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Stéphane Collaro : “Eddie Barclay ne doit pas tomber dans l’oubli”

Publié le 18 juin 2012

L’animateur Stéphane Collaro, épaulé par un groupe d’amis, compte bien faire revivre la mémoire du producteur Eddie Barclay, avec qui il a partagé bien plus que des soirées.

Stéphane avec sa chienne Yellow. Photo : Anthony Quittot

Sur la petite route escarpée de la Friendly Island, qui me mène jusqu’à la villa Caye Blanche de Stéphane Collaro, le paysage de carte postale défile sous mes yeux… Le quartier d’Anse Marcel, où l’ex-­animateur a posé ses valises il y a dix-huit ans, est un endroit idyllique qui domine la mer des Caraïbes. C’est sous un soleil de plomb que je franchis le pas de la porte. Je suis alors immédiatement accueilli par une boule de poils pleine d’énergie.

S’avançant vers moi, Stéphanie, la compagne de Stéphane, me raconte comment cet animal est entré dans leur vie : « Pour l’anniversaire de Stéphane, l’année dernière, nos meilleurs amis, Marco et Sabine, les patrons du restaurant Yellow Beach, nous ont offert cette chienne, que nous avons prénommée… Yellow ! Depuis, elle ne nous quitte plus. » Ce n’est cependant pas pour faire sa connaissance que je me suis rendu sur l’île de Saint-Martin, mais pour évoquer avec Stéphane la complicité qui le liait à Eddie Barclay, disparu le 13 mai 2005. Aujourd’hui, l’ancien trublion du petit écran aimerait rendre hommage au roi des nuits tropéziennes.

PLAQUE

Aux 82 ans d'Eddie Barclay © Daniel Angeli. Photo : Collection personnelle

Une association a été constituée à cet effet. Parmi ses membres, on compte Jean-Claude Corbineau, l’ex-bras droit d’Eddie, son fils Guillaume, Jackie Bonnier, la mémoire de Saint-Tropez, Daniel Hechter ou encore Eddy Mitchell. « Ils ont eu la gentillesse de me nommer président sans me demander mon avis, raconte Stéphane, mais j’ai bien volontiers accepté de l’être !

C’était un musicien exceptionnel mais surtout un grand découvreur de talents et un hédoniste ! Un défenseur de la qualité de la vie dans l’élégance et dans la fête ! Il y avait de la grâce dans ses soirées. Il avait aussi le talent de savoir mélanger les gens. Eddie était un personnage qui, à bien des égards, mérite qu’on honore sa mémoire. » Alors, pour que tout le monde se souvienne de l’homme qu’il était, ses amis souhaitent faire poser une plaque au pied de l’appartement où Eddie résidait, avenue de Friedland à Paris.

EXPOSITION

Mais ce n’est pas tout. Stéphane a eu l’idée d’organiser une exposition, dans le même esprit que celle qui a été consacrée à Brigitte Bardot à Boulogne. « Nous avons beaucoup de documents, de photos, de films. Nous pourrions donc faire un musée itinérant. J’en ai parlé au maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, qui a marié Eddie, et il est tout à fait d’accord », s’enthousiasme Stéphane. En parallèle, l’association souhaite créer une récompense musicale Eddie Barclay, pour saluer un jeune talent de l’année.

Stéphane Collaro me confie qu’il se rend régulièrement à Saint-Tropez pour aller se recueillir sur la tombe de son ami. « Je prends le chemin des douaniers le long de la mer et j’arrive dans le petit cimetière, qui est un endroit délicieusement poétique. Eddie a une sépulture merveilleuse ornée d’une sculpture faite par Guillaume, son fils. Là, je lui parle et lui dit qu’il me manque en évoquant tous les bons moments passés en sa compagnie. » Et Dieu sait qu’il y en a eu !

Eddie Barclay et Dalida à la grande époque dans Saint-Tropez. Photo : collection personnelle
Soirée "Hommes-femmes" avec Eddie en blanc et Stéphane à sa droite. Photo : Collection personnelle

Mais il y a en a un qui restera gravé à jamais dans sa mémoire : celui de sa rencontre avec le célèbre producteur. « C’est mon ami Jean-Pierre Beltoise qui me l’a présenté. Il m’avait d’ailleurs prévenu qu’avec Eddie, c’est très rapide : soit ça prend, soit ça ne prend pas. Moi, j’ai eu de la chance, car nous nous sommes tout de suite très bien entendus !

Eddie m’a alors demandé de venir le chercher le lendemain pour l’emmener à Saint-Tropez, ce que j’ai accepté volontiers. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu, car nous sommes tombés en panne d’essence ; je revois encore Eddie avec son gros cigare pousser ma voiture sur au moins 2 kilomètres, quelle rigolade ! Mais, aussitôt le plein refait, j’ai perdu les clés de mon véhicule. Et c’est à quatre pattes dans l’herbe, toujours avec son gros cigare, qu’Eddie m’a aidé à les retrouver. Après ces mésaventures, il m’a alors dit que plus jamais il ne monterait en voiture avec moi ! Voilà le début de plus de trente ans d’amitié ! »

Texte de Anthony Quittot

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