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Stéphane Bern : Il vit le même calvaire que Michel Drucker !

Publié le 31 mai 2013

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Derrière son allure si joviale, il souffre des blessures inguérissables de son enfance.

Quand on le voit promener d’une émission à l’autre sa nonchalance de dandy, on se dit que s’il y a un animateur à qui la vie a toujours souri, ce doit être lui, et nul autre… Eh bien, on se trompe ! Derrière son sourire toujours un peu lunaire se cache une mélancolie tenace, des souffrances et des frustrations difficiles à oublier. En fait, alors qu’il semble comme lui béni des dieux, Stéphane Bern a longtemps enduré le même calvaire que son aîné en télévision, Michel Drucker.

Dans son autobiographie intitulée Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ?, parue chez Robert Laffont en 2007, on se souvient que Drucker avouait avoir été marqué au fer rouge par son enfance, parce que, à côté de ses deux très brillants frères, lui était le cancre, le bon à rien, le raté de la famille. Au point que son père, un jour, a jugé bon de lui faire passer des tests d’intelligence pour savoir si son fils était « débile » ! Le résultat était tombé sur la tête du pauvre fiston avec la violence d’une avalanche : « Inapte à tout effort intellectuel ! » Et c’est pourquoi, par la suite, Michel Drucker est devenu le bourreau de travail et le perfectionniste que l’on connaît : pour prouver à son père, et à lui-même, qu’il était malgré tout «bon à quelque chose»…

Bonbons

Le cas de Stéphane Bern est sans doute moins dramatique, mais il est similaire. Il y a deux ans, dans une interview accordée à L’Express, il levait un coin du voile sur son enfance : « Chez mes parents, c’était une éducation très stricte, à la prussienne. Aujourd’hui, on les traînerait devant les tribunaux ! Ils étaient particulièrement ouverts sur le monde, mais intraitables. » Le père de Stéphane avait un poste haut placé dans une société pétrolière et sa mère était interprète et maîtrisait sept langues !

Pour ne rien arranger, son frère, tout comme ceux de Michel Drucker, réussissait dans ses études. Il est d’ailleurs devenu polytechnicien. Du coup, on ne passait rien au petit garçon. Un jour, alors qu’il était pensionnaire, Stéphane a reçu de sa maman une lettre qui lui disait : « Je ne peux pas t’envoyer de friandises, car ta précédente lettre était truffée de fautes d’orthographe. Quand tu écriras comme ton frère, tu auras des bonbons. »

Mais ces petites privations n’étaient rien : il y avait aussi les claques que le malheureux a dû encaisser. À ce propos, il faisait un terrible aveu, tout récemment, dans TV Grandes chaînes : «Longtemps, j’ai eu un geste de recul quand un coiffeur approchait sa main de mes cheveux… J’ai tellement été giflé ! » Bien sûr, avec les années, Stéphane s’est dit que cette éducation rigoureuse avait sans doute été une bonne chose, car il était un enfant insolent, et qu’il aurait peut-être mal tourné sans cela…

Injustice

Finalement, l’animateur est devenu comme son aîné, un bourreau de travail, un perfectionniste ayant une soif inextinguible de reconnaissance et, quand on voit les succès qu’il se taille depuis longtemps, on se dit qu’il a plutôt bien tourné, non ? Malheureusement pas selon les critères de sa famille… « L’entourage de mon père lui répète toute la journée : “Ton fils fait vraiment n’importe quoi !” », déclarait-il au magazine Isa, en 2004. J’ai l’impression que si j’étais criminel ou drogué, on me trouverait plus d’excuses. J’aime mon père, tant pis s’il ne comprend pas ma vie. »

Ce qui transparaît, dans ce lourd aveu de Stéphane, c’est un fort sentiment d’injustice. Cette injustice, il aurait pu la reproduire sur d’autres, pour se venger, en quelque sorte. Au lieu de cela, Stéphane s’est engagé pour la combattre. Très impliqué dans la vie de son quartier de prédilection, Pigalle, dont il a même été un élu, il parraine en outre de nombreuses associations. Cela va de l’aide aux familles d’autistes à l’action contre la faim, en passant, tout dernièrement, par un soutien actif, et sur le terrain, aux sidérurgistes de Florange.

Mais ce qui lui tient le plus à cœur, c’est la fondation Mélita, qui lutte contre le diabète et vient en aide aux jeunes qui en sont affligés. Mélita était le prénom de la mère de Stéphane, qui est morte des suites de cette maladie en 1992. À sa disparition, Stéphane a décidé que tout l’argent de son héritage irait à cette fondation qu’il allait créer. Et il l’a fait avec son père et son frère aîné. Ce qui était une belle manière de se réconcilier enfin avec sa famille…

Propos recueilli par Didier BALBEC

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