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"Pourquoi Nabilla doit rester en prison", selon le commissaire Vénère

Publié le 20 novembre 2014

Nabilla,
mise en examen pour
tentative d'homicide volontaire,
est toujours écrouée à la
maison d’arrêt de Versailles.
Un maintien en détention justifié
selon le commissaire Vénère.

"Pas de chance pour Nabilla Benattia, il n’y a plus de quartier VIP en région parisienne. Le seul existant était situé à la maison d’arrêt de la Santé, dans la Capitale, et a été vidé de ses pensionnaires depuis quelques mois en vue d’une rénovation.

Nabilla est donc soumise au régime normal de la détention provisoire, en cellule individuelle et sans contact réel avec les autres détenues. Ce régime carcéral est plus strict que pour les personnes condamnées car tout échange avec les autres protagonistes de l'affaire nuirait à l'enquête. La starlette peut voir régulièrement ses avocats. Et le juge d’instruction, comme le directeur de la prison, peuvent modifier le régime de détention à tout moment.

La qualification de tentative d’homicide volontaire fait suite aux faits qui se sont déroulés dans la nuit du 6 au 7 novembre derniers ayant entraîné les blessures au niveau du thorax par plusieurs coups de couteau de Thomas Vergara. Le parquet de Nanterre a également demandé une enquête pour des faits s’étant déroulés le 8 août dernier et ayant opposé Nabilla et Thomas à Coudoux (Bouches-du-Rhône). Ce dernier avait alors déjà été blessé dans le dos par arme blanche. Sa compagne serait l’auteur présumé de cette agression.

Encore actuellement, les avocats de Nabilla multiplient les déclarations contestant les faits qui lui sont reprochés et la qualification décidée par le juge d’instruction. Les services de police départementaux se sont retrouvés confrontés à plusieurs versions contradictoires des faits.

Nabilla a indiqué qu’elle et Thomas auraient été agressés par plusieurs individus alors qu’ils entraient à la résidence Aparthotel de Boulogne (Hauts-de-Seine). Une thèse mise à mal par la vidéosurveillance : aucun individu suspect n'a été repéré aux abords de la résidence. Nabilla et Thomas sont arrivés séparément à cet hôtel, sans aucun problème. Les faits se seraient donc produits dans leur appartement : plusieurs traces de sang de la victime y ont été relevées.

Le jeune homme a cependant, dans un premier temps, confirmé la version de l’agression extérieure, lui et sa compagne s’étant, à l’évidence, concertés pour minimiser les faits. Mais il est ensuite revenu sur ces propos. Nabilla a ensuite raconté que son compagnon, sous l’emprise de la cocaïne, s’était blessé lui-même avec un couteau. Ce que ce dernier a vivement contesté.

Elle a ensuite dit avoir été brutalisée par Thomas, avoir eu peur pour sa vie et réagi en état de  légitime défense. Problème : elle n’a aucune trace de violences et aucun certificat médical ne vient confirmer ses propos. Nabilla accuse enfin Thomas de ne pas savoir se contrôler.

Thomas et Nabilla

Plusieurs faits antérieurs plaident pourtant en défaveur de Nabilla. Elle a déjà eu affaire à la justice, alors qu’elle était mineure, dans une importante affaire d’escroqueries en 2009. En janvier 2013, elle se bagarre sur la voie publique à Miami, alors qu’elle est ivre, après avoir insulté gratuitement une passante, laquelle ne s’est pas laissé faire. En mai, elle insulte et crache sur un agent de la SNCF, parce qu’elle ne voulait pas respecter la file d’attente et voulait passer devant les autres clients. En septembre, elle se dispute avec Thomas dans un hôtel marseillais. Bilan : 1200 € de dégâts !  Sans oublier la blessure dans le dos de Thomas en août…
Les avocats de Nabilla estiment la mesure de détention provisoire disproportionnée. Cet avis n’engage qu’eux. En effet, même si Thomas Vergara ne dépose pas plainte ou ne se constitue pas partie civile (du moins pour l’instant), le Parquet a toute latitude pour engager les poursuites de sa propre initiative. Ce qu’il a fait. La plainte de la victime n’a aucune incidence sur les faits et sur leur qualification. La mesure de détention provisoire se justifie en droit, en raison du trouble à l’ordre public engendré par cette affaire. Il vaut mieux, dans l'immédiat, que Nabilla reste en prison. Elle a largement démontré qu’elle est susceptible de provoquer des troubles. Nous sommes pleinement dans ce qui justifie la détention provisoire. Elle est d'un an renouvelable mais la prévenue ne restera sûrement pas aussi longtemps derrière les barreaux. Trop de témoignages, d’interviews, aussi partiaux que contradictoires compliquent ce dossier.
Les multiples versions des intéressés, mais surtout de Nabilla, ont légitimement convaincu le juge d’instruction qu'un contrôle judiciaire avec une remise en liberté ne serait pas respecté. Il valait mieux interdire aux protagonistes de cette affaire de se voir ou de se parler et peut-être même d’en venir aux mains à nouveau. Le juge pourra ainsi statuer de manière plus sereine dans le calme de son cabinet, pour des faits aussi sérieux que ceux-là."

Philippe Vénère

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