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Pierre-Jean Chalençon : "J'ai failli avoir un enfant ! "

Publié le 4 mai 2020

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A peine parue, l'autobiographie de Pierre-Jean Chalençon était déjà numéro 1 des ventes ! Une joie pour ce trublion de la télé qui assume fièrement sa personnalité originale...

P arce qu'il en avait ras le bicorne qu'on raconte tout et n'importe quoi à son sujet, le célèbre acheteur d'Affaire conclue, sur France 2, a choisi de se dévoiler dans Appelez-moi l'Empereur ! Une auto-biographie à la fois drôle et touchante, parue aux éditions HarperCollins. À l'aube de ses 50 ans, ce fan de Napoléon se livre sans détours, et au moins là, « c'est mon propre point de vue sur moi-même ! »

France Dimanche : Vous attendiez-vous à une telle popularité ?

Pierre-Jean Chalençon : Non, surtout qu'au départ d'Affaire conclue, je ne me sentais pas du tout légitime ! Mais au final, cet exercice me plaît beaucoup, et je crois que le public aime mon franc-parler, ma simplicité, mon côté fantasque et politiquement incorrect. De même que ma passion pour l'art, l'histoire et le patrimoine français. Dans mes vœux, vus plus de 1,5 million de fois sur les réseaux sociaux, je souhaite d'ailleurs que 2020 soit l'année de la culture ! Je ne veux pas faire de politique, pourtant depuis un an on m'a tout proposé : député, tête de liste à Paris, etc. Quelle horreur ! Il n'y a que pour être ministre de la Culture que je dirais oui tout de suite !


FD : Votre livre est truffé de souvenirs, pour la plupart lointains et très détaillés…

PJC : J'ai une mémoire d'éléphant ! Et en ême temps, tous ces souvenirs sont très rais. Il n'est pas un jour où je ne pense à harles [Trenet, ndlr], à Napoléon, à mes arents, etc. C'est un livre sans préten-ion, ni leçon de morale ou de conduite. e souhaite juste dire aux gens que je suis uelqu'un de normal, qui prend le métro, ui n'a pas de maison de campagne, de oiture de luxe, de compte en Suisse. Et uelqu'un qui réalise ses rêves de gosse. ui m'aurait dit qu'un jour je serais opain avec Jean-Marie Bigard, Michou u Danièle Gilbert dont j'étais fan étant ôme, que je serais aux Grosses Têtes, que e mangerais à l'Élysée ou que la « pre-ière dame de France » serait ma copine ? our moi, ce n'est que du bonheur ! Je sais ue beaucoup me jalousent, mais je m'en ous ! Et puis ceux-ci n'ont plus tellement e temps à tenir, car j'ai déjà 50 ans et pas d'enfant… Donc, qu'ils se rassurent, il n'y aura pas de deuxième Chalençon !

FD : Vous qui aimez tant partager, transmettre, regrettez-vous de ne pas avoir d'enfant ?

PJC : J'ai failli en avoir un, mais ma compagne de l'époque a décidé de ne pas le garder. Et je le regrette tous les jours. Maintenant, c'est ainsi, et je ne vais pas faire un enfant à 50 ans ! Mais je ne vous cache pas qu'à chaque fois que je vois un gamin de 24-25 ans, je me dis que ça pourrait être elle ou lui. Je sais que si elle avait choisi de le garder, ça m'aurait certes beaucoup handicapé, mais j'aurais adoré.

FD : Quel regard portez-vous sur le petit garçon que vous étiez ?

PJC : Je me dis que, malgré tout, il n'a pas trop mal réussi ! Qu'après avoir été malmené, aujourd'hui c'est lui qui mène. Car tout n'a pas été rose… Quand on est fils de divorcés, qu'on aime les garçons… D'ailleurs, je me souviens de mon premier amour, je devais avoir 4 ou 5 ans, il était moniteur de ski et je le trouvais tellement beau. Je ne savais pas encore ce que c'était, mais je passais des heures à le regarder et j'étais jaloux quand je le voyais avec une fille. Mais bon, j'adore aussi les femmes !

FD : C'est quand même fou, cette infinie passion que vous vouez à Napoléon…

PJC : Il fait tellement partie de ma vie ! Je le connais par cœur et pourrais vous en parler des heures entières. La première fois que je me suis rendu à Sainte-Hélène, où il est mort, en accostant, j'ai senti comme quelque chose entrer en moi, physiquement. Je vous jure que c'est vrai. Et quand j'en suis reparti, un truc est comme sorti de moi. J'ai une fusion avec l'Empereur qui fait qu'on ne peut pas me berner. Il est en moi.

FD : Vous aviez aussi une affection toute particulière pour Charles Trenet…

PJC : Ça a été un vrai coup de foudre ! Ce qui a créé beaucoup de jalousie, car

tout le monde pensait qu'on était amants, alors que ce n'était pas du tout le cas. Mais lui comme moi adorions en jouer !

FD : En plus de la télé et du livre, on vous retrouve bientôt sur scène ?

PJC : Oui, en septembre prochain dans Une chance insolente, de et avec Olivier Lejeune, et pour laquelle on a déjà signé 70 dates. Venez, vous n'allez pas me reconnaître !

FD : Vous aimez jouer la comédie ?

PJC : Oui car j'adore les défis ! Je l'avais fait plus jeune, au Club Med et sur la Jeanne d'Arc, durant mon service militaire. J'aime faire rire les gens. Petit, quand on recevait des amis à la maison, j'adorais faire le con, imiter Line Renaud, Chirac, Coluche ou Thierry Le Luron. Je voulais d'ailleurs être clown.

FD : En réponse peut-être à votre enfance qui n'a pas toujours été tendre…

PJC : Sans doute. Mon besoin incessant de contact, de sécurité, de chaleur et d'être aimé vient sûrement de ces manques de mon enfance. J'ai beaucoup souffert du divorce de mes parents, surtout à l'époque où j'étais le seul de ma classe et l'on me regardait comme une bête curieuse. Ce qui n'arrangeait rien à ma souffrance. Je me revois chez les copains en train de me dire qu'ils avaient de la chance d'avoir leurs parents ensemble. Mais, que ce soit ma sœur [Isabelle Chalençon, ancienne chroniqueuse de Télématin, ndlr] ou moi-même, ça nous a endurcis et armés pour l'avenir.

FD : Êtes-vous heureux aujourd'hui ?

PJC : Pas vraiment, mais pas malheureux non plus. J'essaie d'être zen, dans une société et une époque où tout est compliqué. Et en même temps, à 50 ans, j'ai envie de m'amuser, de profiter.

FD : Qu'a changé en vous cette leucémie qui a failli vous emporter il y a dix ans ?

PJC : Tout, car je ne devrais plus être là. C'était mes 40 ans et je recevais cinquante personnes à dîner le soir même. Mais au vu de mes résultats d'examens, les médecins refusaient de me laisser quitter l'hôpital. Je leur ai assuré que je serais là le surlendemain, ce à quoi ils m'ont répondu : « Si vous n'êtes pas mort ! » J'ai fini par leur dire que, quitte à mourir, je préférais que ce soit après un bon gueuleton, entouré de copains !

FD : Et là, vous êtes guéri ?

PJC : Oui. Même si, comme je n'ai plus de rate, je dois prendre un médicament à vie. Mais c'est un moindre mal quand on est passé si près… Après, je ne vivrai peut-être pas jusqu'à 100 ans. Mais comme je le disais à un copain : « S'il m'arrive quoi que ce soit, ça m'est bien égal, j'ai réalisé tous mes rêves ! »

Caroline BERGER

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