France Dimanche > Actualités > Sapho : “Je ne suis pas capable de vivre de façon convenue !”

Actualités

Sapho : “Je ne suis pas capable de vivre de façon convenue !”

Publié le 13 mai 2022

.photos:-
© - -

Au rythme de ses inspirations éclectiques et fantasques, Sapho explore dans son vingtième album la jalousie, l’amour et la mort. Un programme sur-mesure pour cette grande passionnée qui sera en concert le 22 mai au New Morning.

France Dimanche : L’élaboration de votre album a débuté par une collaboration autour de la pièce Othello. Pourquoi avoir choisi cette histoire ?

Sapho : En effet, mon travail a débuté par une commande pour Razerka Ben Sadia-Lavant. Elle avait demandé à ce que l’on restaure l’imaginaire Maure d’Othello pour une pièce qu’elle voulait monter. Mehdi Haddab, le co-réalisateur de l’album et moi-même avons travaillé sur ce versant-là et j’ai adoré. Je me suis dit qu’un album autour des thèmes universaux de l’amour, la mort, la jalousie pourrait être génial.

France Dimanche : Vous avez choisi de dédier cet album à votre mari, décédé d'un cancer en 2021...

Sapho : Mon mari me disait toujours : ‘Mais enfin, tu ne m’as jamais dédié un disque’, et je répondais : ‘Mais je ne parle que de toi dans mes chansons !’. Je lui ai promis que pour le prochain, je le ferai. Ce disque, il l’aimait énormément. Il m’a toujours soutenu dans mon travail, il était merveilleux pour ça. J’ai donc mis son nom sur la pochette, il n’a pas pu le voir, mais il savait que ça se ferait.

France Dimanche : Votre album parle de passion, de trahison, d’amour et de désillusion. Êtes-vous, vous-même une grande amoureuse ?

Sapho : Ah oui, je ne sais pas faire autrement ! Je ne suis pas capable de vivre de façon convenue. Mon homme était un séducteur, mais il y avait énormément d’amour entre nous. On ne s’ennuyait jamais, c’était quelqu’un de brillant, d’intelligent avec qui je pouvais échanger. Vraiment, je ne me suis jamais ennuyée avec lui, sinon je ne serais pas restée aussi longtemps ! (Rires)

France Dimanche : Vos amours ont-ils été tourmentés ?

Sapho : Oui mais c’était des relations où je croyais être amoureuse. Je crois que lorsque l’on n'est pas accomplie, on ne peut pas être bien en couple. Je crois qu’il faut un peu s’aimer pour autoriser à être aimé. Pour ma part, j’ai une insécurité affective fondamentale, mais j’ai fini par réussir.

France Dimanche : Vos chansons ont souvent des traits d’humour. Est-ce pour mieux masquer ces insécurités justement ?

Sapho : Absolument. Heureusement que l’on peut rire des choses. Lorsque c’est trop dramatique, il vaut mieux en rire. Ça me permet de prendre de la distance. Il faut de l’intelligence pour vivre à deux longtemps, il faut apprendre à dédramatiser. Si c’est trop grave, il faut partir, mais si on veut rester, il faut apprendre à éloigner la douleur avec le rire.

France Dimanche : Sur votre album, vos inspirations sont extrêmement éclectiques...

Sapho : Je suis née au Maroc et là-bas, nos inspirations sont très plurielles. On a bien sûr les musiques africaines, on avait l’Egypte et la radio française avait Brel, Barbara, Lou Reed, The Doors. Mon père adorait la poésie donc j’ai baigné dans toutes ces cultures depuis toujours. Lorsque j’ai commencé la musique, je ne voulais pas m’amputer de mes territoires mémoriels donc j’ai introduit des sons orientaux dans la musique populaire. Au début, on me prenait pour une folle ! (Rires)

France Dimanche : Qu’est-ce qui vous anime depuis toutes ces années ?

Sapho : La liberté ! J’étais très rebelle, je venais d’un milieu très fermé, très conventionnel et j’ai tout fait péter. J’admirais les artistes très excentriques, très libres, c’était de la famille pour moi...

Andréa Meyer

À découvrir

Sur le même thème