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Stéphane Bern : "J'ai toujours l'impression d'être attendu au tournant"

Publié le 20 janvier 2012

La notoriété est là, qui ne suffit pas à rassurer ce faux désinvolte, amoureux des têtes couronnées et passeur d'hisoire. Malgré son emploi du temps de ministre, Stéphane Bern nous a donné rendez-vous dans un célèbre hôtel Parisien. À l'occasion de la sortie de son deuxième tome de "Secrets d'Histoire" aux éditions Albin Michel, il répond sans langue de bois à toutes nos questions.

France Dimanche (F.D.) : Avec toutes vos activités, "Comment ça va bien ?" Monsieur Bern ?

Stéphane Bern (S.B.) : (Essoufflé) C'est la course, mais je crois que j'aime quand c'est speed. Je suis toujours actif.

F.D. : À quoi ressemble votre semaine type ?

S.B. : Je me réveille vers 6 h 30, je prends mon petit-déjeuner, je sors mes chiens, Dash et Virgule. Ensuite, je lis et réponds à mes mails. Vers 8 h j'arrive à RTL, lis les journaux et commence à travailler sur l'émission. Nous sommes en direct de 11 h à 12 h 30 pour "À la bonne heure". Lundi et jeudi, à l'heure du déjeuner, je fais du sport avec un coach. Le mardi et mercredi, il y a tournage des émissions "Comment ça va bien ?"  à la Plaine Saint Denis. Le vendredi c'est le seul jour où j'ai un déjeuner de libre.

F.D. : Vous venez de sortir "Secrets d'histoire" Tome 2. D'où vous vient votre goût pour l'écriture ?

S.B. : Je suis passionné d'Histoire depuis tout petit. À 9 ans, je lisais déjà un grand livre sur celle du Grand Duché de Luxembourg. Les mystères, les secrets, les énigmes m'ont toujours fasciné. Comme le disait Balzac : « J'ai le sentiment qu'il y a une Histoire officielle qu'on nous raconte et une Histoire officieuse qui nous cache. »

F.D. : Vous êtes très présents dans de nombreuses fondations. Cela vous tient à cœur ?

S.B. : Je fais, en effet, partie de la fondation Mentor, qui incite les jeunes à ne pas prendre de drogue. Je m'occupe aussi de la fondation Melita, qui porte le nom de ma mère et qui est dirigé par mon papa. Ma maman est morte du diabète, je me sens concerné. Aujourd'hui les gens commencent à parler de cette maladie, comme Jean-Marie Bigard ou Jean Reno. Dès que j'ai un peu d'argent, j'en donne à cette fondation. j'essaie de rendre un peu ce que l'on m'a donné.

F.D. : Vous évoquiez une enfance plutôt difficile.

S.B. : Lorsque vous êtes d'une famille plutôt normale et que vous commencez à vous intéresser aux rois et aux reines, les parents se posent des questions. Mais ma seule névrose venue de mon enfance est liée au fait que ma mère ne me manifestait son amour que si j'avais fait mon lit, rangé ma chambre, fais mes devoirs.  J'ai donc toujours l'impression d'être attendu au tournant.

F.D. : Vous étiez comparé à Léon Zitrone, aujourd'hui à Philippe Bouvard, ressentez-vous de la pression ?

S.B. : Je crois avoir démontré avec le mariage de William et Kate ainsi que celui d'Albert et Charlène que j'étais capable de marcher dans les pas de Léon Zitrone. Je vous annonce d'ailleurs qu'en juin prochain, nous commenterons avec Marie Drucker le Jubilé de diamant de la reine Elizabeth sur France 2. Quant à Philippe Bouvard, c'est mon maître. Il m'a toujours dit qu'à défaut d'avoir des talents, il faut savoir s'entourer de gens qui en ont. C'est ce que j'essaie de faire.

F.D. : Marie-Claire Pauwels s'est éteinte cette année, c'était une femme très importante pour vous.

S.B. : Oui, avec Marie-Claire, j'ai perdu ma deuxième mère. J'ai du mal à penser à elle sans pleurer. Elle m'a donné ma chance, m'a accompagné. Vous savez, à 20 ans, j'étais vieux et grâce à elle je suis devenu jeune à 40. Elle m'a appris à m'accepter.

F.D. : En 2009, vous écriviez un roman inspiré de la vie de Ginette Pascale. Avez-vous envie de rendre à nouveau ce genre d'hommages ?

S.B. : Oui, car je suis très attaché à la mémoire des personnes âgées. J'ai perdu ma grand-mère l'année dernière, elle avait 96 ans. J'ai passé ma vie à lui demander de me raconter la sienne. J'adore être passeur. C'est pour cela que j'adore l'Histoire. Je vis dans l'angoisse que l'oubli soit une deuxième mort, et je ne manque pas une occasion d'évoquer ceux qui ont compté dans mon existence, comme Jean-Claude Brialy ou Michel Serrault, mon parrain dans le métier.

F.D. : Et le Prince Albert, dont vous êtes proche ?

S.B : (Il coupe) Je ne sais pas ce que ça veut dire être proche. C'est quelqu'un que j'aime infiniment et que je connais depuis 25 ans. Je lui suis fidèle et il le sait. Je reste à ma place pour éviter qu'on m'y remette.

F.D. : Vous vivez depuis longtemps dans le 9e arrondissement de Paris. Êtes-vous investi dans la vie de votre quartier ?

S.B. : Oui, je suis président du Conservatoire du 9e. Et récemment, les voisins m'ont envoyé une femme de 55 ans, menacée d'expulsion. Sa propriétaire vend l'appartement, et elle n'a pas les moyens de l'acheter, alors je suis allé voir le maire pour trouver une solution.  J'espère qu'elle s'en sortira.

F.D. : Vous avez un grand cœur, mais est-il à prendre ?

S.B. : Non, j'ai toujours vécu avec quelqu'un, et je suis toujours très amoureux. Mais j'évite de trop en parler. Je pense que c'est mieux pour le public que je n'ai pas de vie privée, pas de religion et pas d'opinions politiques. Je ne me mobilise que pour les grandes causes : contre le racisme, l'homophobie, l'antisémitisme ou le sexisme.

F.D. : Quel est le secret de votre histoire ?

S.B. : C'est de faire le bien autour de moi, et de raconter des histoires, belles et émouvantes, qui m'ont aidé à surmonter les fragilités de l'enfance. Ce métier me rassure, car j'ai aujourd'hui l'impression d'avoir enfin trouvé ma place. Même si je n'ai pas beaucoup de temps à moi, je me nourris de ce que je donne aux autres. C'est en donnant qu'on reçoit.

Interview : Anthony Quittot

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