France Dimanche > Actualités > Rika Zaraï : Elle règle ses comptes !

Actualités

Rika Zaraï : Elle règle ses comptes !

Publié le 17 avril 2020

.photos:bestimage
© BESTIMAGE Rika Zaraï

Douze ans après son AVC, Rika Zaraï, 82 ans, profite de son grand retour à la télévision pour clouer le bec à ses détracteurs.

Ceux qui l’enterraient un peu trop vite en ont été pour leurs frais ! À 82 ans, la chanteuse israélienne Rika Zaraï a fait son grand retour à la télévision, sur la chaîne Melody. Douze ans après avoir été terrassée par un terrible AVC qui l’avait laissée paralysée du côté gauche, elle a offert, le 26 mars dernier, plus flamboyante que jamais, une sacrée leçon de courage aux téléspectateurs rassemblés devant l’émission Micro Miroir

Et de la volonté, il lui en a fallu des tonnes pour surmonter cet accident cardio­vasculaire dramatique qui aurait pu la laisser handicapée à vie. Lorsqu’un tel événement survient sans crier gare, chaque minute compte. Devant l’apparition d’un signe suspect, comme des troubles du langage ou la paralysie d’un membre ou d’un côté, il faut aussitôt appeler les secours, comme l’a fait l’époux de la chanteuse en ce maudit 3 juin 2008. Ce soir-là, Rika s’affaire dans sa cuisine pendant que son mari regarde la télévision dans le salon. Soudain, elle commence à sentir sa main gauche engourdie, avant de s’effondrer à demi-paralysée sur le carrelage ! 


Malgré la panique, son compagnon appelle immédiatement le cardiologue qui la suit depuis plusieurs années. Celui-ci décide d’envoyer les secours pour la faire transférer à l’hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière. Sur place, le verdict effroyable tombe : AVC. Rika s’en sort de justesse et ce n’est qu’au prix d’une longue rééducation qu’elle parvient, peu à peu, à réapprendre les simples gestes du quotidien. Mais tout cela est derrière elle à présent. Tel le phénix, elle renaît de ses cendres. « J’ai encore beaucoup de difficultés à marcher, je me console en me disant que j’ai retrouvé ma tête », déclarait-elle il y a quelques mois, bien résolue à ne rien lâcher. Aujourd’hui, la chanteuse de 82 ans a récupéré la forme et surtout sa voix, notamment grâce à des séances d’orthophonie. Mais que le chemin fut long et difficile… Quand elle est remontée sur scène, le 3 février dernier, aux Folies Bergère, aux côtés de Raphaël Mezrahi pour la « Nuit de la déprime », elle a ému son public en reprenant ses plus grands succès. 

Puis elle a reçu Christophe Daniel, de la chaîne Melody, dans son duplex de l’ouest parisien. Et elle n’a rien perdu de son mordant ni de son humour, comme le prouve cette entrevue « punchy » ! Le brushing impeccable, rehaussé par des mèches rouges, les ongles écarlates et le visage maquillé avec soin, plus coquette que jamais, la star a envoyé un message à ceux qui en doutaient : elle n’a pas l’intention de raccrocher ! Qu’on la confonde avec Linda de Suza ou Régine, avec laquelle elle partage un goût prononcé pour les cheveux auburn, comme l’a montré le micro-trottoir réalisé par le journaliste, ça l’a fait plutôt marrer : « D’habitude, on me confond avec Sheila, même si je n’ai jamais eu de couettes. Linda de Suza, c’est parce qu’on a toutes les deux connu des grands succès d’édition. Régine, par contre, on ne me l’a jamais dit… » 

Puis, place à l’offensive : l’interprète du Casatchok, son immense tube de 1969, ne supporte pas de se voir reléguée au rang de simple chanteuse de variétés : « Des chansons comme Sans chemise, sans pantalon ne sont certes pas du Arthur Schopenhauer, mais elles donnent la pêche. Si une chanson peut faire ça, c’est une très grande chanson », a-t-elle balancé avec fougue. Un poil cabotine, elle en a aussi profité pour se faire un peu mousser rappelant qu’en 1961 à l’Olympia, alors qu’elle n’est encore en France qu’une inconnue, elle s’est produite en première partie de Jacques Brel. « Nous avions le même imprésario, a-t-elle confié, pas peu fière de son petit effet. C’était la première fois de ma vie que je chantais avec une grande vedette francophone. » Et comme pour prouver que son cerveau fonctionne encore à plein régime, elle se lance dans une digression politique sur son pays natal : « Si le Premier ministre Yitzhak Rabin n’avait pas été assassiné à Tel-Aviv en 1995 [par un extrémiste juif, ndlr], la paix serait déjà là entre Israël et les Palestiniens ! »

Puis, cette combattante dans l’âme, qui a effectué son service militaire en Israël à 17 ans avec le grade de sergent-chef, s’en est pris avec véhémence à ses nombreux détracteurs du temps où elle préconisait, en grande prêtresse des médecines alternatives, des remèdes pour le moins originaux. Son recueil de recettes de naturopathie, publié chez Michel Lafon en 1985, avait explosé les compteurs avec deux millions d’exemplaires vendus mais lui avait aussi attiré les foudres du corps médical. Elle y recommandait de pratiquer, entre autres remèdes jugés farfelus, des bains de siège pour guérir de nombreux maux dont la déprime. « Les critiques des médecins et des pharmaciens, très grossiers à mon égard, m’ont fait souffrir. Mais quand je vois aujourd’hui qu’ils parlent de manger bio, je ris. C’est exactement ce que je disais il y a trente ans ! ». Qu’on se le dise, Rika n’a pas dit son dernier mot et est restée très… nature !

Valérie EDMOND

À découvrir