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PPDA : Face au suicide !

Publié le 4 novembre 2011

Le journaliste souffre de mélancolie depuis sa plus tendre enfance. Dans un livre consacré à sa mère, PPDA révèle que ses tendances suicidaires sont un héritage familial.

À chaque épreuve traversée, chaque drame enduré, l'ex-présentateur du journal de TF1 a, depuis de nombreuses années maintenant, pris l'habitude d'exorciser ses tourments avec des mots. Grâce au héros de son premier roman, en partie autobiographique, Les enfants de l'aube , écrit en 1964 mais paru en 1982, PPDA levait ainsi le voile sur les affres d'une adolescence marquée par la douleur.

En 1993, il ressentait le besoin d'évoquer l'anorexie de sa fille Solenn dans Lettres à l'absente, avant de crier sa détresse, en 1995, dans Elle n'était pas d'ici, au lendemain du tragique suicide de cette enfant chérie.

Aujourd'hui, moins de quatre mois après le décès de Madeleine-France, 86 ans, sa mère disparue le 16 juillet dernier, il n'est donc pas vraiment étonnant de voir paraître chez Stock un nouvel ouvrage, intitulé L'expression des sentiments , signé par le journaliste dévasté par le chagrin, une fois de plus.

Au fil des pages de ce poignant hommage à sa chère maman, nous constatons que Patrick a toujours flirté avec le désir d'en finir. Une impression confirmée par ces propos qu'il a tenus au micro de RMC : « Quand vous souffrez trop, vous avez envie de disparaître, que ça s'arrête... »

->Voir aussi - PPDA : Son déchirant adieu à sa maman adorée !

Attraction

En parcourant ce bouleversant récit, nous découvrons avec stupéfaction que les tendances suicidaires de l'homme de télévision sont, en fait, une véritable histoire de famille.

On savait déjà qu'un soir de 1964, le jeune homme de 17 ans, malade de solitude et pensant que jamais personne ne l'aimerait, avait manqué d'en finir avec l'existence, avant de décider finalement de conjurer cette terrifiante attraction pour la mort en tuant son héros dans Les enfants de l'aube . « Suicider mon personnage, reconnaîtra-t-il dans Télé star , m'a probablement empêché de passer à l'acte. »

Dans L'expression des sentiments, le journaliste revient d'ailleurs en des termes imagés sur son enfance difficile : « Depuis mon plus jeune âge, j'ai eu l'impression de marcher avec un caillou dans ma chaussure, de marcher comme un crabe, de travers, à reculons. Je suis né avec ce mal-être... » Un mal-être sans doute renforcé par la présence autour de lui, parmi les siens, d'envies de mort bien trop pesantes.

Paradis

Ainsi, son grand-père maternel, s'il n'est jamais passé à l'acte, aura cependant couché ses idées les plus noires dans certaines lettres datées de 1916, que Patrick découvrira avec effroi. Marien, son arrière-grand-père maternel, se suicida.

« Comme tant d'autres dans cette lignée paysanne », écrit aujourd'hui PPDA. Cet aïeul fut imité par l'épouse de son oncle ou encore Dominique, le fils de sa marraine, qui mirent également fin à leurs jours, sans oublier Solenn. « Ma fille adorée a laissé un trou béant dans notre famille », déplore-t-il, inconsolable.

On comprend mieux pourquoi l'ombre du suicide plane depuis toujours au-dessus de Patrick, et pourquoi elle ne le quittera sans doute jamais. « Je me sens proche de tous ces petits frères ou petites sœurs de souffrance, écrit-il encore. Parfois, j'aimerais les rejoindre, au paradis des vies brisées [...]. Et puis je me retiens au bord du gouffre parce que je pense à la peine des rares êtres qui tiennent à moi. »

Espérons qu'avec ce nouvel ouvrage, Patrick parviendra à retrouver foi en l'existence. « Je l'aime, cette vie, confiait PPDA à Mireille Dumas. Elle peut même me révéler des choses encore magnifiques. Les feuilles peuvent reverdir. Après de tels drames, il peut y avoir de vrais bons moments, et ceux-là, on les savoure plus encore... »

Laura Valmont

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