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Stéphane Bern : “Je suis atteint de syllogomanie”

Publié le 2 mai 2020

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© BESTIMAGE Stéphane Bern

Stéphane Bern oblige son entourage à subir son étrange maladie.

A l’occasion de la promotion de son nouveau livre Les Records de l’Histoire (à paraître chez Albin Michel), Stéphane Bern a accordé un entretien à Paris Match dans lequel il a fait une révélation fracassante. L’animateur de 56 ans s’est en effet confié sans détour sur ce trouble obsessionnel compulsif bien étrange dont il souffre depuis longtemps déjà. Ce féru d’histoire, qui s’est réfugié dans le Perche, au nord-ouest d’Orléans, pour vivre les mesures de confinement dans les meilleures conditions, s’est enfin décidé à tout dire sur ce mal intime qui lui cause bien du tourment.

Depuis l’adolescence, l’animateur de Secrets d’Histoire, sur France 2, traque, chine et entasse des objets de toutes sortes. Au début, lorsqu’il acquiert à l’âge de 13 ans, une ordonnance royale signée de Louis XVI au détour d’une brocante, il est loin de se douter que cette première acquisition va marquer le début d’une incroyable frénésie de trouvailles en tout genre. Mais au fil des années, alors que son intérieur est devenu un véritable capharnaüm, il doit se rendre à l’évidence. Cette manie de tout accumuler jusqu’à la déraison est aujourd’hui pathologique. « Je suis atteint de syllogomanie : je conserve tout et ne jette rien », avoue-t-il à l’hebdomadaire, vaguement honteux.

Cette maladie psychique qui incite ceux qui en souffrent à amonceler toutes sortes d’objets n’est pas à prendre à la légère, notamment lorsque l’amoncellement d’emballages vides, de prospectus publicitaires et de vieux journaux rendent le logement du malade insalubre, attirant souvent insectes et autres rongeurs ! Incapables de refréner leurs pulsions au point d’aller fouiller dans les poubelles pour satisfaire leurs besoins compulsifs, certains patients finissent par cacher leur comportement si singulier aux autres et s’isolent petit à petit…


En apparence, Stéphane Bern vit plutôt bien son « handicap » puisqu’il a à cœur de mettre en valeur ses découvertes glanées au cours de ses promenades avec un sens de l’esthétique évident. Ce qui donne à son appartement du IXe arrondissement parisien et surtout à sa sublime propriété du Perche des allures muséales. « Dès que je peux, je m’arrête chez les antiquaires ou dans les brocantes. Je repars rarement les mains vides car j’ai le sentiment d’y trouver chaque fois un petit morceau du patrimoine en me disant que ça tombe entre de bonnes mains. Ça enchante la vie d’être entouré d’antiquités ! » déclare ce chineur invétéré. Au lieu d’avoir honte de conserver des babioles, il est persuadé de faire une bonne action : « J’essaie de sauver la mémoire de ceux qui n’en ont pas », dit-il. Sur quoi ce passionné des têtes couronnées jette-il son dévolu lorsqu’il est en chasse ? Sur les souvenirs royaux, bien sûr ! Mais dans les salles des ventes, le prix des tableaux anciens devient vite exorbitant : « J’adore les portraits de cour. Le problème, c’est que quand ça monte trop haut, je lâche, ça me rend furieux. »

Qu’à cela ne tienne ! Les assiettes et les mugs représentant les Windsor font aussi son bonheur et encombrent les étagères du vaisselier de sa cuisine de Thiron-Gardais, où il a acquis, il y a quelques années, l’ancien collège royal et militaire.

Mais il y a pire : « Je collectionne en secret les vieilles boîtes à biscuits Delacre. Celles où figurent les familles royales, notamment la famille royale belge. J’en ai une quinzaine », souffle-t-il. « Par chance, tout cela n’intéresse plus grand monde, donc on peut faire des collections à coût modeste », ajoute-il. Il aime aussi amasser les vieux cadres photo style 1900 ou Années folles et les jolis couverts. Dans son domaine du Perche, ses nombreuses collections trouvent un peu partout leur place sans étouffer l’espace. Mais dans son appartement parisien, c’est plus compliqué ! C’est le bureau bibliothèque, où ce forcené de travail passe le plus clair de son temps, qui révèle les ravages de ses accès de syllogomanie, tant la pièce est envahie de papiers, de piles de photos, de petits drapeaux et surtout de colonnes de livres.

« Mon bureau est dans un foutoir total, c’est plein de vie, mais on ne sait plus où marcher ! » concède Stéphane, tout penaud. Dans les autres pièces, c’est tout aussi encombré. Mais l’impressionnant désordre de chaises Louis XVI, de guéridons, de tables basses et de toiles d’art contemporain (notamment thaï et chinois) ramenées de ses voyages, tendraient plutôt à prouver que Stéphane a tout du collectionneur éclairé, et non du furieux syllogomane comme il se qualifie lui-même…

Valérie EDMOND

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