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Sheila : 70 ans de passion !

Publié le 20 août 2015

Sheila, resplendissante dans les rues de New-York ! Née le 16 août 1945, Sheila, la “petite fille de Français moyens”, nous accompagne depuis les années yéyé, sans jamais se renier ni baisser les bras, malgré les turpitudes de la vie. Retour sur un parcours de battante.Sheila, resplendissante dans les rues de New-York ! Née le 16 août 1945, Sheila, la “petite fille de Français moyens”, nous accompagne depuis les années yéyé, sans jamais se renier ni baisser les bras, malgré les turpitudes de la vie. Retour sur un parcours de battante.Née le 16 août 1945, Sheila, la “petite fille de Français moyens”, nous accompagne depuis les années yéyé, sans jamais se renier ni baisser les bras, malgré les turpitudes de la vie. Retour sur un parcours de battante.

Le 16 août dernier, Sheila fêtait son anniversaire. Annie Chancel  la « petite fille de Français moyens » fêtait ses 70 ans ! Je sais, je sais : dit comme cela, aussi abruptement, ça donne un peu le vertige. Mais, au fond, ce qui compte lorsqu’on arrive à un âge communément appelé « respectable », c’est moins le nombre des années que ce qu’on en a fait et les enseignements qu’on en a tirés. De ce point de vue, il n’est pas exagéré d’affirmer que Sheila n’a pas à rougir de l’existence qui fut et est encore la sienne.

Il y a les faits bruts, tout d’abord : plus de 50 ans de carrière, pas loin de 100 millions de disques vendus dans le monde entier ; et surtout, le plus important sans doute, un public qui ne s’est pas lassé et répond toujours présent dès qu’un concert de la chanteuse est annoncé. Ce contact-là, cet amour qui ne s’éteint pas avec le temps, c’est l’une des choses les plus précieuses pour Sheila, comme elle le confiait le 5 aôut dernier dans le long entretien qu’elle a accordé au magazine Gala : « […] Il se passe quelque chose quand les lumières s’allument. Je ressens une connexion, profonde avec le public. […] Je ne crains pas le contact avec les gens qui viennent me voir. Je garde en mémoire les caresses, nos doigts qui se touchent, leurs mains qui frôlent mes cheveux. Il m’est d’ailleurs difficile de regarder les enregistrements de mes spectacles, tellement tout ceci est intense. »

À côté de cette communion perpétuelle, que peuvent faire les années qui passent, la vieillesse qui se profile ? Sheila a 70 ans ? La belle affaire ! « Je suis fière d’atteindre cet âge. En même temps, j’ai le sentiment de n’avoir qu’une petite quarantaine, parfois même la vingtaine ! [Rires] Il m’arrive de me plaindre de petites douleurs. Mais vieillir, c’est surtout un travail de l’esprit. Le corps n’est que le véhicule de l’âme. » Peut-être, mais ce n’est pas une raison pour laisser le véhicule se « déglinguer » au fil du temps ! Sheila en est plus consciente que quiconque, elle qui assure aller trois fois par semaine dans un club de gymnastique afin d’entretenir sa forme.

“Je ressens une connexion, profonde avec le public”, avoue Sheila.

Sheila adulée par ces fans au Casino de Nancy en  1987
Sheila adulée par ces fans au Casino de Nancy en 1987

Et puis, pour compenser les petites douleurs, il y a les grands bonheurs. Et le plus grand de tous porte un nom : Yves Martin, rencontré dans une époque de désarroi et de tension, quand Sheila peinait à se défaire de l’emprise d’un homme qui lui avait trop souvent gâché la vie et sur lequel nous allons revenir. Yves Martin est donc arrivé… et il n’est plus jamais reparti ! Couronnement de cet amour au long cours : leur mariage, en 2006, après vingt ans de vie commune.

Sheila et Yves Martin
Sheila et Yves Martin

De son mari, Sheila dit qu’il lui a appris à ne plus se cacher, ce qui peut sembler paradoxal, pour une star vivant constamment dans la lumière des projecteurs. Mais ce sont souvent les plus exposés justement, qui se dissimulent derrière les masques les plus épais sous lesquels ils finissent par étouffer. L’artiste dit aussi qu’Yves lui a appris à mieux connaître la France : « C’est un bon vivant. Il est capable de faire des heures de route pour s’attabler dans un bon restaurant. J’en aurai fait de la voiture avec lui ! »

Mais pour un homme qui vous apporte tous les bonheurs, il en est d’autres, malheureusement, qui ont le chic pour vous « pourrir la vie ». Ces mauvais anges sont au nombre de trois dans le cas de la star. Le premier, c’est Gérard de Villiers, l’auteur de SAS, mort en octobre 2013. Car c’est bien lui qui fut, en 1964, l’auteur de cet article dont le titre, étalé sur huit colonnes, était le retentissant : Sheila est-elle un homme ? Et ces colonnes, il faut bien le reconnaître, étaient celles de France Dimanche ! Même si, dans l’article, la féminité de la chanteuse n’était absolument pas mise en doute, la rumeur est partie de là, et Sheila a très longtemps voué, au père de Malko Linge, une farouche rancœur. Désormais, elle relativise et affirme que, si c’était aujourd’hui, elle serait probablement la première à rire du canular.

Sheila et Ringo en 1983
Sheila et Ringo en 1983

Sheila et Claude Carrère
Sheila et Claude Carrère

Mais si, à l’époque, la rumeur a pu prendre aussi vite et bien, c’est en grande partie à cause de son deuxième mauvais ange : son producteur, Claude Carrère. Lui qui ne cessait de lui répéter qu’il fallait laisser courir les bruits, que tant qu’on parlait d’elle, c’était bon pour sa carrière. C’était aussi et surtout pour ce roi du show-biz une façon de faire encore grandir la popularité de sa protégée quels que fussent les moyens employés. « Ma rencontre avec Claude Carrère s’est révélée destructrice sur le plan émotionnel et moral, écrivait-elle en 2013, dans son livre Danse avec ta vie. Comment a-t-on pu se jouer de la sorte des sentiments purs d’une gamine ? [...] Ce qui me dérange le plus, c’est l’incapacité de ceux qui m’ont exploitée à présenter des excuses. »

Même ses trois “mauvais anges” n’ont pas réussi à l’abattre !

Mais c’est le troisième « mauvais ange » qui aurait causé à la chanteuse les blessures les plus profondes ; au point qu’elle refuserait désormais de parler de lui : « Je n’ai plus envie de participer à un jeu qui m’échappe et que je n’ai même pas initié. » Cet homme, c’est son fils, Ludovic, qui a eu 40 ans il y a quelques mois. Dans son dernier livre, elle lui consacrait des pages douloureuses, comme seule une mère meurtrie peut en écrire. Leurs rapports ont, depuis l’adolescence de Ludovic, toujours été orageux. Mais c’est en 2007 que la crise atteint des sommets. « Mots durs, brutaux, injustes, cris, menaces », elle finit par avoir peur de son propre enfant, écrivant que, lors d’un rendez-vous dans un bar : « Il m’a repoussée violemment pour me rasseoir. Tout s’est terminé au commissariat. » Et d’expliquer que, quelques mois plus tard, il s’en serait pris à sa carrière, menaçant de la « tuer ».

Comment une mère peut-elle supporter cela de son fils unique, sans se détruire elle-même ? Où trouve-t-elle la force ? Dans le cas de Sheila, la réponse est double. Il y a d’abord la méditation et la philosophie indienne. Elle avait d’ailleurs évoqué ce tournant dans sa vie dans les pages de son premier livre, Chemins de lumière, publié en 1993, aux éditions JC Lattès. À l’époque déjà, elle y décrivait ses entretiens avec des médiums, spirites et parapsychologues, et relatait ses « voyages antérieurs » effectués dans ses précédentes existences.

Ensuite et surtout, bien sûr, il y a la passion de ses fans et l’amour d’Yves Martin. Bref, à 70 ans, l’avenir s’annonce bien, pour Sheila !

Valérie Bergotte

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