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Romy Schneider : Marlene Dietrich la fournissait en amphétamines !

Publié le 4 janvier 2008

L'année 2007 a été l'occasion de commémorer le vingt-cinquième anniversaire de la mort de Romy Schneider.

Au matin du 29 mai 1982, l'actrice Romy Schneider était en effet retrouvée sans vie par Laurent Pétin, son dernier amour. Suicide ou crise cardiaque ? Sans doute, ne connaîtra-t-on jamais la vérité. On sait cependant que la mort planait sournoisement au-dessus de la sublime comédienne depuis de longs mois.

Depuis ce maudit 5 juillet 1981, jour de la tragique disparition de David, son petit garçon, Romy, de son vrai nom Rose-Marie Magdalena Albach-Retty, se consumait en effet à petit feu. Certains diront même qu'elle est morte ce jour-là. Celui où son fils, âgé d'à peine 14 ans, s'empalait en escaladant la grille de la maison des parents de son beau-père, Daniel Biasini, le père de Sarah, chez qui il passait ses vacances.

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À compter de cet instant, l'actrice entame une terrible descente aux enfers. Dans un bouleversant documentaire intitulé Les Derniers Jours de Romy Schneider, qui sera diffusé le 12 janvier, à 14 h, sur France 5, Bertrand Tessier nous livre un magnifique portrait de la star. On y découvre combien la dernière année de Romy fut des plus éprouvantes.

Particulièrement touchée par La Passante du Sans-Souci de Joseph Kessel, Romy avait tout mis en œuvre pour que le roman soit porté à l'écran et incarner elle-même cette héroïne dans laquelle elle se reconnaissait étrangement.

Anéantie

Cependant, alors que le film est en pleine préparation, une série d'incidents va retarder le tournage. Lors d'une séance photo, Romy tombe et se fracture la jambe, ce qui lui vaut de longues semaines clouée au lit. Alors qu'elle est prête à retrouver l'équipe du film, elle doit de nouveau être hospitalisée, cette fois, pour l'ablation d'un rein. Le tournage est de nouveau repoussé.

Jusqu'au 5 juillet de cette année 1981, où elle est littéralement anéantie par la mort de son unique fils, David. À ce moment-là, le producteur du film se dit que l'actrice ne pourra jamais tenir le rôle, et veut la remplacer par celle qui est alors l'égérie du nouveau cinéma germanique, la très belle Hanna Schygulla.

Ne supportant pas l'idée de se voir écarter de ce projet qui lui tient tant à cœur, Romy rassemble les dernières forces qui lui restent et devient, malgré son désespoir, La Passante du Sans-Souci, cette femme nazie qui, ironie du destin, recueille un petit garçon de 14 ans.

La même année, un beau jeune homme, Laurent Pétin, arrive dans la vie de Romy. Il représente l'espoir de jours meilleurs. Avec lui, Romy retrouve même le sourire et une certaine joie de vivre. Ensemble, ils achètent une belle maison de campagne, à une soixantaine de kilomètres de Paris. Un petit nid douillet pour abriter leur bonheur à venir. Mais, malgré ce nouvel amour, Romy continue de broyer du noir.

Entre alcool et médicaments, elle se laisse happer par une profonde dépression. Laurent tente de la protéger par tous les moyens, allant jusqu'à cacher ces satanées pilules quand il les trouve. Mais, rien n'y fait ! Surtout que Romy se trouve une complice en la personne de Marlene Dietrich. C'est elle qui lui fournit ses médicaments, en secret.

Subterfuge

« Elle l'avait prise sous sa coupe, pas comme une mère, mais comme un médecin qui veut s'occuper de quelqu'un de fragile », se souvient Louis Bozon, alors journaliste et confident de Marlene. Souvent, il apportait des paquets de livres à l'actrice désespérée.

« Je trouvais bien que je lui en apportais beaucoup, se rappelle-t-il encore. Et, un jour, je suis arrivé plus tôt chez Marlene et les livres n'étaient pas encore enfermés dans le paquet. Ainsi, je me suis aperçu que, finalement, les livres étaient creusés, pour mettre quelque chose dedans, que j'allais moi-même chercher à la pharmacie. Un produit qui s'appelait Captagon, des amphétamines, aujourd'hui interdit à la vente. J'ai alors compris pourquoi Romy Schneider m'ouvrait la porte ...»

Entre somnifères pour dormir et excitants pour se réveiller le matin, Romy poursuit donc sa descente aux enfers. Ceux qui l'ont eue au téléphone la veille de sa mort, le photographe Gérard Schachmes, ou son agent Jean-Louis Livi, affirment pourtant qu'elle allait très bien.

Désarroi

Surtout que son prochain film devait sceller ses retrouvailles avec l'unique grand amour de sa vie, Alain Delon. Ce dernier l'avait en effet contactée pour qu'ils jouent ensemble dans L'un contre l'autre. Mais, Delon ne cesse d'apporter des modifications et le projet tarde à se faire. Ce qui accentue le désarroi de Romy. Peut-être ce film aurait-il été celui de sa résurrection, qui lui aurait redonné espoir en l'avenir et goût à la vie ? On ne le saura jamais...

Le soir du 28 mai 1982, Romy rentre à son domicile parisien avec son amoureux, après un dîner chez des amis. Pendant que Laurent part se coucher, Romy décide de rester un moment au salon pour écrire une lettre.

Dans la nuit, Laurent ne voyant pas la comédienne à son côté, se rend dans le salon où il la trouve endormie. N'arrivant pas à la réveiller, il la porte jusque dans leur lit. Le lendemain matin, Romy n'est plus. Elle n'a pas 44 ans. La lettre qu'elle était en train d'écrire s'arrête en plein milieu par un long trait qui sort soudain de la page.

Pur hasard ou prémonition, juste dix-neuf jours avant sa mort, l'actrice avait rédigé son testament. Elle repose désormais dans le petit cimetière de Boissy-sans-Avoir dans les Yvelines, au côté de son fils David.

Et dire qu'un mois et demi avant de mourir, dans sa dernière interview, Romy Schneider déclarait : « Je voudrais être une mémé, un jour, à la campagne avec mes fruits, mes arbres, ma fille, et vivre !»

Laura Valmont

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