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Roger Vadim : Une vie vouée à l’amour !

Publié le 25 février 2020

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© BESTIMAGE Roger Vadim

Il y a juste vingt ans disparaissait Roger Vadim l’un des plus fascinants séducteurs du cinéma français. Un talentueux réalisateur qui aima les plus belles actrices, et à qui, pour la plupart, il offrit de très grands rôles.

Peu d’hommes peuvent se targuer d’avoir réussi à réunir leurs différentes ex-femmes le jour de leurs funérailles, à l’instar de Roger Vadim. Après son décès le 11 février 2000 à Paris, des suites d’un cancer du thymus, le choix de la date symbolique de la Saint-Valentin fut retenue pour ses obsèques, qui réunirent cinq de ses ex-épouses et des centaines d’admirateurs en l’église Saint-Germain-des-Prés, ce quartier parisien qu’il adorait. Une sortie de scène à l’image de sa vie.

Lui, qui était né Plémiannikov en 1928 à Paris, au sein d’une famille de la noblesse russe, avait d’abord tenté Sciences Po, avant de s’inscrire aux cours de l’acteur Charles Dullin. Grâce à André Gide, il devint assistant du metteur en scène Marc Allégret à qui il demanda d’auditionner Brigitte Bardot, une jeune blonde en couverture de Elle. Tous deux tombèrent amoureux au premier regard, mais durent attendre deux ans avant d’obtenir l’autorisation du père de la demoiselle de 16 ans pour se marier, le 21 décembre 1952.

Brigitte Bardot

Roger Vadim écrit pour son épouse plusieurs scénarios, dont Cette sacrée gamine ou En effeuillant la marguerite, qui contribue à la faire connaître. Mais l’explosion du succès de l’actrice française arrive en 1956 avec Et Dieu… créa la femme, qu’il a écrit avec le producteur Raoul Lévy. L’histoire se déroule dans le décor du petit port de pêche de Saint-Tropez, que les amoureux avaient découvert ensemble et auquel ils resteront toujours attachés. Trois hommes se disputent les faveurs d’une jeune femme à la beauté redoutable. Le public découvre une BB haletante et en sueur dansant sur le sable. Du jamais-vu ! Le film ne laissera personne indifférent, surtout aux États-Unis, où Brigitte accède au rang de star mondiale. Et Roger Vadim entre, lui, dans la cour des grands. Or la belle est tombée amoureuse de Jean-Louis Trintignant, son partenaire à l’écran, et quitte son mari.

Annette Stroyberg

Quelques années plus tard, en 1959, il tourne Les Liaisons dangereuses 1960 avec Gérard Philipe, Jeanne Moreau, Jean-Louis Trintignant, Boris Vian et Annette Stroyberg, une Danoise qui lui a donné une petite fille, Nathalie Vadim, deux ans plus tôt. Il imagine alors projeter sa nouvelle muse dans le star-system avec ce film. Mais les scènes dénudées affolent les bonnes mœurs et l’œuvre est éreintée par la critique. Le couple vole en éclats et divorce en 1960 après le tournage de Et mourir de plaisir.


Catherine Deneuve

Auteur du sketch Sophie, jouée par Catherine Deneuve dans le film Les Parisiennes, Roger Vadim fait sa connaissance en 1961, sur le tournage de ce volet, dirigé par Marc Allégret. C’est lui qui a écrit cette rencontre entre ladite Sophie et un guitariste à l’avenir incertain, joué par Johnny Hallyday, qui y chante Retiens la nuit. En 1962, dans la Ciné Télé Revue, l’actrice racontait l’importance qu’avait pour elle le réalisateur : « Ce fut le coup de foudre. Vadim m’apprit à devenir femme, à me faire une personnalité et à vivre dans le bonheur. » De son côté, il lui offre un premier rôle dans Le Vice et la Vertu, librement inspiré du marquis de Sade, où elle partage l’affiche avec Annie Girardot. Si le film ne trouve pas son public, il se dit que c’est grâce à sa prestation que Catherine Deneuve fut appelée pour Les Parapluies de Cherbourg. « Pour Catherine, j’ai été un accélérateur de particules. Elle a réussi plus vite, mais elle aurait été Deneuve d’une façon ou d’une autre », déclarait Roger Vadim dans Paris Match en 1986. Malgré la naissance d’un fils, Christian Vadim, le 18 juin 1963, l’histoire d’amour entre l’actrice et le don Juan prend fin.

Jane Fonda

En 1964, à nouveau plateau, nouveau coup de foudre pour une actrice. Cette fois-ci, c’est sur le tournage de La Ronde, d’après Arthur Schnitzler, sur un scénario de Jean Anouilh. Elle est américaine, elle a 27 ans, lui en a 36, et elle s’appelle Jane Fonda. Quarante ans plus tard, elle se souvient encore de cet « homme extraordinaire, totalement charmant, sexy, érotique, moitié russe, moitié français, complexe ». Devant l’insistance de Roger, elle accepte le rôle principal de Barbarella pour lequel il réussit à s’imposer comme réalisateur. Ovni du 7e art, cette œuvre kitch et délirante de science-fiction érotique fera de Jane un véritable sex-symbol. À sa sortie en 1968, Life, le magazine américain, la proclame d’ailleurs « Femme la plus désirable du monde » ! Mais une fois encore Roger Vadim se lasse, il convainc son épouse d’ouvrir leur lit conjugal et, petit à petit, Jane ne se retrouve plus dans cette vie. Les événements de 1968 la poussent à s’engager, elle aussi. Elle quitte Vadim et rentre aux États-Unis avec leur fille pour s’opposer à la guerre du Vietnam. Ils divorcent en 1972.

Amours et télévision

La vie amoureuse du dandy ne va pas s’arrêter sur cette note. En 1972, il se marie avec Catherine Schneider, héritière de l’empire sidérurgique du même nom, avec qui il a un fils, Vania. Mais leur union ne dure que deux ans. Roger se console en travaillant pour un nouveau média : la télévision. Il réalise alors Bonheur, Impair et Passe, adaptant la pièce de Françoise Sagan avec un casting étincelant : Danielle Darrieux, Ludmila Mikaël et Philippe Léotard.

S’il passe ensuite les années 80 aux États-Unis, où il côtoie un temps la scénariste américaine Ann Biderman, alors âgée de 29 ans, il finit par rentrer en France en 1990. À 62 ans, il se marie pour la cinquième – mais dernière fois – avec la nouvelle élue de son cœur : Marie-Christine Barrault, finaliste pour l’Oscar de la meilleure actrice dans Cousin, cousine en 1977.

Ensemble, ils travaillent sur plusieurs pièces de théâtre, mais aussi pour la télévision. Le soir, il lui écrit des lettres d’amour, allant même jusqu’à y coller un timbre avant de les déposer sur la table de nuit de sa belle qui les découvre au réveil. Aujourd’hui encore, elle confesse ne plus avoir envie d’aimer à nouveau après lui. « Je suis allée trop loin dans la réussite de ce projet-là pour recommencer, en moins bien… » confiera-t‑elle à Nice-Matin en 2015.

Les dernières années de sa vie, Vadim renoue avec l’écriture. Après une autobiographie, Mémoires du diable, il écrit Le Goût du bonheur, où il met en scène ses différentes compagnes. Des femmes qui l’auront marqué et avec lesquelles il a conservé des relations toute sa vie durant.

Son fils Christian Vadim
actuellement à l’affiche

Son père lui avait mis un pied à l’étrier en lui offrant un petit rôle dans le film Surprise party (1983), au désespoir de sa mère, Catherine Deneuve, qui le tenait éloigné des paillettes. Mais depuis, si on l’a vu quelques fois sur le petit écran, c’est surtout sur les planches qu’il est remarqué ! Après avoir joué dans les pièces de son ami Philippe Lellouche, il est aujourd’hui en tournée avec la comédie romantique Station Bonne Nouvelle, de Benjamin Auray, au côté de Charlotte Valandrey. L’histoire d’une femme qui apprend que son mari, fonctionnaire à la RATP, la quitte pour une jeune blonde rencontrée sur son lieu de travail. Survoltée, elle se précipite dans le métro pour obtenir des explications…

Julie BOUCHER

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