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Richy : “Je vis comme Johnny Hallyday !”

Publié le 17 novembre 2018

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En exclusivité, Richy, le sosie officiel de Johnny Hallyday, s’est confié à “France Dimanche”…

Dans sa maison près de Montpellier, il nous reçoit avec sa compagne Mélissa, dans l’un des rares moments de répit que lui laisse un agenda digne d’un ministre. Richy ressuscite Johnny Hallyday, soir après soir, sur les scènes de France. Dans cet exercice, il est l’un des plus réputés. Une identification qui semble dépasser le cadre de l’activité professionnelle.


France Dimanche : Comment tout cela a-t-il commencé ?
Richy : J’ai plus de 60 ans, et je suis tombé dedans à l’âge de 11 ans. À l’époque, il n’existait qu’une seule chaîne de télé. D’un côté, on avait Tino Rossi et son Petit Papa Noël. De l’autre, Johnny, 17 ans, chantait ce rock’n’roll venu « des Amériques » et avait toutes les filles à ses pieds. À l’adolescence, on avait vite choisi son camp.

FD : À quel moment est-ce devenu un métier ?
R : Je suis musicien depuis toujours, et comme tout artiste qui se respecte, on fait 36 métiers, 36 misères. Donc j’ai un peu tout fait dans ma vie. Beaucoup de scène, beaucoup d’orchestres de bal. On me disait : « Tu ressembles à Johnny » ; « Tu as la voix de Johnny, pourquoi tu ne montes pas un show ? » Et je répondais à chaque fois : « Il y en a un qui le fait très bien, il s’appelle Johnny Hallyday. » Et puis, à force, j’en ai eu assez du bal, avec les gars qui se bagarrent devant la scène, alors je me suis décidé. Je suis entré en studio pour faire des bandes-son, et j’ai démarré dans le bar d’un pote. Je lui ai dit : « Ne me paye pas, je fais un spectacle Johnny, pour tester. » Et finalement, il a été obligé d’appeler les policiers municipaux pour faire la circulation tellement c’était blindé de monde. À partir de là, ça a démarré. C’était fin 1992.

FD : Votre ressemblance est-elle à la fois vocale et physique ?
R : Absolument. J’avais les traits de Johnny depuis tout jeune. Et comme j’étais un fan absolu, je faisais tout pour lui ressembler. Je prenais le manche à balai et je chantais devant le miroir de mon armoire, dans ma chambre. Je l’imitais, comme lui-même le faisait avec Elvis Presley. Elvis a été le maître, Johnny le très, très bon élève, et moi je suis loin derrière, mais j’ai fait mon petit bonhomme de chemin.

FD : Avez-vous toujours adopté son look, au fil du temps et des modes ?
R : Non, sur scène, je ne l’ai jamais copié. Je n’avais pas envie d’avoir des costumes « en papier », mal cousus ou mal coupés. J’ai préféré être toujours en noir, veste, chemise et pantalon noirs. Comme Johnny les dix ou quinze dernières années. Bon, c’est vrai que dans les années 70, la période hippie, on était dedans : les cheveux longs, les vestes de treillis avec le signe peace and love dans le dos.

FD : Cette identification dépasse-t-elle le cadre artistique ? Dans votre vie, vous suivez aussi votre modèle ?
R : Pas du tout. Tout ce que je fais dans ma vie est naturel, spontané et personnel. Mais comme me l’a dit un jour Camus, son producteur : « Tu vis exactement comme lui ! » À mon niveau, bien sûr. C’est-à-dire que j’adore les Harley, je suis un biker depuis toujours, mais ce n’est pas pour l’imiter. J’ai une Ferrari, mais pas pour faire comme lui. Si j’ai une très jolie jeune femme blonde, c’est une heureuse coïncidence. C’est comme ça, c’est tout. Ce sont les hasards de la vie. Mais il m’aimait bien.

FD : Vous l’avez croisé à plusieurs reprises ?
R : Oui. Une bonne vingtaine de fois. On s’est parlé. Il me disait : « T’es le meilleur pour m’imiter, tu fais du bon taf. Tous les autres me singent, ils font de la caricature, ça ne vaut rien. » Il disait peut-être ça aux autres aussi, je n’en sais rien ! Il n’est jamais venu me voir en spectacle, mais on lui a raconté. On a chanté ensemble, uniquement en privé. Chez les parents de Læticia. J’ai joué avec certains de ses musiciens, avec Nono [Norbert Krief, guitariste, ndlr], avec Érick Bamy [doublure sur scène de Johnny, ndlr], donc ils lui ont dit ce que je faisais. Et puis son beau-père m’a affirmé : « Tu sais, Johnny t’apprécie beaucoup. » Mais Johnny ne disait pas les choses. Il les faisait dire par les autres.

FD : Comment s’est passée votre première rencontre avec lui ?
R : C’était vraiment le fait du hasard, à Cannes, où j’habitais alors. J’allais présenter mon premier album à l’attaché de presse de Michel Drucker. Johnny devait passer à l’ancien Palais des festivals, sur la Croisette. Apprenant que Drucker était là pour préparer une émission, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allé voir son attaché de presse pour lui remettre mon disque. Et en sortant du bureau, je tombe nez à nez avec Johnny ! J’étais comme une feuille morte qui va tomber de l’arbre. Je tremblais de partout. J’avais l’impression d’avoir pris un trente-huit tonnes dans la figure, j’étais tellement fan de ce mec depuis toujours. Ce jour-là, on a fait une photo ensemble. Et aujourd’hui, j’ai perdu une partie de ma vie…

FD : Sa mort a-t-elle modifié la perception de votre public ?
R : J’avais déjà la chance et le privilège de travailler beaucoup, mais depuis qu’il est parti, je croule sous les contrats. C’est le même public, mais son attitude a changé. Après les galas, il y a beaucoup de gens qui viennent me voir pour me dire : « Richy, c’était génial, vous m’avez fait pleurer. » Des mots que je n’entendais jamais avant. Des gros bikers de 120 kg, tatoués jusque sur le crâne, viennent me dire ça.

FD : Près d’un an après, la ferveur continue ?
R : Quarante ans après la mort de Claude François, on lui rend encore des hommages, et il n’a eu qu’une quinzaine d’années de carrière. Johnny, c’est presque soixante ans de carrière, alors ce n’est pas près de s’arrêter ! Mon agenda 2018 est bouclé depuis longtemps, et pour 2019, ça rentre bien. Je vais devoir m’organiser différemment. J’ai fait trop de route, et la route, ça fatigue plus que la scène. Quand tu fais Nice-Mulhouse-Quimper-Montpellier, avec trois concerts en trois jours, tu rentres et tu te jettes sur ton canapé. Là, tu l’aimes, ton canapé. Cet été, c’était vraiment de la folie. J’ai fait jusqu’à quatre soirées d’affilée, sans repos, avec deux heures de scène. Ta voix, elle morfle. Hallyday, c’est pas Carla Bruni, faut envoyer !

FD : Votre répertoire a-t-il évolué ?
R : Non, je reprends toujours les mêmes standards, les chansons que les gens aiment chanter avec moi. Et qui sont celles que j’apprécie aussi, bien sûr. Les classiques, quoi, du Pénitencier à Allumer le feu. Mais depuis huit mois, je ne chante plus Laura [rires] ! Je suis très content, mon métier me ravit. J’ai la chance, le privilège et l’honneur d’avoir énormément de fans de Johnny qui me suivent, et je tiens à le spécifier, surtout qu’en ce moment, il y a des guéguerres.

FD : Votre compagne est un soutien solide ?
R : Avec Mélissa, on se connaissait depuis longtemps, et puis un jour, elle s’est séparée de son conjoint, ce qui a fait mes affaires. J’ai beaucoup de chance de l’avoir. Je suis très épanoui. Je suis sur scène, là où j’ai toujours rêvé d’être. D’accord, je ne chante pas des chansons à moi, mais si je le faisais, de toute façon, entre le blues et le rock, ça ressemblerait beaucoup au répertoire d’Hallyday, puisque j’ai été élevé dans cette même culture. Je suis heureux, j’ai une jolie femme, tout ce qu’il me faut, et j’ai même le fisc au cul !

Juan GUZMAN

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