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Richard Bohringer : " La mort n'a pas voulu de moi !"

Publié le 10 septembre 2010

De son hospitalisation l'été dernier, l'acteur Richard Bohringer a tiré un récit enfiévré. Cette vision hallucinée du monde des malades est aussi une ode à la vie.

Aumois, août 2009, il nous a fait une sacrée frayeur ! Alors que Richard Bohringer se reposait dans sa maison familiale à Hyères, dans le Var, il a étrangement disparu...

Fatigué par l'hépatite C dont il souffre depuis deux ans, il venait d'avaler les médicaments prescrits par les médecins lorsqu'il s'est égaré au cours d'une promenade. Rapidement, un dispositif de recherche a été mis en place, mais la nuit est tombée avant que l'on ne retrouve sa trace.

Et puis, au petit matin, dans une zone marécageuse, un promeneur a trouvé l'acteur, à moitié inconscient. Hébété, déshydraté, Richard a aussitôt été conduit à l'hôpital.

C'est là qu'il a commencé l'écriture de Traîne pas trop sous la pluie, sorti chez Flammarion ce 15 septembre. Un récit enfiévré sur l'établissement hospitalier où il a été emmené, une vision hallucinée du monde des malades qui se révèle être une ode à la vie. De sa plume qui virevolte, Bohringer nous présente les infirmières, les docteurs, mais aussi ses amis, ceux, nombreux hélas, qui sont déjà « montés dans l'aéronef ».

« L'aéronef » : la mort qui, comme un planeur, rôderait au-dessus de son lit, revient souvent. « Est-ce que tu m'aimes encore, le corps ?» demande le malade à sa carcasse. Il poursuit : « Je veux rester dans le ring. Je veux rester vivant. »

->Voir aussi - Richard Bohringer : Rattrapé par un mal atroce !

Parfois, dans l'océan de ses divagations, surgit une bouée à laquelle le lecteur peut se raccrocher. Isabelle, sa femme, qui passe lui rendre visite. Des souvenirs où s'entrechoquent, pêle-mêle, sa « mamie », l'Afrique, son père allemand, sa mère, des questions sur son métier ou des considérations sur sa maladie.

« L'hépatite C me bouffe le foie. Le cancer me bouffe le nez. [...] J'ai appelé la mort plus tard. Malgré la came, l'alcool. Elle ne voulait pas de moi. »

Richard Bohringer pense à ceux qu'elle a emportés. Philippe Léotard, Roland Blanche, Nougaro et Bernard Giraudeau, qui vient de les rejoindre.

Tous les soirs, avant de s'endormir, l'artiste s'adresse à son ami, disparu au mois de juillet. Un homme dont il honore la mémoire en lui dédiant la postface du livre, tout en repensant à ce qu'il lui disait souvent : « Calme-toi, Richard. Calme-toi ! »

Cyril Bousquet

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