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Pierre-Jean Chalençon : “Charles Trenet, c’est l’homme de ma vie  !”

Publié le 20 mars 2019

Celui que Sophie Davant surnomme “le Président” dans l’émission “Affaire conclue” s’est confié en exclusivité.

Les caméras de surveillance qui surplombent l’entrée sont trompeuses. Car en franchissant la porte du palais Vivienne, un hôtel particulier construit au début du XVIIIe siècle par le duc Philippe d’Orléans, à deux pas de la place de la Bourse, l’on entame un voyage dans le temps. Tableaux et objets napoléoniens embellissent cet imposant espace de 600 m2. Un vrai régal pour les yeux. Les moulures fraîchement repeintes à la feuille d’or accentuent une hauteur sous plafond de plus de six mètres. Avant de nous accorder une longue interview, Pierre-Jean Chalençon, 48 ans, le maître de ces lieux d’exception, au look si excentrique, nous a fait faire le tour du propriétaire.

Ayant acquis ce sublime bien il y a trois ans, il en loue sept somptueux salons, récemment rénovés, pour rentrer dans ses frais. Ensuite, confortablement assis autour d’une table ronde, l’acheteur vedette d’Affaire conclue sur France 2 se laisse volontiers aller à d’intimes confidences. À commencer par ses passions pour Napoléon et Charles Trenet.

FD : L’acquisition du palais Vivienne a dû vous coûter une petite fortune
Pierre-Jean Chalençon  : Je peux vous dire que je me suis endetté sur vingt ans pour l’acquérir. Je dépense plus que je ne gagne. C’est pourquoi je suis obligé de louer cet espace à des particuliers ou pour des tournages. J’organise aussi des expositions, revends certains objets. Bref, je me débrouille. Et pourtant je suis finalement quelqu’un d’assez simple qui mange au McDo comme tout le monde. Quoi qu’il en soit, je ne me séparerai jamais de ce lieu. Un prince du Qatar m’a déjà proposé de me l’acheter et j’ai refusé.

FD  : D’où provient votre passion pour Napoléon  ?
P-JC  : Elle remonte à mes 7 ans, de ce jour où mes parents m’ont offert une bande dessinée sur ce formidable empereur. Ma collection a démarré quand j’ai décidé de vendre mon scooter pour acheter une lettre manuscrite évoquant sa victoire à Iéna. J’ai aussi pris l’argent de mon prêt étudiant pour m’offrir une de ses mèches de cheveux. Depuis, je suis devenu son plus grand fan, et avec près de 3 000 objets le concernant, j’ai très certainement la plus importante collection au monde. Je ne détiens que quelque 300 pièces chez moi. En ce moment, 250 autres objets sont exposés dans un musée en Chine. Le reste est dans des coffres. Mais contrairement à ce qu’on peut penser, je suis un collectionneur fauché. Je suis le « gilet jaune » de la rue Vivienne  ! Ça m’empêche de dormir, mais c’est la vie. Je suis heureux comme ça.

FD  : Quelle est la pièce de cette collection dont vous êtes le plus fier ?
P-JC  : Il n’y en a pas une en particulier. Cela dit, ça m’amuse beaucoup d’avoir obtenu un de ses caleçons, ou encore une paire de bas. Nous fêtons cette année le 250e anniversaire de sa naissance et, malheureusement, rien n’a été organisé pour l’occasion. Pas une exposition  ! Quand on pense aux millions d’euros par an que rapporte cette figure historique au tourisme, ce n’est pas normal ! J’en ai parlé à Brigitte Macron lors de la dernière Biennale de Paris [manifestation internationale d’art, ndlr]. J’espère qu’elle m’a entendu et qu’elle transmettra le message à qui de droit.

FD : De nombreuses vedettes figurent dans votre carnet d’adresses. Comment est-ce possible  ?
P-JC  :
Depuis mon plus jeune âge, je côtoie des vedettes. Mon père était journaliste à Europe 1 et à l’ORTF et invitait des tas de copains plus célèbres les uns que les autres à la maison pour des repas interminables. Au début, je les regardais avec admiration. Puis, à force, ils finissaient presque par faire partie de ma famille. Voilà comment je suis devenu très proche de Thierry Le Luron, Coluche, Régine, ou encore Charles Trenet qui m’aura particulièrement marqué.


FD : Pourquoi Trenet plus qu’un autre  ?
P-JC  : J’ai eu la chance de rencontrer Charles en 1987. J’avais à peine 15 ans. Comme pour Napoléon, je suis sans doute son plus grand fan, et je détiens quelques objets lui ayant appartenu. Mais le plus grand trésor qu’il m’a transmis, c’est sa culture générale. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à lui. On a failli sortir un disque ensemble, dans lequel nous faisions des imitations. Malheureusement, il en est resté à l’état de projet. Alors que je souhaitais devenir humoriste, Charles m’a dit un jour : « Tu seras Monsieur Napoléon  ! » Et il a eu raison. Je lui dois tout, c’est l’homme de ma vie.

FD : Quels souvenirs gardez-vous de votre première rencontre  ?
P-JC  :: J’étais allé le voir chanter avec mon ami Jean-Jacques Debout. Quand il m’a demandé comment je m’appelais, je lui ai répondu « le mime parlant », un surnom que m’avait donné Jean-Jacques parce que je m’exprime beaucoup avec les mains. Ce qui a beaucoup amusé Charles.  Nous sommes ensuite allés manger chez Lipp [boulevard Saint-Germain, à Paris, ndlr] où il me dit alors que je lui ressemblais beaucoup quand il était jeune. Huit jours après, le téléphone sonne à la maison. Mon père répond et me passe le combiné en me disant : « Il y a Charles Trenet au bout du fil  ! » Je n’en revenais pas. Il voulait m’inviter à manger. Voilà comment cet amour – « platonique », je précise  ! – est né. Il a duré jusqu’à sa mort. Pas un jour ne passe sans que je pense à lui. Il me manque beaucoup [Pierre-Jean sèche une larme]. Tous les soirs, avant de m’endormir, j’embrasse une photo de lui. Je le sens souvent près de moi. Il est même déjà venu me parler. Les dix dernières années de sa vie, nous partions en vacances ensemble. Nous étions très intimes. J’étais un peu comme son fils. Il m’avait pistonné pour que je fasse mon service militaire sur la Jeanne d’Arc [navire-école de la marine nationale, ndlr]. Il m’y envoyait des lettres qu’il signait « Ton grand-père frère ». Il m’a aussi écrit une chanson [Fais ta vie, ndlr]. Des gens disaient du mal de moi. Ça l’avait inspiré…

FD : Comment est né votre look  ?
P-JC  : Il date de 2008, de mon retour de vacances sur l’île de Sainte-Hélène [le lieu d’exil final de Napoléon Ier, ndlr]. J’ai fait le pari avec un copain de me laisser pousser les cheveux. Au bout d’un an, les gens ont commencé à me prendre pour Michel Polnareff. Je commence d’ailleurs à en avoir ras le bol qu’on me compare à lui. Au début, ça m’amusait, mais là, ça commence à bien faire. Si je n’ai certes pas le même talent que lui, je passe quand même un peu plus à la télévision. Je n’ai qu’une seule envie : qu’un jour on prenne Polnareff pour Chalençon. Et je dis ça sans aucune animosité envers l’artiste. D’autant que j’ai eu la chance de le côtoyer souvent quand il vivait au Royal Monceau, à Paris. J’étais tout jeune, et je voyais ce mec qui picolait au bar de cet hôtel. Il y a peu, j’ai été approché pour qu’il vienne tourner un clip chez moi. Sauf qu’il n’avait pas de budget pour la location. J’ai beau l’aimer, je ne suis pas non plus l’Armée du Salut  ! Parce que je ne vis pas uniquement grâce à Affaire conclue. Mais je ne suis pas un marchand. Ce que j’achète dans l’émission, soit je le garde, soit je le donne. C’est peut-être aussi pour ça que les gens m’apprécient.

FD : Les gens affectionnent aussi sans doute votre côté bon vivant…
P-JC  :
J’aime en effet faire la fête. La vie est si triste aujourd’hui ! Il suffit de zapper sur les chaînes d’info pour s’en convaincre. Je trouve en revanche qu’Affaire conclue offre un vrai bol d’oxygène. C’est sans doute pour cette raison que l’émission marche aussi bien. Je pense en être un des éléments clés. Sans moi, le programme serait sans doute bien moins fun. Parmi les cinq ou six acheteurs, je crois être celui qui fait le plus parler de lui. Pourtant, je ne joue pas un rôle parce qu’il y a des caméras.

FD : Prenez-vous toujours autant de plaisir à y participer  ?
P-JC  : Oui, sans quoi j’arrêterais tout de suite. Et comment pourrais-je me plaindre  ? Au bout de deux ans, mon charisme fait que Sophie Davant me surnomme « le Président ». Mais j’essaie de garder la tête sur les épaules. La preuve, je ne refuse jamais un selfie ! J’adore le public. Quant à Sophie, je la trouve parfaite dans son rôle. Son côté candide fonctionne plutôt bien. Et puis on s’aime beaucoup. Il nous arrive de nous voir en dehors du plateau. Elle connaît aussi assez bien ma sœur, Isabelle Chalençon, qui est chroniqueuse mode à Télé matin et à C’est au programme.

FD : Comment voyez-vous votre avenir à la télévision  ?
P-JC  :
Je sais déjà qu’il y aura un après Affaire conclue. J’ai faim de nouvelles aventures. Comme je l’ai dit, je trouve la télévision actuelle bien triste. Et je pense pouvoir apporter un joli rayon de soleil aux téléspectateurs.

FD  : À quand votre propre émission ?
P-JC  :
Pour bientôt ! J’ai le projet de créer un concept novateur. Une émission sur la culture, la chanson, les métiers d’art, entre Le grand échiquier et Apostrophes. Et le tournage aurait lieu chez moi, au palais Vivienne. Je rencontre actuellement plusieurs producteurs et j’espère que mon idée verra le jour très prochainement.

FD : Accepteriez-vous d’animer un programme déjà existant  ?
P-JC  :
Présenter La France a un incroyable talent m’aurait beaucoup amusé. Sinon, je suis très copain avec Cyril Hanouna, mais je ne me verrais pas devenir un de ses chroniqueurs. Je suis au-delà. Je suis quand même chef d’entreprise, j’expose ma collection sur Napoléon dans le monde entier. C’est donc soit ma propre émission, soit rien du tout. Seule Affaire conclue me satisfait pour l’instant, même si j’aimerais y jouer un rôle un peu plus important. Mais tant que ça me plaît, je continue.

FD  : D’autres projets  ?
P-JC  : J’ai toujours rêvé de faire du théâtre. Ce qui devrait bientôt se concrétiser puisque je suis déjà en plein travail avec Olivier Lejeune et Patrick Sébastien. Il s’agira d’une pièce comique qui devrait s’appeler Louis XVI.fr. J’y jouerai le rôle d’un courtisan. J’ai hâte d’y être  !

FD  : Avec un tel parcours, à quand une biographie ?
P-JC  :
J’ai certes des millions de choses à raconter, mais ce n’est pas encore prévu. Quand je vois des pseudo-stars de 25 ans qui n’ont encore rien fait raconter leur vie, ça me fait bien rire. Mais j’y pense…

Philippe CALLEWAERT

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