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Roger Moore : Ses mémoires

Publié le 5 avril 2015

Grâce à 007, la carrière Roger Moore a fait un Bond en avant ! Il vient de publier ses mémoires pleines d'autodérision !

À bientôt 87 ans, celui qui se définit comme un « sacré veinard » a gardé son regard bleu plein d’ironie et l’art de ne jamais se prendre au sérieux, même si les craquements de ses genoux lui rappellent que « la vieillesse n’est pas pour les poules mouillées ».

Et si Roger Moore a depuis longtemps rangé dans son holster le Walther PKK cher à 007, sir Roger Moore  (le comédien a été anobli par la reine Elizabeth II en 2003) a dégainé sa plume pour raconter, avec un sens aigu et très britannique de l’autodérision, près de soixante ans d’une carrière bien remplie.

Sa manière de relater sa première rencontre avec l’une des légendes de Hollywood suffit à donner le ton de l’ouvrage : «Bette Davis me raconta combien sa fille et elle aimaient regarder Le saint à la télévision. J’en eus tellement la grosse tête que mes cheveux ne suffisent plus à la recouvrir aujourd’hui. »

Et sa réplique favorite, extraite de L’homme au pistolet d’or, en dit long sur le personnage : tout en pointant un revolver sur les fesses d’un trafiquant d’armes, James Bond le menace en ces termes : « Parle maintenant ou tais-toi à jamais ! »

Roger Moore poseDe ses débuts sur la scène des théâtres londoniens – sans omettre le jour où Roger Moore se trompa de porte et fit s’écrouler tout un décor – à son premier baiser au cinéma avec la sublime et venimeuse Lana Turner, en passant par ses bringues avec Lauren Bacall et Humphrey Bogart ou les membres du Rat Pack (Frank Sinatra, Sammy Davis Jr. et Dean Martin, les rois de Las Vegas), l’acteur fait défiler au fil des pages toute une galerie de stars. Des artistes qu’il dépeint sans complaisance, mais toujours avec tendresse.

Ne manquez surtout pas les passages où l’auteur évoque la prouesse du producteur du Saint, Lew Grade, qui réussit à obtenir la bénédiction papale pour son téléfilm, Jésus de Nazareth, ou encore les caprices de Tony Curtis, son complice dans la célèbre série, qui refusait de faire la moindre heure supplémentaire.

Mais si l’on rit beaucoup en feuilletant ce livre, l’auteur laisse parfois percer une pointe de nostalgie quand il songe à ses chers disparus, ceux qui sont partis « pour la grande salle de montage au ciel ».

Certains lui manquent plus que d’autres, comme David Niven, à propos duquel Roger Moore écrit : « Chaque fois que je vois l’un de ses films, je ne peux pas retenir mes larmes. »

"Mémoires", de Roger Moore, First editions, 19,95 €.

Claude Leblanc

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