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Renaud : En septembre, il allait mourir !

Publié le 31 mai 2016

Alors qu'il est aujourd'hui debout, plus que jamais présent dans les bacs et les librairies, Renaud confie dans son autobiographie* qu'au mois de septembre dernier, il était en danger de mort imminente.

Début août 2015. Loin des feux de la rampe depuis des années, Renaud est encore sous l'emprise totale de Mister Renard. Alcool, dépression, anxiété : pas un des maux qui le harcèlent depuis des années ne lui laisse de repos. A l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, où il tente de se ressourcer, ses journées passent. Embrumé, hébété, mutique, le chanteur désespère ceux qui l'aiment. Entre tabac et pastis, il s'alimente peu et peine à tenir debout. Son ami Bloodi, qui fait office de garde du corps et de majordome lui confie aujourd'hui : "C'était vraiment dur de te voir comme ça. Parfois, la pensée me traversait que tu allais finir par mourir." Il ne croit pas si bien dire...

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Quelques semaines plus tard, toujours en aussi mauvais forme physique, Renaud a un déclic. C'est le chanteur Grand Corps Malade qui le provoque. Le slameur est venu à la rencontre de l'artiste en pleine déchéance pour lui proposer de chanter une chanson sur son album. Une embellie se fait jour. Elle passe par l'écriture, celle d'un nouvel album ! Les premières phrases du chanteur renaissant seront pour son fils Malone. Elles façonneront "Ta batterie", avant dernier morceau de "Toujours debout".

En attendant, Renaud est toujours couché, ou presque. Fin août, alors qu'il commence l'enregistrement de son nouveau disque à Bruxelles, il est convié à Paris par la ministre Najat Vallaud-Belkacem afin de se voir décerner la Médaille d'or de la francophonie. Un autre très proche du chanteur, Pierrot, interrogé dans "Comme un enfant perdu" se souvient: "C'était l'époque ou ta famille, Dominique, Lolita et Romane, te suppliait de te faire soigner pour arrêter de boire, avant d'entreprendre quoi que ce soit. Elles étaient terriblement inquiètes pour toi." Perdu dans une totale paranoïa et au prise avec d'effroyables confusions mentales, Renaud, convaincu depuis des années qu'il est traqué par le KGB et les communistes cubains estime qu'on veut l'empêcher de repartir à Bruxelles enregistrer son disque alors que ses proches tentent de le sauver. Son ex-femme Dominique prend rendez-vous avec un addictologue. Renaud ne veut rien entendre. Il repart en Belgique.

En fin de compte, c'est un médecin belge qui va parvenir à convaincre le chanteur et le faire admettre dans une clinique privée. Nous sommes le 21 septembre. Un vrai "réflexe de survie" aux dire de son ami bloody. Dans sa chambre avec un petit balcon, il est content de pouvoir tenir sa cigarette dans une main, et sa perfusion dans l'autre. Il ne sait pas encore que son état est critique.

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Les premiers examens révèlent un taux de potassium "catastrophique". Les médecins expliquent à leur célèbre patient qu'il aurait suffit de quelques jours supplémentaires de ce régime suicidaire pour le tuer. Bonne nouvelle pour lui en revanche : son foie, ses poumons et son cerveau, martyrisés par ses accoutumances, sont intacts. Un miracle... aussitôt suivi d'un autre : trois semaines plus tard, Renaud quitte la clinique. Il ne boit plus, il est debout, toujours !

Cyril Bousquet

Renaud Séchan, Comme un enfant perdu, autobiographie, XO éditions.

https://www.youtube.com/watch?v=uv37yxc51bE

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