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Simone Langlois : "Je m'arrêterai quand je n'aurai plus de voix"

Publié le 27 février 2012

Avec soixante ans de chanson derrière elle, l'interprète de Jacques Brel n'a pas hésité à affronter les jeunes artistes "d'Incroyable Talent'. Et elle est prête à repartir

Il aura suffi de deux chansons, "Ne me quitte pas", adaptée pour elle par Jacques Brel, et "Hier encore", de Charles Aznavour, pour que Simone Langlois confirme, s’il en était besoin, son incroyable talent sur M6. Un défi relevé avec brio par celle qui a fêté ses 60 ans de chansons au théâtre Déjazet le 22 novembre 2010 ! Nous l’avons retrouvée chez elle, à Montmartre, plus souriante que jamais, au côté de son mari Georges Cros.

France Dimanche (F.D.) : Qu’est-ce qui vous a convaincue de participer à l’émission ?

Simone Langlois (S.L.) : D’abord, j’ai cru à un canular quand j’ai reçu l’appel du jeune homme chargé du casting. Et puis je me suis dit pourquoi pas ? Je gagne ma vie en chantant depuis l’enfance. Avec Georges au piano, je ne craignais personne. Je l’ai fait par amour pour lui, sans qui je n’aurais pas trouvé le courage de me mettre ainsi en danger.

F.D. : C’était la première fois que vous preniez part à un concours ?

S.L. : Non, à 4 ans, j’ai remporté mon premier « crochet ». Le premier prix était une poupée, le deuxième un cheval. Je me souviens avoir gagné la poupée, mais j’ai pleuré pour avoir le cheval ! Par la suite, j’ai chanté aux terrasses des cafés, après l’école, pendant toute mon enfance. Ma mère me faisait grimper sur les tables. Ensuite, elle faisait la quête. Je ne sais rien faire d’autre que chanter. Je ne m’arrêterai que quand je n’aurai plus de voix.

F.D. : Et ce n’est pas demain la veille ! Vous venez d’en faire la preuve !

S.L. : Je l’espère ! Et je profite de l’occasion pour remercier Jean Nohain, qui m’a rendue célèbre. À 13 ans, je chantais le répertoire d’Édith Piaf dans ses émissions de radio, puis à la télévision. Plus tard, j’ai remporté le Grand prix de la chanson à Sopot, en Pologne, devant 37 autres pays, puis à Bruxelles, j’ai gagné la Caméra d’argent, ex aequo avec la Russie. En 1958, à 26 ans, j’ai créé les deux premières chansons de Brel pour Jacques Canetti, mon découvreur : Au printemps et Je ne sais pas. J’ai ensuite enregistré avec ce grand artiste son seul duo, Sur la place. Toujours en 1958, j’ai reçu le Grand prix de l’Académie Charles-Cros. Je ne suis pas une débutante ! Quand le téléphone a sonné pour me proposer de participer à La France a un incroyable talent, j’étais dans le même état d’esprit que Bette Davis, qui avait eu l’idée de passer une annonce dans le journal pour retrouver un rôle au cinéma. Elle l’avait conçue, non sans humour, ainsi : « Vieille actrice plusieurs fois oscarisée cherche un emploi. » J’ai éprouvé le même sentiment face à l’un des jurés, Gilbert Rozon, qui ignorait mon existence.

F.D. : Vous n’avez pas eu de mal à vous plier à cet exercice ?

S.L. : Tout le monde sur le plateau a été très gentil. Le seul souci, c’est que je ne suis pas du matin et qu’ils nous ont donné rendez-vous à l’aurore. Heureusement, Georges était avec moi ! Là où j’ai failli renoncer, c’est quand ils m’ont demandé de couper trente secondes à la chanson de Jacques Brel, Ne me quitte pas. Chaque concurrent avait droit à deux minutes, et elle fait deux minutes trente… Georges est encore une fois arrivé à la rescousse. Il a réussi à se débrouiller.

F.D. : Gilbert Rozon ne vous a pas épargnée.

S.L. : Oui, Dave et Sophie Edelstein m’ont bien soutenue, mais il ne voulait vraiment rien entendre.

F.D. : C’est à cause de lui que vous n’avez pas remporté la demi-finale !

S.L. : Son avis ne m’a pas empêchée d’être l’invitée d’Yves Lecoq dans Les grands du rire, le 27 janvier. Et si je peux en profiter pour passer une nouvelle annonce, à la manière de Bette Davis, je voudrais faire un appel à Michel Drucker. Il m’avait reçue à Télé dimanche, le 22 février 1966. J’aimerais bien qu’il pense à moi pour un Vivement dimanche. J’aimerais également participer au Grand cabaret de Patrick Sébastien. Dans La France a un incroyable talent, j’ai prouvé que je pouvais passer avec des magiciens et des acrobates aussi bien qu’avec d’autres chanteurs !

Interview : Dominique Préhu

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