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Prince Charles : Le roi écolo qui va secouer la couronne

Publié le 14 juin 2013

Tout est en place pour que le prince Charles monte très prochainement sur le trône, d'où il a bien l'intention d'étonner le monde par ses opinions... révolutionnaires !

C'est une révolution de palais qui se trame dans les coulisses de la monarchie anglaise ! Tout porte en effet à croire que la reine Elizabeth a passé la main à Charles, ce qui fait déjà grincer des dents au Royaume-Uni. Pour certains, celui que l'on surnomme le Prince vert n'est en effet qu'un dangereux révolutionnaire ! À 64 ans, le prince de Galles prend donc du galon. Une "promotion" qui a éclaté au grand jour le 8 mai 2013 lorsque Charles, en tenue d'apparat, flanqué - et c'est une première - de son épouse Camilla, a secondé sa mère lors de l'ouverture solennelle de la session du Parlement. Un signe qui ne trompe pas lorsqu'on sait que sa dernière apparition à cet événement remonte à dix-sept ans ! Autre signe révélateur : l'annonce par Buckingham Palace que Charles représenterait Elizabeth au prochain sommet du Commonwealth qui a eu lieu au Sri Lanka en novembre 2013. Une annonce qui a fait l'effet d'une bombe, car la souveraine n'avait encore jamais laissé personne lui voler cette prérogative.

Selon la presse anglaise, Charles est déjà considéré dans les hautes sphères comme le souverain en titre. Il rencontre régulièrement en tête à tête le Premier ministre et les chefs de parti et, surtout, il a désormais accès aux fameuses "boîtes rouges", les valises officielles qui contiennent des documents d'État ultrasecrets adressés à la reine. Les dignitaires étrangers ne s'y trompent pas. De passage à Londres, ils ne manquent pas de faire une visite de courtoisie à Clarence House, le palais de Charles.

Un futur monarque très concerné

Enfin, dernier indice de cette montée en grade, le dispositif de sécurité autour de son altesse royale a été renforcé. Le 16 mai, lors de sa visite à Stoke-on-Trent, dans les Midlands, l'équipe de policiers du Royalty Protection Department, reconnaissables à leur petit insigne rouge à la boutonnière, avait été sérieusement étoffée.

D'ailleurs, Charles semble avoir pris un coup de vieux. Le visage creusé de rides profondes, il se tient voûté, comme s'il ployait déjà sous le poids de la charge écrasante qu'il va désormais devoir assumer. Son futur règne s'annonce en effet en rupture avec la tradition incarnée par sa mère. Alors que cette dernière s'est appuyée sur l'armée, la religion et la noblesse, se tenant à l'écart des débats politiques, Charles n'a jamais caché qu'une fois sur le trône, il donnerait son avis sur les sujets qui lui tiennent à coeur.

Une cour et une bourse bien garnie

Il faut dire que, contrairement à Elizabeth, qui perçoit une liste civile, le futur monarque jouit d'une indépendance financière. Car Charles a hérité d'innombrables appartements à Londres et d'un immense domaine en Cornouailles qui lui rapporte plus de 15 millions d'euros par an. De plus, il peut asseoir son pouvoir sur sa cour de 140 personnes, ouvriers, secrétaires, femmes de chambre, valets, artisans et jardiniers, dévoués à His Royal Highness et sur lesquels il règne en maître absolu.

Ceux qui ont le malheur de déplaire à leur maître tombent vite en disgrâce ! "Charles est un patron très directif qui a des opinions très tranchées et souffre mal la contradiction", confie un proche au Daily Mail. Des opinions qui lui ont attiré les foudres des grandes corporations, architectes, pétroliers, médecins, prélats anglicans ou encore financiers de la City. Mais le prince a toujours refusé de pratiquer la langue de bois. Il se considère en effet comme un "dissident politique"  ! "J'aime jeter un pavé dans la mare et observer les remous avec l'espoir qu'il en sortira quelque chose de positif", se réjouit-il.

Un roi écolo 100% bio

Une tomate bio
Une tomate bio ©DR

Et Dieu sait s'il en a jeté, des pavés ! Écologiste convaincu, ce Prince vert qui parle à ses plants de tomate se bat depuis des années contre les OGM susceptibles, selon lui, "d'entraîner la pire catastrophe environnementale jamais encore survenue". Il lutte aussi contre la déforestation des zones tropicales humides, dont la disparition "menace gravement le développement durable". Mais son cheval de bataille reste l'agriculture bio. Sa ferme de Cornouailles abrite des espèces en voie de disparition, comme les brebis des Hébrides, les truies Tamworth ou encore les vaches Shetland, toutes soignées sans antibiotiques chez ce partisan des médecines alternatives.

"Son obsession maniaco-dépressive en faveur du bio, des énergies alternatives est plus adaptée au programme d'un député vert qu'à celui d'un héritier du trône", s'indigne le Daily Mail.

Modernisme et conservatisme

Ce n'est pas tout ! Dans l'Angleterre des campagnes, on lui reproche aussi son combat pour la réinsertion des jeunes délinquants grâce à sa fondation, le Prince's Trust, ainsi que sa défense de la société multiraciale. Un roi progressiste, ça ne court pas les rues ! Dans ce pays protestant, Charles a aussi choqué par son attirance pour le bouddhisme. Il est en effet le plus fervent défenseur du Tibet, et a reçu le dalaï-lama plusieurs fois chez lui à Londres.

Quant aux architectes, ils sont outrés par ses déclarations fracassantes sur l'urbanisme moderne. Récemment, Charles a fait campagne en vue d'empêcher l'architecte français Jean Nouvel de "dénaturer" la cathédrale Saint-Paul en construisant un immeuble de verre et d'acier derrière cet édifice. "De quoi se mêle-t-il ? Il n'y connaît rien en architecture", tempête un spécialiste.

Même tollé du côté des parlementaires depuis que l'on a découvert que le prince écrivait aux ministres pour leur donner son avis sur les projets de loi. "Quelle honte, c'est une grave entorse aux institutions, une dérive de la monarchie", s'indigne un membre du Parti travailliste.

Une indignation que ne partagent heureusement pas tous ses sujets : Charles a la cote au Royaume-Uni, et son épouse Camilla est désormais aimée des Britanniques. Une majorité des Anglais pensent aujourd'hui qu'il ferait un bon roi, à condition de ne plus jouer les provocateurs !

Catherine VENOT

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