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Romy Schneider : Les incroyables révélations de sa fille !

Publié le 10 janvier 2021

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Sarah Biasini, la fille de Romy Schneider, n'avait jamais osé aborder ce chapitre de sa vie, mais la naissance de sa petite Anna a été un élément déclencheur…

Un visage d'une beauté renversante, une profonde intensité dramatique qui laissait transparaître autant de force que de fragilité… Bien que née en Autriche, Romy Schneider fut l'une des plus divines actrices françaises. Éternelle princesse révélée dans Sissi impératrice, elle a accédé au rang de mythe avec La Piscine, Les Choses de la vie ou Le Vieux Fusil, sans oublier L'important c'est d'aimer ou encore Une histoire simple qui lui valent ses César. Toute son existence ressembla à un film où le tragique succéda au romanesque. Une idylle avec Alain Delon, deux mariages, un fils de 14 ans qui décède accidentellement en escaladant un portail et dont le père s'était suicidé deux ans plus tôt… Le 29 mai 1982, Romy Schneider est retrouvée morte à son domicile parisien, terrassée par le chagrin et les addictions.


Sarah, sa fille, n'a alors que 4 ans. Pour la fillette qui est élevée par son père, le journaliste franco-italien Daniel Biasini, et ses grands-parents paternels, le défi est de taille : il va lui falloir grandir sans mère, dans l'ombre d'une légende écrasante qu'elle aura à peine connue.

Aujourd'hui, à 43 ans, la jeune femme sort un premier livre d'une force rare, intitulé La Beauté du ciel (éd. Stock), en référence à cette infinie grâce qui émanait des traits de Romy. Celle qui a suivi les traces de sa maman en devenant comédienne s'y livre comme jamais, comme dans une lettre ouverte à l'attention de sa fille Anna, née en février 2018. Tout au long de ce texte poignant, Sarah s'adresse aussi à sa mère disparue avec, en filigrane, des questions existentielles qui n'ont eu de cesse de la torturer : comment vivre lorsqu'on est habitée par la mort ? Comment faire le deuil d'une mère que le monde idolâtre ? Et comment devenir, à son tour, mère ?

Après des années de silence, c'est à la suite d'un choc immense, survenu le 1er  mai 2017, que Sarah Biasini a compris que le moment d'écrire était venu. Ce jour-là, un coup de fil de la gendarmerie de Mantes-la-Jolie lui apprend que la tombe de sa mère, au cimetière de Boissy-sans-Avoir, dans les Yvelines, a été profanée. La malheureuse jeune femme s'écroule en sanglots.

Trop petite pour assister aux obsèques de l'actrice en 1982, elle va alors devoir prendre part à une effroyable cérémonie au cours de laquelle la dépouille de sa maman est enterrée une seconde fois. « J'y suis allée, la gorge étranglée, j'étais si émue. Il y avait très peu de monde, les marbriers, la capitaine de gendarmerie, le maire […]. C'était comme un petit enterrement privé », vient de confier la jeune femme, encore toute chamboulée, à Elle. Déjà mortifiée de se retrouver devant cette pierre tombale où sont gravés « les noms de [s]a mère et de [s]on frère David », on lui inflige le coup de grâce à la fin de cette épreuve abominable en lui présentant la facture.

Obligée de réparer la sépulture à ses frais, elle s'acquitte de son dû avec une sensation bizarre. « J'ai eu l'impression de faire mon devoir de fille. À la fin, j'ai sorti mon carnet de chèques pour payer les frais, et c'était comme si je réglais mes comptes avec mon passé », explique-t-elle. Et, trois semaines plus tard, se produit un véritable miracle. Alors qu'elle n'arrivait pas à avoir d'enfant et envisageait la fécondation in vitro, Sarah tombe enceinte de son compagnon, le metteur en scène et chorégraphe Gil Lefeuvre. Comme si la fertilité lui avait été miraculeusement envoyée par sa défunte maman ! « Dix ans que je l'espérais, que j'avais envie d'un enfant, et que ça ne venait pas. Comme s'il y avait eu un déblocage », avoue-t-elle. Mais au huitième mois de cette grossesse « idyllique » va surgir l'horreur.

Sarah ne peut s'empêcher de redouter le pire. Et si, en donnant la vie, elle réveillait les drames passés, ceux que sa propre mère a dû endurer jusqu'à en mourir, à commencer par la disparition tragique de son garçon adoré, David ? « Je me suis mise à avoir peur. De mourir comme ma mère était morte », avoue-t-elle. Surmontant ces angoisses, elle accouche d'une petite fille qu'elle appelle Anna Rosalie, en hommage à César et Rosalie, son film préféré de Claude Sautet. Ses pensées morbides ne cessent pas pour autant : « À la naissance d'Anna, j'ai eu l'angoisse qu'elle meurt, comme le fils de ma mère était mort… »

Aujourd'hui, grâce à l'écriture, elle se dit, heureusement, plus « sereine », même si la douleur de la perte de sa mère reste gravée en elle. « Je n'en veux pas aux gens qui me parlent d'elle, même si j'ai un peu de mal à partager leur peine. Mais chaque fois que j'entends son nom, j'entends sa mort. C'est cela, les survivants… », a-t-elle confié au Journal du Dimanche. Pour essayer de faire son deuil, Sarah avait tenté de comprendre qui était vraiment Romy, non pas l'icône du cinéma adulée de tous, mais la femme. Pour cela, elle avait rencontré Alain Delon, un joli moment qui reste inoubliable, mais aussi le réalisateur Claude Sautet et même l'acteur Michel Piccoli. « Des émotions incroyables, je me suis sentie très vivante en les écoutant », avoue-t-elle.

Mais il aura fallu qu'elle devienne mère à son tour pour que cette bouleversante quête d'identité d'une fille en manque d'amour maternel se solde par un apaisement et le sentiment de mieux connaître celle qui a disparu trop tôt, à seulement 43 ans. « J'ai une sensation intime, vraie, profonde d'elle, c'est ce qui fait que je vais bien », conclut Sarah. Débarrassée du poids du passé, la jeune mère peut enfin penser à l'avenir et donner à sa petite fille de presque 3 ans toute l'affection d'une maman, ce qui lui a tant fait défaut…

Valérie EDMOND

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