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Sharon Stone : Un horrible viol !

Publié le 9 mai 2021

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Dans “La beauté de vivre deux fois”, son autobiographie publiée aux éditions Robert Laffont, Sharon Stone fait de choquantes révélations sur son enfance…

Nombreux sont ceux et celles qui, dans le sillage du mouvement #MeTooInceste, ont récemment pu révéler le calvaire de leurs jeunes années déchiquetées par les griffes d'un parent prédateur. Des témoignages poignants qui ont mis ces odieux agissements dans la lumière, et peut-être, permis d'en éviter de futurs… Aujourd'hui, c'est une star hollywoodienne, l'actrice Sharon Stone, qui se libère à son tour d'un grand poids dans son autobiographie, La Beauté de vivre deux fois, publié en France le 1er avril aux éditions Robert Laffont. Au fil des 286 pages de ce bouleversant récit, l'héroïne de Basic Instinct revient bien sûr sur sa carrière mais, surtout, lève le voile sur une période extrêmement douloureuse de son enfance.


Elle raconte notamment une scène traumatisante qui s'est déroulée dans le secret de la maison de ses grands-parents, où elle a été le témoin du viol de sa sœur, Kelly, par le propre père de sa mère : « Un jour que mes parents avaient dû se rendre au tribunal, ils nous avaient laissées là, écrit la comédienne de 63 ans. Nous étions dans cette autre pièce où la fenêtre filtrait la lumière de telle manière que nous voyions la poussière flotter dans l'air ; c'était irrespirable. Je n'étais pas seule ; il y avait une autre petite fille, habillée de sa plus belle robe. […] Cette petite fille était frêle, avec des boucles blond cendré, des lunettes et un cache sur l'un de ses deux yeux. Je la voyais, à travers la poussière qui emplissait l'air, tandis que mon grand-père la faisait asseoir sur le tabouret du piano. […] J'étais désespérée ; ce désespoir me paralysait. »

Si les deux petites filles, âgées alors de 8 et 5 ans, ne pouvaient échapper à cet ogre terrifiant qu'était leur grand-père, sa femme qui lui offrait en pâture ces deux anges était tout aussi cruelle et coupable : « J'étais assise, pétrifiée, dans cette horrible pièce poussiéreuse, à peine éclairée, prise au piège, car je voyais cette vieille femme debout dans l'encadrement de la porte pour nous empêcher de nous échapper raconte encore Sharon. Ma grand-mère, qui avait été battue tous les jours par le monstre qui était dans cette pièce, était elle-même devenue un monstre. »

Et puis, enfin, le monstre a rendu l'âme. Pour cette jeune fille de 14 ans que la brillante Sharon était devenue, ainsi que pour sa pauvre sœur, cette disparition a constitué un véritable soulagement, une libération : « Je l'ai touché, et la satisfaction bizarre qu'il était enfin mort m'a frappée en pleine poitrine », s'est souvenue cette mère de trois enfants dans son livre avant d'ajouter : « J'ai regardé Kelly et elle a compris ; elle avait 11 ans et c'était fini. »

Longtemps les deux fillettes n'ont pu évoquer à haute voix ce traumatisme d'enfance qui a tant meurtri leur famille, un silence que cette bouddhiste fervente n'a pu briser que bien plus tard : « Ma sœur et moi n'en avons jamais parlé avant d'avoir eu une bonne vingtaine d'années, et ce, en l'absence de ma mère. Pourquoi nous avait-elle laissées seules avec ce monstre ? »

De cet inceste, madame Lawson, la maman de Mike, Sharon, Kelly et Patrick Stone, ignorait tout. « Elle le regrettait amèrement, confie encore l'actrice. Elle haïssait son père : il avait battu sa mère tous les jours de sa vie. Elle nous aimait profondément et comprenait donc pourquoi nous lui en avions tellement voulu ; elle comprenait mon ressentiment à son égard. » Celle qui a frôlé la mort en 2001 à la suite d'un accident vasculaire cérébral a malgré tout réussi à prendre du recul et à avancer dans la vie, en entamant de brillantes études universitaires de lettres et beaux-arts – interrompues par sa carrière – qu'elle reprendra en 2016 pour décrocher finalement sa licence.

La magnifique blonde, engagée à 19 ans dans l'agence de mannequins new-yorkaise Eileen Ford, a été elle-même victime des hommes qu'elle a croisés sur sa route. Dans son autobiographie, elle décrit précisément le harcèlement sexuel qu'elle a subi durant ses quarante années de carrière, et raconte notamment qu'un producteur de films lui avait demandé d'avoir une relation intime avec son futur partenaire, afin d'améliorer « leur entente à l'écran » !

Mais s'il y en a un contre lequel l'auteur de La Beauté de vivre deux fois ne décolère pas, c'est bien le réalisateur Paul Verhoeven, qui lui a confié le rôle de la mystérieuse Catherine Tramell dans le film qui l'a rendue célèbre, Basic Instinct.

L'icône hollywoodienne est, entre autres, revenue sur la fameuse scène où l'héroïne, plus sensuelle et provocatrice que jamais, croise et décroise les jambes, sans sous-vêtements, lors d'un interrogatoire de police. Sharon Stone raconte qu'elle n'avait en réalité pas conscience que son intimité était réellement filmée.

Selon les dires de l'actrice, le réalisateur lui avait simplement demandé d'enlever sa culotte car le blanc du tissu se reflétait dans la caméra. « Je te promets qu'on ne verra rien », lui avait-il assuré. En découvrant le résultat au montage final, l'actrice aurait giflé le cinéaste, aujourd'hui âgé de 82 ans, lequel nie toujours la version de la comédienne. « On voyait mon sexe, note la star dans ses mémoires. Mon ego en a pris un terrible coup. Pour Paul, c'était une façon de montrer qu'il me contrôlait. »

Cet ouvrage écrit à cœur ouvert, en plus de bouleverser les lecteurs, a toutes les chances de provoquer un raz-de-marée sur Hollywood…

Clara MARGAUX

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