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Romy Schneider : Mi ange-mi démon !

Publié le 30 juillet 2022

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Quarante ans après sa mort, un livre choc, “Adieu Romy” (éd. Grasset), nous décrit une actrice qui faisait vivre un enfer à ses partenaires de tournage…

Sorti en 1980, deux ans avant la mort de l'actrice, ce fi lm de Francis Girod a été un calvaire pour la jeune Noëlle Châtelet, épouse du philosophe François Châtelet et sœur de Lionel Jospin. Celle qui incarnait l'amante de l'héroïne sera tellement maltraitée par Romy qu'elle désertera le métier ! Leur rencontre initiale est un fi asco : « Le premier jour, Noëlle, inquiète, est allée la voir pour lui dire son estime et la gageure que représentait pour elle d'être sa partenaire », relate l'auteure du livre. Face à la débutante, c'est une femme rongée par l'angoisse, ravagée par le trac, qui ouvre sa porte, et cette vision émeut Noëlle : « Elle, la novice, lui a fait parvenir des fl eurs accompagnées, pour l'encourager, d'un petit mot gentil. » Dès lors, la star, sans doute blessée d'avoir été surprise dans sa fragilité, ne cessera plus de faire souffrir sa malheureuse partenaire, refusant de lui adresser la parole, de répéter avec elle, se moquant ouvertement d'elle avec son complice, Jean-Claude Brialy, et l'humiliant à chaque instant. « Dans la vraie vie, sur les plateaux, Romy est en fait au théâtre, claquant des portes, surjouant des sentiments, disparaissant sans crier gare. »

“César et Rosalie” : haro sur Yves Montand !

« Avec le sanguin Claude Sautet, on peut dire qu'ils se sont trouvés, jouant depuis leur premier fi lm ensemble un numéro de duettistes qui épuise et fascine tous ceux qui les observent », décrit Violaine de Montclos dans son livre. De fait, leur relation passionnelle rend les tournages insupportables pour l'équipe. C'est le cas de César et Rosalie, sorti en 1972 : « trois mois et demi d'enfer », durant lesquels, cette fois, la victime de Romy n'est autre qu'Yves Montand ! Suite à une altercation mémorable au cours de laquelle le cinéaste, exaspéré par le jeu de Sami Frey, quitte le plateau avant d'être fi nalement rattrapé et raisonné par l'actrice, cette dernière « se ligue contre le grand Montand, tout encombré de son personnage d'homme trompé, en fait des tonnes, et les énerve tous : l'orage gronde, chaque jour, durant quatorze semaines ».

“Une histoire simple” : “Claude Brasseur, vous êtes mauvais !”

Six ans après la sortie de César et Rosalie, le duo Sautet-Schneider se retrouve pour Une histoire simple. Romy n'a pas failli à ses habitudes et a visé de sa rage le malheureux partenaire qui incarne son amant, père de l'enfant que son personnage porte et ne veut pas garder. « Un jour, c'est Claude Brasseur qu'elle agonit d'injures, jugeant son jeu mauvais et le comparant à celui du père, le comédien Pierre Brasseur, devant toute l'équipe, désolée : le trait met le pauvre Claude à terre. »

“La Mort en direct” : elle gifl e Harvey Keitel !

Dirigé par Bertrand Tavernier, ce fi lm d'anticipation, sorti en 1980, a été un grand succès. Romy y donne la réplique à deux acteurs américains, Harry Dean Stanton et Harvey Keitel. C'est avec ce dernier que le courant n'est pas passé ! Tout chez lui exaspère la comédienne, et surtout son jeu très « Actors Studio » qui le pousse à réfl échir des heures tandis qu'elle est plus dans la spontanéité. Un jour, alors que l'équipe attend pour une énième fois que la star hollywoodienne se lance… « Blam, Romy lui colle une baffe : “C'est avec moi que tu joues.” Tout le monde est stupéfait. » Harvey, sous le choc, ne réagit pas, sachant que David, l'aîné de l'actrice, est présent. Mais un peu plus tard, il lui dira : « Si ton fi ls n'avait pas été là, je t'aurais gifl ée moi aussi. »

Pas prêteuse avec ses maquilleurs !

Dans Adieu Romy, Violaine de Montclos révèle les liens très étroits, voire presque malsains que la star entretenait avec ses maquilleurs préférés qui, à la fin de sa vie, avaient de plus en plus de mal à cacher les marques de sa consommation d'alcool et du manque de sommeil sur son visage.

« Dans la loge, d'un tournage à l'autre, le cérémonial est toujours le même : Romy ouvre son pick-up, y glisse un disque […] et fixe dans le miroir le couple qu'elle forme avec son maquilleur, souvent Jean-Pierre Eychenne, Paul Le Marinel ou bien Didier Lavergne, toujours un homme. »

Lors de ces séances, ces magiciens ne l'appellent que par le prénom de son personnage, et elle, si tyrannique sur le plateau, s'abandonne à leurs pinceaux.

Mais gare à eux s'ils ont l'outrecuidance de travailler ailleurs ! Ainsi, Romy a envoyé une véritable lettre de rupture, totalement déplacée, à l'un d'eux lorsqu'elle a appris son « infidélité » auprès d'une autre actrice… « Elle confond toujours tout, écrit également l'auteure.

D'ailleurs, à tous ces gens qui, sur les tournages, s'affairent autour d'elle […], elle offre sans arrêt des petits cadeaux, un livre, un châle, une montre qui lui appartiennent, gentillesses aliénantes, transferts de biens un peu troublants, qui sont aussi une manière de tisser sa toile. »

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