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Pierre Palmade : Au bord du gouffre !

Publié le 1 janvier 2018

Malgré son bonheur de retrouver son public après sept ans d’absence, l’humoriste Pierre Palmade reste en proie à ses vieux démons…

Cela faisait sept ans qu’il ne s’était pas produit seul sur scène, depuis le succès de son dernier spectacle, J’ai jamais été aussi vieux… Sept ans que ses fans attendaient avec une impatience accrue son retour sur les planches ! Un public de plus en plus pressé de venir se régaler devant sa nouvelle galerie de personnages, aussi drôles qu’attachants.

« Aimez-moi ! », leur demande aujourd’hui un Pierre Palmade âgé de 49 ans, dans ce one-man-show qu’il a pris soin de roder en province et en Belgique, avant de le présenter jusqu’au 31 décembre à Paris, au Théâtre du Rond-Point, puis en tournée en 2018 partout en France.

Aimez-moi ! Ce titre étonnant résonne comme un cri du cœur, lancé sans complexe par celui qui a été élevé par sa maman et qui assure aujourd’hui ne plus être un « enfant roi »… Pourtant, même s’il paraît libéré des démons qui le poussaient, au début de sa carrière, à faire la fête jusqu’au bout de la nuit et à s’étourdir d’aventures sans lendemain, le comédien n’est, de son propre aveu, pas encore parvenu à la sérénité.


L’humoriste vient même d’avouer avoir recours à pas moins de six psychologues en même temps pour tenir le coup, expliquant au Figaro :
« Ce n’est pas parce qu’on comprend ses problèmes qu’on les résout. Je ne suis pas tiré d’affaire. »

Une surprenante confession à l’aube de cet événement heureux et excitant que devraient être pour lui les retrouvailles avec ses admirateurs ! Pourtant, dans les colonnes de notre confrère, Pierre Palmade évoque ses failles, indiquant avec une belle sincérité : « Je suis seul. Les deux trucs qui me tiennent en vie, c’est ma maison de campagne et ce spectacle. »

Entre la solitude dans une demeure isolée, loin des tumultes de la ville, et celle sur la scène, où, chaque soir, celui qui a été fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 2008 fait face avec angoisse à ses spectateurs, il est clair que rien ni personne ne vient réchauffer le cœur de cet écorché vif ! Des réflexions d’une tristesse inouïe qui ont de quoi faire pleurer ses nombreux fans. Ce qui est un comble pour un humoriste ! Des remarques désespérées prononcées par un homme qui, depuis longtemps, semble ne pas parvenir à sortir de sa dépression.

Déjà en 2010, l’acteur confiait dans Paris Match : « Un jour, un chauffeur de taxi m’a dit : “Vous, les artistes, vous souffrez à notre place.” J’avais bien aimé. Je ne voudrais pas nous autodéclarer plus sensibles que les autres, mais nous devons sourire tout le temps, cacher nos douleurs, les enfouir. Moi, quand elles sortaient, elles sortaient en boîte de nuit. »

Mais d’où peut bien venir cette souffrance qui lui a trop souvent pourri la vie ?
« Mon père est mort quand j’avais 8 ans, confiait-il dans Gala en 2010. J’ai longtemps verrouillé tous mes chagrins. […] Mais cette douleur enfouie remonte avec les années… C’est… oui, c’est le drame de mon existence. »

Une perte qui l’a peut-être détruit, mais qui a aussi contribué à construire l’homme plein de vie et d’envie d’être reconnu qu’il est devenu. Comme souvent, chez ceux qui ont vécu un deuil très jeunes, il a fallu trouver le moyen de panser cette blessure, de rendre moins aiguë la souffrance, présente à chaque instant.

D’ailleurs, ce moyen, Pierre Palmade pense l’avoir trouvé : « Je mange plein de médicaments, a-t-il expliqué à Laurent Ruquier, le 2 décembre dans On n’est pas couché. Je commence avec de l’aspirine avant d’avoir mal à la tête, et je me gave de somnifères. »

Et l’artiste d’énumérer toutes les substances qu’il avale quotidiennement afin d’endormir sa douleur et se mettre en position off : « Comme ça, je ne me souviens pas de mes rêves et je ne fais pas de cauchemars. » Ajoutant avec ce sens de l’humour qui le caractérise et qui, par chance, l’accompagne depuis toujours : « Il y a même des pharmacies qui m’appellent quand elles sont en rupture de stock ! »

En 2013, le comédien avouait sur Europe 1 : « Je n’aime pas mon homosexualité. Avant, j’étais en colère mais maintenant je suis vraiment triste. […] J’essaie d’en rire, j’essaie de me moquer de moi-même, de m’y faire. » Voilà bien une méthode « naturelle », aussi efficace et bien moins dangereuse pour la santé que des médicaments pris à haute dose…

Clara MARGAUX

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