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Sophie Davant : Effondrée par la mort de sa mère

Publié le 13 mars 2009

Sophie Davant connaît cette souffrance. Une tragédie d'autant plus terrible que la disparition de Nicole s'est faite dans des circonstances traumatisantes.

Il est des drames qui nous ébranlent au plus profond de notre être. La mort d'une mère est de ceux-là. Devoir dire adieu à celle qui nous a donné la vie et aimé d'un amour absolu est une épreuve insupportable.

Ce face-à-face avec la mort n'épargne, hélas, personne. Pas même la pétillante animatrice de C'est au programme , qui, aujourd'hui, détaille chaque visage de ce chagrin.  En effet, pendant deux longues années, Sophie Davant a vu sa maman rongée peu à peu par le cancer. Dans un livre intitulé Au delà... Grandir après la perte ( à paraître chez Michel Lafon ), elle dévoile courageusement chaque point de suture de cette cicatrice qui a balafré son cœur.

La Bordelaise n'a que 18 ans lorsqu'elle apprend par Annie, une amie de la famille, qu'une tumeur s'est nichée dans le sein de sa mère. Sophie reçoit cette nouvelle comme un coup de poignard dans le cœur ! L'adolescente qu'elle est se remémore alors les propos que lui tenait Nicole. Des paroles qui prennent une résonance prophétique. Elle lui répétait sans cesse qu'elle mourrait jeune.

->Voir aussi - Sophie Davant : Elle pleure la mort de deux enfants

S'il lui paraît tout d'abord inconcevable qu'elle disparaisse, l'état physique de Nicole se détériore si rapidement qu'il ne lui est bientôt plus possible de nier l'évidence. Sophie assiste, impuissante, au martyre qu'endure cette mère qu'elle chérit plus que tout au monde.

Elle voit sa santé se dégrader de jour en jour, car les séquelles des traitements laissent des traces indélébiles sur le corps de la malade : « Les effets secondaires viennent souiller sa qualité de vie : la fatigue, les nausées, les cheveux qui tombent, ce qui la conduit à porter une perruque. Autant d'atteintes à son identité de femme, autant de blessures. »

Aux yeux de sa fille bouleversée, Nicole devient peu à peu, sinon une étrangère, du moins le fantôme de l'être qu'elle aimait, de celle qui était jusque-là au centre de son univers. « Je découvrais soudain une autre femme, un être décharné, recroquevillé, les jambes déformées », écrit-elle, encore hantée, vingt-cinq ans plus tard, par cette vision cauchemardesque.

Violence

Nous sommes alors en 1983, et la médecine n'est pas, loin s'en faut, aussi performante qu'aujourd'hui. Les métastases progressent rapidement, annihilant tout espoir de guérison, comme le leur assène violemment le cancérologue, en s'exclamant : c'est foutu !

Sophie se souvient encore de la violence, du manque criant de psychologie et d'humanité de ce médecin si peu soucieux de soigner les âmes. L'évidence s'impose à la jeune femme : elle n'a plus qu'à gérer seule la frustration de rester impuissante, incapable d'aider celle qu'elle vénère.

Nicole, de son côté, s'accroche de toutes ses forces au moindre espoir de guérison, quitte à user de méthodes aussi improbables que dangereuses. C'est ainsi que, suite à la parution d'un article dans Paris Match, elle s'entiche d'une nouvelle technique vantée par un certain M. Burger : l'instinctothérapie.

Par amour, toute la famille Davant se met à suivre les curieux préceptes culinaires préconisés par ce drôle de gourou : manger les viandes, poissons et légumes crus. Les résultats ne se font, hélas, pas attendre : Nicole maigrit et s'affaiblit quotidiennement. Le plus fou dans tout cela, c'est qu'elle s'en réjouit presque. Selon Burger, il faut toucher le fond avant de pouvoir rebondir... Pire encore, au nom de sa foi irraisonnée, Nicole ne prend plus aucun traitement, refuse la morphine qui pourrait apaiser ses souffrances.

C'est finalement le 17 novembre 1983 que cette femme de 44 ans s'éteint. Sophie n'oubliera jamais les dernières paroles échangées avec sa maman : « Ne t'inquiète pas, je m'occupe de mon frère. Ce soir, j'irai lui acheter son pantalon ...» Des propos banals devenus prophétiques, car, quelques heures plus tard, elle apprendra que Nicole a rendu son dernier soupir. Sophie n'a alors que 20 ans, mais sa belle insouciance s'est envolée à jamais.

Lâchée émotionnellement par son père, la jeune femme doit faire face. Malgré sa tristesse, elle entrevoit l'essentiel : aller au bout de ses rêves. Comme si elle avait des comptes à rendre à celle qui n'a pas eu la chance de survivre, sa mère.

Combativité

Libre de ses choix, l'étudiante en journalisme fait preuve d'audace et combativité. Sans la mort de sa mère, Sophie ne serait peut-être pas la personne qu'elle a été contrainte de devenir, analyse-t-elle. Car elle a dû aller chercher au fond d'elle-même des ressources pour surmonter cette épreuve.

Des ressources qui lui seront malheureusement utiles à plusieurs reprises dans sa vie de femme. « La grande Faucheuse nous a dans ses petits papiers », avoue Sophie. Depuis six ans, elle vient régulièrement frapper à notre porte et demander son dû. » Ses quatre grands-parents, sa tante, une tendre amie, les enfants qu'elle côtoie lors du Téléthon... la mort rôde et frappe à l'improviste.

Mais Sophie Davant est devenue forte. L'écriture de ce livre et son expérience lui ont appris à apprivoiser sa peur de la mort. Elle sait désormais profiter de chaque instant de bonheur auprès de ceux qu'elle aime : Pierre, bien sûr, mais aussi leurs enfants, Nicolas et Valentine !

Anna Hadrien

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