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Pierre Perret : le saumon c'est sa passion !

Publié le 8 octobre 2012

Ce mordu de pêche à la mouche possède une maison dans le Connemara, en Irlande où, d’avril à septembre, Pierre Perret taquine le poisson. Quand l’automne arrive, Pierrot fait ses adieux.

Le chanteur aurait-il décidé, à 78 ans, de quitter la scène ? Va-t-il nous abandonner après cinquante-cinq ans de chanson ? Que nenni ! L’été terminé, c’est à ses saumons que Pierre Perret dit « adieu », ou plutôt « à l’année prochaine ». Dès juin 2013, en effet, l’artiste traversera de nouveau la Manche pour taquiner le goujon.

Paysages

Depuis trente ans, ce passionné de pêche sillonne les lacs et rivières du Connemara, en Irlande. Il y possède d’ailleurs une belle demeure, baptisée La maison du saumon bleu. C’est là que, en juin dernier, il a reçu les reporters de la chaîne Seasons (Canalsat) pour un reportage exceptionnel, intitulé Pierre Perret, pêcheur d’Irlande, qui sera diffusé ce mardi 9 octobre à 20 h 45.

« La pêche, les concerts et l’écriture dictent mon calendrier, confiait le chanteur à France Dimanche, quand nous l’avions rencontré l’été dernier entre deux balades irlandaises (voir n° 3438). Avec ma femme, Rebecca, on essaye d’y aller huit à dix fois par an pour une petite semaine minimum. Toujours entre avril et septembre, car c’est à ce moment-là que les saumons quittent la mer pour remonter les rivières. » Un sujet qui lui a inspiré le livre Les poissons et moi, paru l’an dernier aux éditions du Cherche midi. Dans cet ouvrage, comme dans le reportage Pierre Perret, pêcheur d’Irlande, on découvre que, plus qu’une passion, la pêche est pour le chanteur une philosophie, un mode de vie.

L'artiste dans son petit coin de paradis. Photos : Alexandre Marcheguet

C’est son père, Maurice, qui lui a transmis le virus. Enfant, en sa compagnie, le petit Pierre parcourait les rivières de son Tarn-et-Garonne natal pour y apprendre l’art de la pêche à la mouche. Dans les années 80, grâce à des amis, il découvre les fabuleux paysages du Connemara, à l’ouest de l’île verte. Il y rencontre aussi ses poissons favoris dont il nous parlait avec humour en juillet. « Un saumon est imprévisible. On ne sait jamais pourquoi il prend la mouche ou pas. Quand elles sont fécondées, les femelles virent le mâle et remontent le plus haut possible pour pondre leurs œufs sur le sable. » Pour rencontrer cet animal qu’il admire, le natif de Castelsarrasin se lève à l’aube et enfile pantalon kaki, bottes de caoutchouc et pull en laine du pays.

Lumière

Le réalisateur du documentaire, Olivier Azpitarte, a été le témoin de cette étrange dévotion : «Quand ça ne mord pas, Pierre change de rivière et parcourt la tourbe en courant. Rechercher le poisson est une passion qui le consume, et il met un point d’honneur à ne pas rentrer bredouille. Fin juillet, il a pris dix saumons en une semaine. Nous sommes revenus épuisés d’Irlande ! » Pêcheur au bon cœur, le chanteur n’hésite pas non plus à relâcher une femelle quand il voit qu’elle n’a pas encore pondu ses petits.

Rebecca, qui adore le Connemara, rechigne pourtant à accompagner son mari dans ses sorties matinales. Elle préfère s’occuper de leur belle maison face à l’océan, entièrement décorée de bleu. Elle y supervise la préparation des prises de son homme et les repas partagés avec leur copain Claude, un Gardois installé dans cette région magique. « Pierre est amoureux de la lumière de ce pays, avec ses cieux qui passent très vite d’un bleu éclatant à un noir orageux, confie Olivier Azpitarte. Il est aussi amoureux de la gentillesse des Irlandais, des gens toujours prompts à aider leur prochain. »

Un bol d’Eire, une bonne partie de pêche, et notre troubadour est aux anges. Il est toutefois une caractéristique que Pierre Perret ne partage pas avec ces poissons qu’il aime tant : « Si vous ouvrez un saumon, dans les viscères, y a rien du tout. Ils font l’amour, pondent mais passent des mois et des mois sans manger. » Une diète inconcevable pour ce bon vivant qui, pendant neuf jours, a régalé toute l’équipe du film de sa charcuterie maison !

Benoît Franquebalme

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