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Salvatore Adamo : “Je suis abattu, anéanti, impuissant !”

Publié le 13 septembre 2016

Présent à Nice lors de l’attentat qui a fait 84 morts, le 14 juillet dernier, il pleure aujourd’hui les victimes du tremblement de terre qui, le 24 août, a ravagé les monts Apennins.

Cet été 2016 restera sans doute pour Salvatore Adamo, celui de tous les drames, de toutes les tragédies. Il se trouvait en effet à Nice, le 14 juillet dernier, le soir même où un chauffard fou avait foncé sur la foule au volant d’un camion, faisant 86 morts et 434 blessés. Choqué, bouleversé, le chanteur, invité le lendemain à donner un récital au festival Les nuits du Sud, avait publié ce poignant message sur son compte Facebook : « Chers amis, chères amies. J’étais à Nice, le soir de l’innommable massacre. Je devais chanter à Vence le lendemain. Les festivités ont été annulées. Personne n’avait le cœur à chanter. Mes mots d’amour, de paix et d’évasion se seraient étranglés au fond de ma gorge. Comme vous, je suis abattu, anéanti, impuissant dans ma peau d’être humain. »

->Voir aussi : Salvatore Adamo : Au cœur du massacre !

Hélas, quarante et un jours après cette terrible soirée, le malheur a de nouveau frappé le chanteur, s’attaquant cette fois à celle qui est si chère à son cœur, et à laquelle il a dédié en 1982, une merveilleuse chanson : Cara Italia. Depuis le 24 août, en effet, le cœur d’Adamo saigne pour sa chère Italie, sa terre natale, secouée par un violent séisme.

Vers 3 h 30 du matin, alors que la plupart des habitants dorment, cette région des Apennins, la chaîne de montagnes qui parcourt la péninsule, est soulevée par un tremblement de terre de magnitude 6,2. En quelques minutes, la jolie petite ville d’Amatrice devient un champ de ruines. Toits et murs s’effondrent sur les résidents qui, quand ils ne sont pas tués sur le coup, sont grièvement blessés ou emprisonnés sous les gravats. À ce jour, l’étendue des dégâts provoqués par cette catastrophe demeure inconnue. Les premiers chiffres avancés, déjà effrayants, ne sont que provisoires. Le bilan sera sans doute bien plus lourd encore.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la commune pleure 230 victimes. On en dénombre 291 dans la zone frappée par le séisme, soit un rayon de 20 kilomètres. Combien gisent encore sous les décombres, activement fouillés par les équipes de secours envoyées sur place, nul ne le sait. Quant aux blessés, ils sont 386, certains dans une situation très grave. Les survivants, eux, qui ont pour la plupart tout perdu, sont pour l’instant recueillis dans les 49 camps de tentes ou structures d’accueil aménagés à la hâte par la protection civile. Au fil des jours, leur espoir s’amenuise de retrouver leur maison debout : depuis mercredi, en effet, près de 1 500 répliques de magnitude 4 ou 5 achèvent de détruire ce qui ne l’avait pas été, bâtisses mais aussi routes et arbres, rendant plus ardues encore les opérations de secours…

« Nous reconstruirons nos maisons et nos églises », a promis Mgr Giovanni D’Ercole, le 27 août, journée de deuil national pour le pays, lors de l’émouvante cérémonie organisée au gymnase d’Ascoli Piceno, au pied des Apennins. « Nous ne vous abandonnerons pas », a déclaré pour sa part, le président Matteo Renzi.

->Voir aussi : Salvatore Adamo : La mort rôde autour de lui…

Ces engagements seront-ils tenus ? Ceux qui se souviennent du précédent séisme qui, en 2009, a fait 300 morts à L’Aquila, ville située à une cinquantaine de kilomètres d’Amatrice, restent dubitatifs. Des milliers d’habitants n’ont toujours pas retrouvé leur maison. Quant au centre historique de la cité, c’est encore un immense chantier, et certains quartiers demeurent impraticables…

Néanmoins, tous ceux qui, de près ou de loin, ont été touchés par la récente catastrophe auront sans doute chaud au cœur en découvrant l’émouvant appel que Salvatore Adamo a publié sur son compte Facebook. Ce lundi, le chanteur, très affecté par l’événement, écrivait en italien : « Je suis submergé de compassion fraternelle pour les nombreuses victimes. Je pense beaucoup à elles, et mon soutien va à ceux qui ont survécu, les parents, les amies des personnes disparues, ainsi qu’à ceux qui se retrouvent sans toit. Je leur souhaite de trouver le courage de surmonter cette cruelle épreuve. Déjà, la vague de solidarité spontanée, le travail sans trêve des secouristes, qu’ils soient volontaires ou professionnels, devrait leur redonner un peu confiance dans la vie. Aidons-les, que ce soit moralement ou matériellement. »

Souhaitons que ce SOS, venu tout droit du cœur, soit entendu et relayé le plus largement possible… Opposer la fraternité à l’adversité, tel a toujours été le message de l’artiste qui, le lendemain de la tuerie de Nice, rappelait : « Nous sommes tous l’autre de l’un. Mais ensemble nous sommes l’humanité. La famille. »

Lili Chablis

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