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Pierre Mondy : Son cadeau de l'au-delà !

Publié le 3 janvier 2022

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Après dix-sept ans de bataille administrative et judiciaire, la petite-fille de l'acteur disparu en 2012, Louna, porte officiellement son nom…

Le 15 septembre 2012 s'éteignait l'inoubliable commissaire de la série Les Cordier, juge et flic, sur TF1. Cet immense artiste, qui a foulé de nombreuses planches au théâtre, tant comme acteur que metteur en scène, et tourné pléthore de films populaires, dont La Septième Compagnie de Robert Lamoureux, était dans le privé papa de deux enfants, Laurent et Anne, fruits de son troisième mariage avec la comédienne Annie Fournier.


Il a aussi eu le bonheur de connaître sa petite-fille, Louna, née en 2004. Sans doute veillait-il sur elle depuis l'au-delà, puisque depuis quelques jours, cette enfant, devenue grande, porte enfin son nom ! Une reconnaissance qui couronne dix-sept années de bataille acharnée, comme l'a expliqué sa maman Anne Mondy dans un long message publié le 20 décembre sur les réseaux sociaux. En effet, jusqu'alors, Louna portait officiellement le nom de son géniteur.

Or, cet homme, confie Anne, n'a jamais été là pour sa fille. « Je suis l'unique parent, la mère et le père et la seule responsable depuis toujours. » Comment, dans ces conditions, accepter que le nom de son enfant soit « accolé à celui d'un triste déserteur » ? Hélas, jusqu'alors, changer de patronyme était une démarche longue et laborieuse qui, de surcroît, n'aboutissait pas forcément. Mais rattacher Louna à la seule famille qui l'ait aimée, protégée, vue grandir, était vital pour Anne. Pour mener ce combat, elle a missionné une avocate, écrit des centaines de lettres, formulé des dizaines de demandes, rempli de nombreux dossiers… sans succès.

Mais elle s'est accrochée, entourée par les siens. Une croisade qui au fil des années est devenue « une obsession, un besoin irrationnel de légitimité, de justice, de réalité écrite noir sur blanc. »

Ses trésors de patience, son inaltérable obstination, la certitude qu'un jour viendrait où cette justice lui donnerait enfin raison, ont fini par payer. Le 15 septembre – l'anniversaire de la mort de Pierre Mondy ! – et selon les instructions du procureur de la République, Louna était « autorisée à porter le nom de Mondy ». Il a néanmoins fallu trois mois de plus pour que l'acte tant attendu de ce décret arrive dans la boîte aux lettres d'Anne. « Ma fille […] porte officiellement mon nom, celui de son grand-père, de son oncle, de son cousin et sa cousine et va pouvoir enfin avoir une identité unique, passer ses examens et construire sa vie de femme sous un nom qu'elle porte officieusement depuis 17 ans », s'est réjouie Anne.

Nombreux sont ceux qui, comme elle, ont fait ce long chemin de croix dans l'espoir de changer leur patronyme. Un calvaire administratif qui, d'ici peu, pourrait n'être plus qu'une simple formalité. Des députés de la majorité viennent de déposer une proposition de loi, portée par le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, visant à simplifier les démarches pour adopter un nouveau nom. Si la loi est votée en juillet 2022, une simple déclaration Cerfa à l'état civil de la mairie dont dépend le demandeur suffira.

Un progrès qui arrive un peu tard, pour Anne. Cependant « ni amertume ni regrets » pour cette mère courage qui savoure aujourd'hui une victoire qu'elle attribue en partie à Pierre Mondy, comme elle l'écrit joliment : « Le décret du 15 septembre ne s'invente pas. Merci Papa… »

Lili CHABLIS

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