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Pierre Charby : "J'ai évité de justesse l'hémiplégie !"

Publié le 4 décembre 2020

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A 80 ans, Pierre Charby, le chanteur de “Souviens-toi”, a été hospitalisé d'urgence. une grosse frayeur, alors qu'il se remettait à peine d'un AVC et de la mort de sa femme…

Avec 12 millions de disques vendus et des tubes comme You, Oh Marie Maria, L'amour fou, ou encore Nous, Pierre Charby a parcouru les scènes du monde entier. À quelques jours de fêter ses 80 ans (le 15 novembre), celui que vous avez peut-être déjà applaudi durant la tournée Âge tendre et Têtes de bois est sur le point de sortir ce qui sera, selon lui, sans doute son tout dernier album. Ces dernières années, la vie de ce papa de trois garçons (Florian, 41 ans, Frédéric, 52, et Fabrice, 55) a été semée d'embûches.


En 2018, il est victime d'un grave AVC. En mars dernier, il traverse une autre terrible épreuve avec le décès de son épouse Cathy, des suites d'un cancer. Récemment, nous avons appris qu'il avait été hospitalisé en urgence. Inquiets, nous l'avons aussitôt joint pour prendre de ses nouvelles. Entre deux rendez-vous médicaux, il a accepté de répondre au téléphone à nos questions, confinement oblige. Très volubile, le chanteur n'a d'ailleurs pas ménagé ses forces. Notre longue conversation a dû être interrompue, afin qu'il repose quelques instants sa voix et reprenne des forces. Mais si le physique montre des signes de fragilité, son mental reste toujours aussi fort.

France Dimanche : Le dernier week-end d'octobre, vous avez été hospitalisé trois jours. Que s'est-il passé ?

Pierre Charby : J'ai eu une grosse frayeur. Le vendredi soir, je me suis mis soudainement à trembler de tout mon corps. Ça a duré au moins une bonne heure. J'avais très froid, je claquais des dents. J'ai quand même trouvé la force d'appeler un de mes fils qui n'habite pas très loin de chez moi, dans les Alpes-Maritimes. En voyant mon état, il a très vite appelé les urgences. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le thermomètre affichait 42 °C de fièvre ! Mais peut-être était-il défectueux parce que c'est quand même très haut. Toujours est-il qu'une ambulance est venue me chercher pour m'emmener au plus vite à l'hôpital de Grasse. Pour l'anecdote, l'ambulancier, qui devait seulement avoir la trentaine, m'a reconnu, et il se fait qu'il était fan de moi. Il s'est donc amusé à passer mes chansons sur l'autoradio durant le trajet. J'ai appris qu'il avait chez lui tous mes albums !

FD : Et qu'ont diagnostiqué les médecins à votre arrivée aux urgences ?

PC : Après de multiples examens, scanner thoracique et abdo-pelvien, électrocardiogramme, écho du cœur, et j'en passe, ils m'ont mis sous perfusion. Ils n'ont curieusement pas trouvé la raison pour laquelle je me trouvais dans un tel état. Une chose est sûre : ce n'était pas le Covid. J'ai quand même eu très peur quand ils m'ont donné le résultat de la première prise de sang. On m'a parlé de marqueurs qui étaient très élevés. Or pour moi, quand on parle de « marqueurs », c'est forcément lié au cancer. C'est du moins ce que j'ai beaucoup entendu des oncologues qui suivaient ma regrettée épouse, décédée en mars dernier de cette maladie. Imaginez un peu le choc ! Je me voyais déjà revivre l'enfer qu'elle a vécu jusqu'à sa mort… Heureusement, j'ai très vite été rassuré, ça n'avait rien à voir.

FD : Vous avez néanmoins passé deux nuits sur place…

PC : Oui, la première a d'ailleurs été un cauchemar. Je n'ai pas dormi du tout à cause d'un compagnon de chambre complètement dément qui a hurlé toute la nuit. Avec ma modeste notoriété, on a heureusement bien voulu me changer de chambre la nuit suivante. Quoi qu'il en soit, mon état s'est miraculeusement amélioré tout seul. J'ai pu rentrer chez moi me reposer.

FD : Donc plus de peur que de mal…

PC : Oui, mais revenir dans l'hôpital où est décédée, il y a peu, la femme de ma vie m'a profondément bouleversé. Le médecin m'a dit de rester au calme et de bien poursuivre mon trai-tement. Depuis mon AVC qui m'a valu quatre mois d'hospitalisation, je dois prendre quotidiennement des médicaments contre l'hypertension, le cholestérol, et un anticoagulant. C'est sûr qu'à mon âge, il faut faire gaffe !

FD  : Craignez-vous de refaire un AVC ?

PC : Oui, car j'ai quand même évité de justesse l'hémiplégie. Tout le côté droit de mon corps a été touché. Si avec l'aide de nombreuses séances de kiné j'ai recouvré l'usage de ma jambe et de mon bras, ma corde vocale droite est toujours paralysée. Je dois donc suivre encore des séances éprouvantes avec une orthophoniste. J'ai aussi encore des problèmes d'équilibre. J'ai des vertiges en permanence mais, comme pour tout, on s'habitue…

FD  : Êtes-vous toujours capable de chanter ?

PC : Je n'ai hélas plus les mêmes capacités vocales qu'avant, mais je m'épate, jour après jour. À force de travail, j'arrive à retrouver peu à peu ma voix de soprano. La gentille dame qui s'occupe de moi m'a carrément dit qu'elle avait la chance d'être comme à un spectacle… tout en étant payée ! [rires] Ça me demande quand même beaucoup d'efforts, notamment de respiration. Heureusement, nous avions terminé d'enregistrer mes toutes dernières chansons, juste avant mon AVC. Il ne reste plus qu'à finaliser quelques détails.

FD : Lors de ce deuxième confinement, ne vous sentez-vous pas trop seul ?

PC : Mon fils Frédéric loge chez moi en ce moment, ça me fait du bien. À défaut d'aller au restaurant fêter mon anniversaire, je soufflerai mes 80 bougies en sa compagnie. J'ai certes la chance de vivre dans une belle et grande villa, mais elle est terriblement vide depuis la mort de mon épouse. Après 45 ans de vie commune, on ressent forcément un manque… Cathy était si forte. Elle s'est battue contre deux cancers. D'abord de la vessie, qu'elle a vaincu avec de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Mais elle a fait une récidive juste après mon AVC. Quand elle a appris qu'elle avait des métastases sur les vertèbres, elle me l'a caché, de peur que ça ne m'inquiète et que ça aggrave mon cas. Elle me faisait croire qu'elle partait faire les boutiques à Cannes avec une copine, alors qu'elle allait en réalité se faire soigner… Quelle magnifique preuve d'amour.

Philippe CALLEWAERT

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