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Richard Anconina : "Être comédien, c'est douloureux !"

Publié le 17 juillet 2009

Richard Anconina, L'acteur révélé par Tchao Pantin a provisoirement quitté les plateaux de tournage pour doubler un dessin animé.

La voix de Volt, le héros du prochain Walt Disney, qui sort le 4 août prochain en DVD, c'est lui. Richard Anconina, la cinquantaine apaisée, revient, pour les lecteurs de France Dimanche , sur cette expérience étonnante. Il évoque également son riche parcours de comédien...

France Dimanche : Comment êtes-vous arrivé sur le doublage de Volt ?
Richard Anconina : J'ai été contacté par Disney qui cherchait une voix qui colle au profil de Volt. La voix devait être douce, pas agressive, tendre. J'ai été choisi. J'ai adoré, même si c'était très difficile, surtout de travailler sans mon corps. Il fallait jouer sur des modulations, et surtout, bien regarder le dessin et les yeux du personnage.

F.D. : Y a-t-il des rôles que vous aimez interpréter plus particulièrement ?
R.A. : Tous ! Sauf peut-être ceux des films romantiques. Je ne sais pas faire ça. Les grandes phrases, ça me saoule très vite.

F.D. : Vous n'êtes donc pas un romantique ?
R. A. : Dans ma vie, si ! Mais pas à l'écran !

F.D. : Comment faites-vous , quand vous tournez, si vous ne voulez pas montrer votre côté sensible ? Cela ne doit pas être simple...
R.A. : J'essaie de mettre de côté ma pudeur. Je m'appuie sur un texte, sur un personnage dans la peau duquel je me mets. Je ne me sens pas en danger. Je me mets dans la scène et je joue pour la caméra. J'essaie de libérer un espace devant moi, afin qu'il n'y ait personne dans mon champ de vision, en train de me regarder...

F.D .: La profession de comédien est un métier qui vous apporte beaucoup de joies ? 
R. A. : Des joies, c'est sûr, mais aussi beaucoup de doutes ! On vous choisit, on vous rechoisit, beaucoup, un peu moins, puis plus du tout... Il faut être très costaud pour avoir une vie sereine. On n'est pas maître de sa carrière. En plus, il faut gérer son apparence. On vieillit. Je joue un jeune mec dans Tchao Pantin , puis un papa d'enfant de 7 ans, puis d'enfants de 18... Garder ses cheveux, les perdre, grossir, ou pas, passer la cinquantaine : autant d'étapes qui surviennent comme des petits accouchements, et comme tout accouchement, c'est douloureux. Mais au final, ces questionnements rendent plus fort.

F.D. : Ce métier vous a permis d'approcher des personnes inoubliables, comme Coluche ou Belmondo...
R.A. : Oui, ce sont des moments dont on se souvient toute sa vie. Vous avez devant vous quelqu'un que vous admirez, et vous allez jouer avec lui. Tourner avec Coluche ou Belmondo, c'est comme jouer au foot avec Zidane... Mais si on fait appel à vous, c'est aussi parce que vous savez jouer.

F.D. : Autre grande rencontre , De Niro...
R.A. : J'étais jeune. Un soir, je vais dîner chez des amis, on est huit à table, et il y a De Niro. Je n'ai pas parlé du repas. J'écoutais, je profitais. Au moment des au revoir, je lui tends la main, et il ne me tend pas la sienne... J'ai eu l'impression que ça durait une éternité. Ma main tendue, seule. En fait, il a fait un pas, et puis il m'a serré dans ses bras. J'ai pris la porte, l'ascenseur. Et dans la rue, impossible de retrouver ma voiture. Je n'arrêtais pas de revivre la scène.

F.D. : Vous vivez caché ?
R.A .: Non, je fais mes courses, je n'ai pas de chauffeur, je ne porte pas de lunettes noires. Je ne pourrais pas vivre comme ça. Certes, on m'aborde tout le temps dans la rue, mais ça fait partie du jeu. Après, c'est sûr que je ne vais pas à un concert ou voir un match de foot tout seul. Ça, ce n'est pas possible.

F.D. : En dehors de votre métier , que faites-vous ?
R.A. : Je fais du vélo. Ça m'apporte un apaisement global. Là, je me suis acheté un très beau vélo de route, et j'ai franchi un cap. Je fais 60 ou 70 km tous les jours...

Cyril BOUSQUET

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