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Plastic Bertrand : “Je suis médium !”

Publié le 11 avril 2014

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Le chanteur, qui vient de fêter ses 60 ans, nous a révélé ce don, hérité de sa mère, qui lui permet de communiquer avec les � esprits.

Cet homme est une pile électrique ! Au point qu’on a du mal à croire qu’il vient de fêter ses 60 ans. Malgré un emploi du temps chargé, Plastic Bertrand, de son vrai nom Roger Jouret, a réussi à se libérer pour venir planer à bord de MSC Splendida lors de la dernière croisière Âge tendre et têtes de bois.

Les producteurs, Michel Algay et Françoise Malet, ont eu l’idée d’inviter l’artiste belge, qui sera à l’affiche de leur prochaine tournée « Rendez-vous avec les stars » (dès le mois d’octobre). Un rendez-vous que le chanteur attend avec impatience.

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France Dimanche (F.D.) : Que devenez-vous ?

Plastic Bertrand (P.B.) : Figurez-vous que rien n’a véritablement changé depuis mes débuts. Je tourne toujours comme un fou aux quatre coins du monde. Il n’y a pas longtemps, j’ai chanté à Montréal et à Bangkok ! J’ai cette chance incroyable d’avoir un public très large ! Je suis si souvent à l’étranger que mes fans français ou belges se plaignent de ne plus me voir assez !

F.D. : Prenez-vous toujours autant de plaisir à chanter votre fameux tube Ça plane pour moi ?

P.B. : Je mentirais si je disais non. Cette chanson me colle à la peau et j’en suis heureux. Je suis surtout très fier quand, par exemple au cinéma, j’entends mon titre en bande-son. Comme dernièrement dans Le loup de Wall Street avec Leonardo DiCaprio. C’est un petit cadeau de la vie qui me donne le sourire. Je n’en reviens pas que Martin Scorcese ait pensé à moi pour son film ! Ça me permet de continuer à croire en mon métier et d’oser proposer des choses nouvelles. Je suis ainsi sur le point de sortir un dixième album qui correspondra à peu près à mes quarante ans de carrière. J’ai la chance de continuer à vibrer en faisant mon métier. C’est d’ailleurs étonnant : j’ai toujours le trac avant de monter sur scène. J’ai plein de grigris et de rituels, par exemple j’entre toujours sur scène du pied gauche. Le jour où je n’aurai plus le trac, j’arrêterai.

F.D. : Ces superstitions sont-elles liées à vos dons ? Il paraît que vous êtes médium…

P.B. : Oui, en effet ! Ça doit venir de mes origines slaves. Mon père était français et ma mère ukrainienne. Elle aussi avait ce don. Nous sommes doués d’une hypersensibilité qui nous permet de ressentir des choses… Je suis très ouvert aux esprits. Comme son nom l’indique, être médium, c’est être à l’intersection entre l’être humain et les esprits.

F.D. : Vous est-il arrivé d’avoir des visions ?

P.B. : Je fais surtout des rêves prémonitoires. Je n’ai pas vraiment envie de donner des détails, mais je m’interroge beaucoup sur le sens de l’existence, et sur la vie après la mort. Une chose est sûre : je crois en l’aura, aux forces paranormales qui nous entourent. J’en ai déjà ressenti à un point où ça devenait pesant. Voilà pourquoi je tiens à en faire bon usage. On ne rigole pas avec ces choses.

F.D. : Êtes-vous attaché à vos origines ukrainiennes ?

P.B. : Évidemment ! Mais je ne suis, hélas ! allé qu’une seule fois en Ukraine : j’ai été interdit de territoire lorsqu’elle faisait encore partie de l’URSS. À l’époque, j’étais considéré comme « chanteur décadent européen ». J’avais emmené maman à Kiev où elle a retrouvé sa propre mère. Je devais avoir 20 ans et c’était la première fois que je voyais ma grand-mère. J’étais fier parce que je nous ai offert le voyage avec mes premiers sous gagnés en chantant, dans le courant des années 80. Depuis tout gamin je disais à ma mère, qui n’avait plus vu la sienne depuis des années : « T’inquiète pas, un jour je t’emmènerai voir Babouchka ! » Elle me répondait que c’était impossible. Autant dire que je me rappelle notre arrivée comme si c’était hier. Un des plus beaux jours de ma vie ! Je me souviens aussi de l’enfer que cela avait été pour organiser le voyage. On a dû trafiquer des papiers avec l’aide de l’ambassade de France à Moscou. On s’est ensuite fait suivre par le KGB. À Kiev, on était surveillés en permanence. Voilà pourquoi je n’y suis pas retourné. Ma pauvre mère non plus…

F.D. : Que pensez-vous de la crise politique qui secoue l’Ukraine ?

P.B. : J’étais très touché en regardant les images à la télévision. Ça me rend malade de voir tout ce qui se passe en Crimée maintenant. Staline a affamé l’Ukraine plus d’une fois. On parle quand même de plusieurs millions de morts. Ça me fend le cœur de penser qu’il y a sûrement des gens de ma famille parmi les victimes…

F.D. : Vous avez fêté vos 60 ans le 24 février dernier. Comment vivez-vous ce cap ?

P.B. : Je ne me sens pas du tout sexagénaire ! J’ai toutefois voulu marquer le coup en organisant une fête de trois jours. Ou plutôt trois fêtes différentes pour trois types d’invités. Le samedi, dans un restaurant très chic de Bruxelles, avec toute ma famille. Le lendemain, avec une centaine de « potes ». Et le dernier jour avec mes enfants [Lloyd, 34 ans, et Joy, 31 ans, ndlr]. Autant dire que j’ai fini sur les rotules, mais ça m’a quand même fait un bien fou d’être entouré de tous mes proches. Et puis, ça m’a rassuré. J’ai beau avoir 60 ans, je réalise que j’ai gardé une santé de fer.

F.D. : Quel est le secret de votre forme ?

P.B. : Je prends tout simplement soin de moi. Je m’entretiens pour être toujours au top sur scène. Je fais une demi-heure de gym chaque matin, je ne mange pas n’importe quoi et je ne bois quasiment pas d’alcool. Une coupe de champagne de temps en temps… Cela étant dit, je ne veux pas paraître éternellement jeune. J’ai gardé ma couleur de cheveux naturelle, je n’ai pas recours au Botox. Pour l’instant je n’en ressens pas le besoin. J’ai la chance d’avoir hérité de la peau de ma mère, une peau de Russe ! Tant que j’arrive à chanter en sautant partout sur scène, je me dis que tout va bien !

Philippe Callewaert

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