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Pierre Richard : Sa vie est un vrai film burlesque !

Publié le 26 août 2019

Pierre Richard, l’interprète du “Grand Blond avec une chaussure noire” est à la ville très proche des personnages qu’il a incarnés au cinéma.

En 1968, il a 34 ans et n’est pas encore connu du grand public quand le réalisateur Yves Robert lui dit : « Pierre, tu n’as aucune place dans le cinéma. Tu n’es ni un jeune premier comme Alain Delon ni une rondeur comme Bernard Blier. Tu n’es pas un comédien, tu es un personnage. Alors fais ton cinéma toi-même. » 

C’est en lisant, peu après, le portrait de Ménalque, le distrait des Caractères de La Bruyère, que Pierre Richard a l’idée de créer ce clown lunaire, fantasque et maladroit, qui deviendra sa marque de fabrique. En 1970, le premier film qu’il écrit et réalise, Le distrait, est un succès. Sans doute parce qu’il y joue avant tout son propre rôle ! Dans la vraie vie, en effet, ce grand rêveur est d’une étourderie légendaire. Retour sur quatre-vingt-quatre années de rires et de gaffes en tout genre !

L’enfance solitaire d’un clown

Son vrai nom, Pierre-Richard Defays, lui a valu, gamin, de nombreux quolibets, ses petits camarades le surnommant « De Fesse ». Ce fils d’un riche industriel a grandi dans un château près de Valenciennes où il s’ennuyait ferme. « Il faut m’imaginer seul, dans la grande salle à manger, avec un serviteur derrière moi demandant : “Monsieur reprendra-t-il des frites ?” » se souvient-il.

À 15 ans, il se rebelle : un soir que sa famille reçoit de prestigieux invités, il trace un immense « MERDE » dans les graviers de la cour… L’année du bac, alors que ses cousins préparent Polytechnique, Pierre sèche allègrement les cours. Au cinéma, où il se réfugie lors d’une après-midi buissonnière, il découvre sa vocation : il sera acteur, au grand dam de son père, qui a plus tard inspiré le portrait grinçant du riche industriel du film Le jouet, de Francis Veber.

Ébloui par Mireille Darc

Lors du tournage du Grand blond avec une chaussure noire, le réalisateur Yves Robert, voulant jouer sur l’effet de surprise, avait caché à Pierre l’actrice moulée dans sa célèbre robe échancrée jusqu’aux fesses. Quand elle est entrée sur le plateau, le comédien en a perdu sa voix !


Avant de tourner une autre scène du film où elle se présentait nue devant lui, Mireille, qui le savait très pudique, l’avait prévenu : « Si tu baisses les yeux, tu as une baffe quand on dit “Coupez !” » L’acteur a obéi… et commis un impair bien malgré lui ! La grande sauterelle était en effet vexée qu’il ne soit pas plus intimidé !

Son pire souvenir sur scène

Alors qu’il était encore jeune débutant, il a décroché un petit rôle dans une mise en scène de Macbeth, de Shakespeare, où il donnait la réplique à deux grandes stars du théâtre, Maria Casarès et Alain Cuny. Pierre se sentait tellement à l’aise sur scène qu’il s’est endormi au cours d’une représentation ! C’est en rampant, et sous le regard noir de ses partenaires, qu’il a rejoint les coulisses…

Une gaffe hors forfait

Il y a quelque temps, l’acteur téléphone à son ami Jugnot. On décroche et il entend alors la voix de Depardieu : « Oh, mon coco ! » Pierre lui demande où il se trouve. « En Ouzbékistan », lui répond son complice de La chèvre, qui se lance alors dans une longue diatribe. Le grand blond, qui s’était trompé de Gérard, a dû régler une facture de plusieurs centaines d’euros !

Le comble du tête en l’air

Persuadé d’avoir oublié son portable au théâtre où il répétait, Pierre a appelé quelqu’un qui s’y trouvait encore pour lui demander de le chercher. La personne lui a alors fait remarquer qu’il était en train de téléphoner depuis son appareil perdu…

Ketchup party avec Depardieu

Voulant s’assurer que le tandem de La chèvre allait fonctionner, le réalisateur Francis Veber organise un dîner avec Gérard Depardieu et Pierre Richard. Comme le cinéaste l’a raconté : « Pierre, quand il mange, non seulement il se salit lui-même, mais il salit aussi celui qui est en face. Et il s’est mis à cracher du ketchup et des miettes d’œuf dur sur Depardieu qui, pour la première fois, a eu le regard de Campana [nom de son personnage dans le film, ndlr]. J’ai vu que la chimie allait marcher. » Et comment ! Avec plus de 7 millions d’entrées, La chèvre est le grand succès de l’année 1981 en France.

Malade imaginaire

En 2006, notre doux rêveur reçoit un César d’honneur, première récompense de toute sa carrière. En apprenant la nouvelle, Pierre s’est aussitôt rendu chez son médecin à qui il a demandé, très inquiet : « C’est si grave que ça, je n’en ai plus pour longtemps ? »

Pierre Ricard

C’est le surnom dont l’avait affublé Yaniss Lespert, son complice dans le film Un profil pour deux, sorti en 2017. En effet, après la journée de tournage, l’acteur invitait dans sa loge tous les membres de l’équipe à venir savourer un « petit jaune ». Cet amateur de grands crus, qui possède 50 hectares de vignes dans les Corbières, avait même accroché sur sa porte le panneau Licence IV !

Lili CHABLIS

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