes © Coll. personnelle
Sur la plage, elle prenait des poses de starlettes © Coll. personnelle

Nous étions très fiers de circuler dans cette auto. La veille de notre départ, quelqu’un a cassé une vitre pour voler les objets que nous avions laissés sur la banquette. Nous avons fait tout le trajet de retour avec le carreau brisé, ce qui a favorisé les rapprochements ! Il nous a fallu deux jours pour rallier Finale Ligure et deux autres pour remonter.

J’étais tombé amoureux d’une brune aux yeux verts, au sourire ravageur. Vetty me semblait d’une beauté exceptionnelle. C’était l’époque de Brigitte Bardot et de Et Dieu créa la femme. Comme BB, Vetty avait un côté un peu sauvage, irrésistible », nous a-t-il avoué. « Sur la plage, elle prend des poses de starlette et pour moi, en effet, elle était la plus jolie fille du monde. »

Mais, comme le dit la chanson, les histoires d’amour finissent mal en général, en tout cas celle de Pierre et Vetty… « Je me suis marié en 1960, j’ai eu deux enfants, un garçon et une fille, nous a-t-il confié. De son côté, Vetty a épousé un artiste peintre avec lequel elle a eu un garçon.

En 1955, j’avais trop le goût de la liberté pour m’enchaîner. J’aimais tellement mon métier que je voulais être disponible à tout moment. Il était hors de question que j’épouse qui que ce soit. Pourtant, un jour, je l’ai interrogée : “Si jamais je te demandais en mariage, tu répondrais quoi ?” Finaude, elle a répliqué : “Pose-moi la question, tu verras bien !” Et bien sûr, je ne la lui ai pas posée. Nous nous sommes aimés pendant deux ans. Et puis j’ai quitté Ouest-France pour Europe 1 et Rennes pour Paris »…

Vetty, elle, est donc restée rue du Pré-Botté, au Café de la Poste. La vie s’est chargée de séparer ceux qui s’aimaient. La vie, et cette autre passion qui anime encore, à 83 ans, Pierre Bonte : le journalisme.

Dominique Préhu
Photos : Collection personnelle
et Éric Chopin de Ouest-France

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