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Quand les tatouages prennent de l’âge…

Publié le 15 décembre 2015

La rose gravée sur votre épaule finira par se faner. Faut-il s’inquiéter du vieillissement de nos tatouages ? Le point avec une dermatologue et deux témoins qui ne regrettent rien !

Depuis plusieurs années, le tatouage a le vent en poupe, y compris chez les people. En témoignent les peaux de Laure et Florent Manaudou, David Beckham, Johnny Depp, Kate Moss, Rihanna…

Vous avez franchi le pas ou êtes en passe de le faire ? La question qui se pose à vous – ou à votre entourage – est : comment ce tatouage va-t-il vieillir ? Risquez-vous de regretter un jour votre papillon gravé sur la fesse ?

Voici la réponse d’une dermatologue et ses astuces pour prolonger la beauté de ces ornements.

Isabelle CatoniNOTRE EXPERTE

”Certaines parties du corps vieillissent moins bien que d’autres. L’omoplate et la cheville sont des valeurs sûres pour se faire tatouer.”
Le Dr Isabelle Catoni,
dermatologue,
membre du Syndicat national des dermatologues.

Se protéger du soleil et bien hydrater sa peau

« Pour éviter le vieillissement accéléré de l’épiderme et donc du tatouage, il faut se protéger la peau avec une crème solaire (écran total, indice SPF 50 et +), porter un vêtement couvrant et rester à l’ombre, recommande le Dr Isabelle Catoni, dermatologue. Quand on a un tatouage, c’est pour le montrer, mais mieux vaut éviter les coups de soleil. Sinon leur couleur risque de s’estomper avec le temps, du moins pour ceux réalisés il y a une vingtaine d’années. Pour les encres plus récentes, seul l’avenir nous le dira ! »

Par ailleurs, appliquer quotidiennement une crème hydratante permet de lutter contre la sécheresse cutanée, la desquamation et contribue à prolonger la beauté du tatouage.

Quelles parties du corps privilégier ?

« Un tatouage peut être joli sur une jeune femme, mais se dégrader au fil du temps », note la dermatologue. « Certaines parties du corps vieillissent moins bien que d’autres : chez les femmes, il s’agit des seins, du ventre, des cuisses et des fesses, et, chez les hommes, du ventre et des fesses. » Ces zones sont donc à éviter.

À l’inverse, « la cheville, l’omoplate et, chez l’homme, le deltoïde, vieillissent bien et sont donc à privilégier. »

Le “détatouage” en ultime recours

Et si rien ne va plus, qu’on n’aime plus son tatouage, qu’on le regrette, il ne reste plus qu’à se faire « détatouer » (voir encadré). Si cette technique est efficace dans la plupart des cas, elle ne fonctionne néanmoins pas pour tous les tatouages. Tout dépend de l’encre utilisée et de la quantité injectée. Mieux vaut donc réfléchir à deux fois avant de se faire incruster une hirondelle sur le bras…

Dos3 QUESTIONS AU Dr ISABELLE CATONI

1 - Quelles sont les techniques de “détatouage” ?

Nous utilisons principalement le laser Q-Switched, qui envoie un puissant faisceau de photons en un temps extrêmement court (nanosecondes). Il permet d’exploser les grosses particules de pigments injectées dans la peau afin de les transformer en poudre fine que les « éboueurs » de notre organisme, les cellules macrophages, pourront alors éliminer.

Il existe trois types de lasers Q-Switched, choisis en fonction de la couleur des encres à détruire :
- le Nd: Yag Q-Switched efface le noir, le marron, le bleu foncé et le rouge ;
- l’Alexandrite Q-Switched fait disparaître le noir, le marron, certains verts, certains bleus et certains violets ;
- le Q-Switched Ruby, lui, gomme le noir, certains jaunes, certains verts et certains rouges et orangés.

2 - Sont-elles douloureuses ? Quelle est leur efficacité ?

Oui, c’est assez douloureux, plus qu’une séance de tatouage, mais la souffrance peut être atténuée par l’application d’une crème anesthésiante avant l’utilisation du laser. Côté efficacité, certaines couleurs (blanc, fluorescent) ne s’effaceront jamais, tout comme certains tatouages laqués.

3 - Combien coûte une séance ? Existe-t-il des contre-indications et effets secondaires ?

Une à dix séances, voire davantage, sont nécessaires selon le nombre de couches d’encre utilisées. Il faut compter entre 50 et 300 € la séance (non remboursée par la Sécurité sociale), selon l’étendue du dessin. Elles doivent être espacées de deux mois et réalisées sur une peau non bronzée.

TEMOIGNAGES

Alain“Cela me plairait de les faire recouvrir avec des nouveaux”
Alain, 67 ans, Ingré (45)
« à17 ans, en 1965, j’ai eu mes premiers tatouages. À l’époque, les salons de tatouages n’existaient pas. Ce n’était pas très à la mode. Donc je me les suis faits moi-même : un petit cœur avec le nom de Sylvie sur l’avant-bras gauche et une épée avec un serpent, également sur l’avant-bras, au-dessus du cœur. Puis, chez le tout premier tatoueur de Paris, celui des stars, Bruno, à Pigalle, je me suis fait graver sur l’avant-bras droit un gros aigle coloré. Je n’avais peur de rien ! Aujourd’hui, si je n’ai aucun regret, il faut avouer que ça vieillit mal : la peau change, surtout si on s’est beaucoup exposé au soleil, les couleurs s’estompent (elles durent une quinzaine d’années). Parfois, cela me plairait de faire recouvrir mes anciens tatouages par des nouveaux. C’est faisable, mais j’ai passé l’âge ! »

Sylvie“Si c’était à refaire, je recommencerais !”
Sylvie, 63 ans, Ingré (45)
« J’ai commencé à 18 ans. C’est Alain, mon mari (lire ci-dessus) qui a réalisé les premiers avec des aiguilles trempées dans l’encre de Chine, puis au dermographe. J’en ai cinq : un tour de cheville composé de petites fleurs et d’une hirondelle, des roses jaunes et rouges sur une cuisse, un petit fantôme avec une cape noire et des yeux rouges sur une fesse, un colibri qui pompe le nectar d’une fleur d’hibiscus sur l’épaule gauche et, sur la poitrine, les lettres C et S, initiales des prénoms de mes petits-enfants, Cloé et Sullian. Les couleurs sont davantage passées sur l’épaule et les régions du corps les plus exposées au soleil. Certes, mes tatouages ont vieilli, les traits ont épaissi car la peau se relâche avec le temps. Mais je n’ai aucun regret, cela ne m’effrayait pas au départ, et si c’était à refaire, je recommencerais ! »

Florence Heimburger

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