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Sheila : Son cri de colère !

Publié le 24 janvier 2019

Sheila n’accepte pas la disparition des animaux et le massacre de la nature.

Depuis un an et demi, Sheila est une femme inconsolable qui tente tant bien que mal de rester debout. Depuis ce jour maudit où son unique fils, Ludovic, l’a quittée pour toujours, elle essaie par tous les moyens de lutter contre le désespoir. Pour cette mère brisée, chaque matin est un nouveau combat.

Alors, pour trouver la force de se lever, elle s’accroche à ses projets et doit sans cesse s’inventer des défis. à 73 ans, elle s’apprête même à reprendre le chemin des studios pour enregistrer un nouvel album auprès de Nile Rodgers, le célèbre musicien qui lui avait composé Spacer, un tube désormais mythique. Et puis, fort heureusement, il y a cette tournée qui l’emmène de ville en ville et lui donne l’occasion de communier avec ce public qui lui est si fidèle. à Paris, le 28 décembre, Sheila a enflammé la salle Pleyel lors d’un concert très riche en émotions prouvant qu’elle était encore une artiste de premier plan.

Un succès qui lui a fait chaud au cœur. Inlassablement, malgré la douleur, elle puise en elle les dernières ressources qui lui restent pour chanter et sourire comme si de rien n’était. Et quand le courage lui manque, elle se pose, respire à fond et réfléchit sur le sens de l’existence.

Car elle voudrait comprendre. Toute sa vie, elle a dû endurer des coups. Il y a d’abord eu cette horrible rumeur qui disait qu’elle était née homme et qui a, elle le sait bien, tant fait souffrir son fils Ludovic lorsqu’il était enfant. Plus tard, son divorce d’avec Ringo fut très douloureux. Très vite, ensuite, elle a dû épauler Ludovic, en proie à la drogue. Une aide qui fut bien mal payée de retour, sous la forme de ce livre règlement de comptes dans lequel son propre enfant n’avait pas de mots assez durs envers elle. Et en 2016, son mari Yves Martin a subi deux accidents vasculaires cérébraux. Toutes ces épreuves ne furent pas simples à encaisser…

Le sort n’en finit pas de s’acharner sur la chanteuse. Ce qui la fait culpabiliser ! Comment a-t-elle pu être aussi aveugle et ne pas s’apercevoir que le fruit de sa chair souffrait éperdument jusqu’à en mourir ? L’overdose provoquée par l’absorption massive de cocaïne et de benzodiazépine qui l’a emporté le 8 juillet 2017 aurait peut-être pu être évitée si elle avait été plus attentive, elle en est sûre…

Pour effacer ces mauvaises pensées, elle doit sans cesse être dans l’action. Son dernier cheval de bataille : se battre pour le bien-être des animaux. Elle qui a toujours vécu entourée de chiens et qui a rêvé durant toute son enfance de devenir écuyère, sait de quoi elle parle.

En 1982, quand elle s’installe à Feucherolles, dans la maison des Yvelines qu’elle a fait construire avec Ringo quelques années auparavant, elle savoure la présence de la forêt toute proche. Un paradis terrestre encore préservé, dans lequel s’ébat une faune riche et variée. Annie Chancel y voit l’occasion de renouer avec ses racines paysannes, celles de ses grands-parents paternels originaires du Cantal. émerveillée, elle adore à l’époque y écouter gazouiller toutes sortes de volatiles… Installée aujourd’hui dans une autre propriété des Yvelines, elle constate hélas que les oiseaux se font moins en moins nombreux. Pour les aider à tenir le choc, elle nourrit tous ceux qui se posent dans son jardin.


Sensible à cette nature qui semble de plus en plus mise à mal, la chanteuse se découvre une fibre écolo. Constatant l’état d’urgence face à la biodiversité, elle est affolée par l’ampleur des dégâts : « Pour avoir vécu à la campagne depuis des années, je peux vous dire qu’il n’y a plus de papillons, de mésanges, de rouges-gorges… On sait d’où ça vient, on connaît les engrais qui font que… » a-t-elle déclaré sur Europe 1, évoquant sans détour ces pesticides employés par les agriculteurs qui anéantissent des espèces entières.

Dans ce massacre, les abeilles sont durement touchées, et c’est un véritable appel à l’aide qu’a lancé Sheila. Dans ce vif plaidoyer pour la planète, elle en a appelé à la conscience de chacun. « On est en train de crier : “au secours !” avec les abeilles. Ça change quelque chose ? On dit oui, mais, on trouve toujours le moyen d’attendre encore. Quand il faut commencer à agir, il n’y a plus personne. Taisons-nous et agissons », a-t-elle lancé avec colère.

Défendre ses convictions avec autant de rage est un exercice qu’elle maîtrise à merveille. Crédible, elle a assuré que la préservation de l’environnement lui importait plus que tout. « Je défends la planète à fond. C’est notre mère », a-t-elle rappelé avec fougue tout en ajoutant être écœurée de « voir les animaux enfermés alors qu’ils pourraient être libres, de voir des endroits où on élève des lions pour les vendre pour les faire tuer par les chasseurs. » Les primates mériteraient aussi, selon elle, que l’on se penche sur leur triste sort. « Je défends les orangs-outans. On veut faire de l’huile de palme et on détruit toutes leurs forêts. Tout ça me révolte. »

Très en verve, Annie Chancel s’est montrée vraiment convaincante dans son nouveau rôle de pasionaria verte et affirme être très active afin de faire bouger les choses : « Je milite, j’écris, j’essaie de faire des pétitions. J’ai travaillé un moment avec des gens qui faisaient des puits en Afrique. Il faut participer à tout, il faut essayer de se regrouper. Il n’y a rien de plus important dans la vie qu’une main tendue. Quand on l’attrape, c’est un grand pas en avant », explique-t-elle.

Ne rien lâcher, c’est sa façon à elle de renouer avec l’espoir.

Sophie MARION

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