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Sheila : Elle renoue avec son grand amour !

Publié le 29 juin 2017

La chanteuse Sheila va bientôt se rendre aux états-Unis pour retrouver l’homme qui l’avait tant fait  vibrer en 1979…

Souvenez-vous, en 1977, il y a tout juste quarante ans, Sheila se métamorphosait pour devenir une icône du disco, dans le sillage de Donna Summer. Mieux ! Elle provoquait une véritable révolution en se produisant sur scène avec trois magnifiques artistes noirs : en mini short à paillettes, longues bottes roses et foulards fuchsia noués au cou et autour d’un genou, cheveux retenus en queue-de-cheval par une ceinture…

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Annie Chancel, avec ses trois partenaires danseurs et chanteurs, caracole sur la scène, en chantant Love Me Baby. Dany Mac Farlane, Freddy Stracham et Arthur Wilkins sont bien connus dans le métier pour participer souvent aux émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, qui font les belles heures de la télévision. Avec eux à ses côtés, Sheila est bien décidée à changer d’image. La machine est lancée, ses espérances les plus folles et ses rêves les plus osés vont se réaliser. Mais elle va devoir en payer le prix fort…

Racisme

Dans les années 70, le disco séduit l’Amérique, puis l’Europe et la France. Face à cette déferlante que rien n’arrête, la « petite fille de Français moyen », avec ses couettes et sa jupe écossaise, doit absolument se renouveler. C’est alors que son producteur, Claude Carrère, lui fait écouter un titre en anglais, Love To Love You Baby, chanté par Donna Summer. Très excitée, elle décide de l’enregistrer à condition que ce soit dans l’anonymat le plus complet.

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Pour ne prendre aucun risque, le 45 tours est lancé sur les ondes sous le nom du groupe S.B. Devotion.Dans les bacs, sur la première pochette du 45 tours, point de Sheila ! Un unique S signe sa présence. La pochette évolue, tout comme le nom du groupe. De l’énigmatique S.B. Devotion, il deviendra Sheila B. Devotion, pour finalement annoncer la couleur avec Sheila Black Devotion. Le premier groupe de disco français vient de naître !

Mais les mœurs commencent à changer, l’époque reste hélas ce qu’elle est… Cette proximité endiablée avec trois danseurs noirs suscitera des réactions parfois violentes parmi certains esprits chagrins et réveillera les fantasmes les plus fous. Elle se souvient : « J’étais la blonde avec trois Noirs. Ça a fait couler beaucoup d’encre, s’est-elle souvenue dans On n’est pas couché. On parle de racisme aujourd’hui, mais à l’époque, c’était encore pire ! J’avais droit à tous les quolibets dans la presse et certaines télés refusaient de m’inviter. »

Sheila n’est-elle pas accusée de se « frotter contre eux en dansant ! ». Elle reçoit des lettres anonymes qui la traitent de « putain » ! Car le choix de ces danseurs est bien loin de faire l’unanimité et en interpelle plus d’un : ses chorégraphies brûlantes, ses déhanchements suggestifs, ses grands écarts sont jugés déplacés… Sheila n’en a cure, elle s’est transformée, épanouie en réalisant le rêve de la petite Annie Chancel : danser. Love me Baby trône au sommet des hit-parades et deviendra un incontournable succès de discothèques, bien au-delà des frontières de l’Hexagone.

Elle est, et restera, dans notre pays, la première chanteuse à avoir dansé, « à égalité » peut-on dire, avec trois artistes noirs. Malgré les polémiques, et avec la détermination qu’on lui reconnaît, elle continue dans la voie qu’elle a choisie, faisant fi des rumeurs.

Triomphe

Le maxi 45 tours Love Me Baby la fait connaître dans toute l’Europe. Encouragée par ce succès, elle enchaîne avec une reprise, version disco, de Singin’ In The Rain en 1978, toujours avec la même équipe. Ce titre triomphe dans le monde entier, de la Suède à l’Afrique du Sud. Ensuite, tout s’enchaîne très vite pour arriver à une année charnière dans sa carrière… 1979, où elle part travailler à New York avec deux musiciens du groupe Chic, le bassiste Bernard Edwards et le compositeur Nile Rodgers, reconnaissable à ses dreadlocks et ses lunettes de soleil.

Avec Nile Rodgers
Avec Nile Rodgers

Une rumeur tenace, qui se répand dans le show-biz comme dans la presse, veut que la chanteuse ait eu une aventure amoureuse avec lui, lors de cette collaboration : « Nous n’avons jamais couché ensemble » s’agace Sheila, en guise de mise au point, dans le JDD. Mais rien n’y fait… Reste que ce grand chanteur, fils d’un toxicomane du Bronx, va bouleverser la carrière de l’artiste française.

En vrai pygmalion, Rodgers trouvera rapidement sa personnalité musicale, faisant évoluer sa voix dans les graves. Ainsi donc, dans le roman de la vie d’Annie Chancel, c’est encore un musicien américain qui lui a permis de se révéler. Entre les deux artistes va naître une véritable osmose, une passion professionnelle et fusionnelle. Pour un coup d’essai, Spacer est un coup de maître. Avec 4 millions de disques vendus, le morceau rafle la mise.

C’est un tube planétaire et le groupe Sheila Black Devotion saute d’un avion à l’autre pour se produire sur toutes les scènes de télévision de la planète. En combinaisons lamées argent, les quatre artistes s’éclatent et leur bonne humeur se moque des grincheux. En décembre 2013, sur le site lefigaro.fr, au micro de Julien Mielcarek, la chanteuse reconnaît que Spacer lui « a ouvert le monde entier ». Et surtout il lui a permis de se libérer de Carrère, ce producteur sans scrupule qui l’a tant exploitée.

Quant à Nile Rodgers, il n’a jamais oublié « sa » Sheila adorée. L’homme, compositeur de talent, vient de révéler à la presse qu’il prépare pour sa Frenchie préférée un nouveau morceau. Il n’a jamais oublié l’interprète de L’école est finie, qu’il surnomme « la plus belle des Françaises ».

Mieux : pour enregistrer ce titre, la chanteuse de 71 ans vient de partir à Los Angeles, comme une adolescente éprise, trente-huit ans après leur première rencontre ! Pour de flamboyantes et émouvantes retrouvailles où, a juré Sheila au JDD, « cela va chauffer »…

Pierre Langlois 
et Stéphanie Juranville

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