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Richard Branson : Cet homme va sauver le monde

Publié le 16 janvier 2018

Le milliardaire anglais Richard Branson, patron de Virgin, fourmille de projets révolutionnaires et a les moyens de les réaliser.

L’argent peut beaucoup, mais il ne peut pas tout. Voilà une phrase que le milliardaire anglais Richard Branson, créateur et patron des nombreuses entreprises du groupe Virgin, a eu l’occasion de méditer, en septembre dernier, lorsque, durant d’interminables heures, il s’est retrouvé enfermé avec quelques dizaines de ses employés dans une cave en béton, tandis que, au dehors, les éléments en furie ravageaient absolument tout, menaçant même dangereusement l’abri où ces hommes s’étaient réfugiés.

Ce jour-là, alors que l’ouragan Irma dévastait son petit paradis des Caraïbes, Richard Branson a compris que ses milliards ne lui servaient à rien, qu’il était aussi impuissant qu’un nourrisson face à la colère du ciel et des eaux.

Seulement, l’ouragan a fini par passer. Et, tout de suite après, cet homme étonnant, hors normes, s’est redressé au milieu des ruines et a décidé de mettre ses milliards au service de l’humanité entière et de la planète qui l’héberge. Qu’on se le dise : cet entrepreneur, qui est le contraire d’un fou, est déterminé à révolutionner notre monde, à en bâtir un complètement nouveau pour nos enfants !

À coups de projets dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils « décoiffent grave » ; des projets qui pourraient sembler des utopies, mais que son intelligence renforcée par ses milliards lui donnent les moyens de réaliser.

“Décarboner”

Par exemple, il s’est demandé comment mettre fin au massacre des animaux de boucherie qui nourrissent des humains toujours plus nombreux. Il a trouvé la solution : il suffit de cultiver la viande comme des céréales ! « Nous avons investi dans une société appelée Memphis Meats pour “faire pousser” de la viande à partir de prélèvements, révélait-il la semaine dernière dans Paris Match. Peut-être que, d’ici à vingt ans, les gens mangeront de la viande de culture, qui aura poussé dans un laboratoire, plutôt que de tuer des animaux. Il s’agit aussi de lutter contre la déforestation causée par l’élevage.

Et puis il y a Beyond Meat, une société qui “fabrique” de la viande : ça en a le goût mais, en fait, il s’agit de légumes. Je me suis amusé à en servir à des amis, personne ne s’en est aperçu. Vous voyez : les entrepreneurs sont tout à fait capables de sauver la planète ! »

Sauver la planète : tel est le grand combat de Richard Branson. C’est pourquoi il se bat comme un diable en faveur des énergies dites « propres ». Cela pourrait sembler paradoxal, de la part d’un homme qui est créateur et propriétaire… d’une compagnie aérienne !

Mais justement : « Nous avons investi dans une société, LanzaTech, pour chercher comment transformer en carburant les émanations des cheminées des usines d’aluminium, dit encore le patron de Virgin. La moitié environ de ce qu’on utilise actuellement pourrait relever de l’énergie recyclée. Un jour, les avions traverseront l’Atlantique avec un moteur électrique. Alors, oui, je crois que la technologie sauvera la planète. Nous avons créé un prix, le Virgin Earth Challenge, doté de 25 millions de dollars, afin de récompenser ceux qui parviendront à “décarboner” l’atmosphère.

Nous avons déjà dix finalistes. Pour l’instant, leurs projets sont encore trop chers. Mais ce sera bientôt possible. » Jusque-là, le fameux « homme de la rue » – vous ou moi, en somme – arrive encore à se le représenter cet avenir proche, à en croire Richard Branson. Mais certains de ses nombreux projets nous font carrément basculer dans la science-fiction ! On se dit alors que l’Anglais n’est sans doute qu’un rêveur un peu fumeux…

Futuriste

Mais voyons : ce « rêveur » a bâti à partir de rien une fortune colossale, il ne cesse de créer de nouvelles entreprises qui marchent. Comment un tel homme pourrait-il accepter d’investir des centaines de millions d’euros dans des chimères ?

Cela dit, certaines des idées sur lesquelles ses équipes travaillent donnent l’impression de se retrouver dans Star Trek. Comme, par exemple : « Le premier Virgin Hyperloop – qui permettra de voyager plus rapidement qu’en avion, en lévitation dans un tunnel – devrait voir le jour au Moyen-Orient. Nous parlons aussi d’en construire un entre Los Angeles et Las Vegas, où nous avons déjà un grand tunnel nous permettant de faire des tests. Ces derniers sont très positifs.

L’Hyperloop est moins cher à construire qu’une ligne ferroviaire, et plus rapide. Il pourrait permettre de transporter d’énormes quantités de marchandises. Prenez les ports, par exemple. On pourrait bâtir de petites îles, au large, avec des tunnels d’où l’on ressortirait de façon quasi instantanée. Les camions viendraient y charger et décharger. Les ports pourraient alors être transformés en zones d’habitation, avec de belles maisons, des hôtels… Nous discutons aussi d’un projet de Virgin Hyperloop de près de 5 000 kilomètres, pour aller de la Chine à Moscou. »

Comme on le comprend vite, les projets de Richard Branson, pour fous qu’ils paraissent, ont toujours une grande cohérence : il s’agit constamment de dépolluer la planète, de lutter contre ce réchauffement climatique dont on nous brandit chaque jour la menace. C’est bien dans ce sens que va aussi ce stupéfiant Hyperloop qui, Branson nous l’assure, nous permettra de nous déplacer par simple lévitation, à des vitesses records, en dépensant un minimum d’énergie « sale ».

Certains hausseront les épaules et soupireront : « C’est bien beau, tout cela, ces projets grandioses et futuristes. Mais votre milliardaire ferait mieux de s’occuper d’améliorer la vie des gens d’aujourd’hui, et notamment des plus démunis… » Eh bien, il le fait aussi ! Par l’intermédiaire de l’une des sociétés qu’il a créées, Virgin Orbit. Mais rendons-lui la parole : « L’idée est d’envoyer 2 000 satellites autour de la Terre pour le compte de OneWeb. Il s’agit d’offrir une connexion Internet aux quatre milliards de personnes qui en sont encore privées.

Ces deux sociétés seront opérationnelles l’année prochaine. La préparation a été longue, mais nous y sommes presque. Pour ce qui est des voyages dans l’espace, après notre accident dramatique il y a trois ans, nous sommes à nouveau prêts pour un premier vol de huit à dix semaines en dehors de l’atmosphère terrestre. »Richard Branson, l’homme qui construit le monde de demain, le milliardaire dont les rêves deviennent réalité.

Didier BALBEC

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