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Sylvie Tellier : “Je ne veux pas passer à côté de mes enfants !"

Publié le 16 octobre 2020

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A 42 ans, la patronne des Miss France Sylvie Tellier reste une battante optimiste, malgré les polémiques et un travail très prenant.

Toujours fidèle, la directrice générale de la Société Miss France a une nouvelle fois répondu présent à l'association Mécénat Chirurgie Cardiaque, afin de participer à l'étape du Cœur du Tour de France qui va permettre de sauver dix-sept enfants ! Sportive dans l'âme, Sylvie mène ses Miss et sa vie de famille tambour battant. Plus que jamais sur tous les fronts en cette période troublée et en cette année de centenaire, Miss France 2002 ne lâche pas le guidon, et nous promet une belle fête en décembre au Puy du Fou. Entretien sur un grand braquet. Et sans détours…


France Dimanche : Depuis combien d'années participez-vous à l'étape du Cœur organisée par Mécénat Chirurgie cardiaque ?

Sylvie Tellier : Cinq ou six ans déjà… je crois. J'avais rencontré Francine Leca [première femme chirurgien cardiaque et fondatrice de l'association, ndlr], il y a très longtemps, une femme hors norme qui m'avait bluffée ! Puis on a participé aux « kilomètres du cœur » lors du marathon de Paris, avant d'enchaîner sur le Tour. Je dis « on » car j'englobe Éric, mon beau-père et ma maman qui sont des marathoniens et des cyclistes acharnés et qui m'accompagnent chaque année.

FD : Vous vous préparez à cette étape ?

ST : Oui car je suis un peu hyperactive et j'ai besoin de faire du sport. Cette fois, je me suis entraînée avec les pédales autobloquantes mais j'ai un peu peur de tomber !

FD : Votre hyperactivité n'a pas trop souffert durant le confinement ?

ST : Les quinze premiers jours, j'ai vécu ça comme une privation de liberté car je ne pouvais plus aller courir loin. Mais globalement, cela s'est bien passé. J'étais confinée à Paris avec mon mari et mes enfants. Pour la première fois de ma vie, je suis restée longtemps à la maison en famille ! Il ne m'était jamais arrivé de pouvoir leur consacrer deux mois ainsi et j'ai tout adoré : faire la maîtresse, des émissions sur les réseaux avec les filles [les Miss, ndlr] et m'occuper de mon mari qui est en télétravail. Mais j'ai la chance d'avoir une grande maison et un bout de jardin. J'ai eu un peu le cafard au moment du déconfinement. Je devais de nouveau quitter les miens !

FD : Vous n'avez pas eu peur par rapport à la préparation de l'élection ?

ST : C'est vrai qu'au niveau professionnel, c'était compliqué. Je prépare l'élection un an avant, en voyageant de ville en ville. Du coup, j'ai eu des vidéoconférences avec mes délégués régionaux. Certains ont eu peur et voulaient faire une année blanche…

FD : Il a même été question que Miss France 2020 garde sa couronne deux ans…

ST : Non, c'était une rumeur. Déjà on est dans l'année du centenaire, donc moi je n'envisageais pas d'année blanche, sauf si l'on avait été confiné pendant un an. Heureusement, j'ai des délégués pleins de ressources. On a lancé nos premières élections départementales digitales avec des jeunes filles qui nous envoyaient leurs vidéos ! Au déconfinement ont eu lieu les premières élections à huis clos, filmées. Puis on a attaqué les régionales en juillet, avec la Corse, en extérieur. Depuis, je sillonne la France. Le week-end dernier, on avait 1 000 personnes en Alsace, avec les tests PCR pour les filles, les masques et la distanciation ! En plus, cette année sera un très bon cru, nous avons des individualités fantastiques, vous verrez !

FD : Vous êtes toujours optimiste…

ST : Oui, tant qu'on me dit que c'est possible, j'y vais ! Peut-être que d'ici à trois mois la situation sera telle qu'on devra tout annuler, mais pour l'instant ça va : le Puy du Fou nous accueille. Ils ont été au top car je ne les ai appelés qu'en mai. La salle du Grand Carrousel de 3 000 places est exceptionnelle, on peut même y faire venir l'eau ! C'est un lieu magique et parfait pour le centenaire… et je ne dis pas ça parce que je suis vendéenne !

FD : Peu importent les polémiques sur les tolérances accordées au Puy du Fou ?

ST : C'est vrai qu'au mois d'août, ils ont eu l'autorisation de la préfecture de faire la Cinéscénie devant 9 000 personnes. Mais bon, Roland-Garros a une jauge à 11 500 aussi… Toutes ces institutions comme Miss France et le Tour de France passionnent et on est habitués à être dans l'œil des polémiques !

FD : Comme celle créée par la candidate de Miss Guadeloupe, disqualifiée pour avoir posé topless ?

ST : On m'a critiquée, mais je me suis basée sur le règlement. Même si on me dit qu'elle voulait sensibiliser l'opinion contre le cancer du sein. C'est très compliqué en fait. Jusqu'où peut-on aller ? Je n'ai rien contre les seins nus mais si on le tolère pour l'une, où s'arrête-t-on ? N'oublions pas que l'élection de Miss France est un spectacle familial, regardé par plein de petites filles…

FD : Y aura-t-il des choses spéciales pour ce centenaire ?

ST : Comme pour toutes les surprises, on ne peut rien en dire. Je pense au centenaire depuis dix ans, j'avais plein d'idées, on ne pourra pas tout faire. Déjà pour des raisons financières, car on est dans une année compliquée, notamment pour les diffuseurs et les producteurs. Mais nous avons des équipes artistiques très ingénieuses… Le talent n'est pas qu'une question d'argent.

FD : Vous ne commencez pas à être blasée par toutes ces élections ?

ST : Non, car j'adore vraiment ce que je fais. Miss France reste ma passion depuis quinze ans. Je suis heureuse d'y apporter toujours un peu plus de modernité. Désormais les vraies stars sont les Miss, et pas seulement Geneviève de Fontenay. Tout le monde les connaît, et c'est ma fierté. Cela dit, en tant que maman de trois enfants toujours partie le week-end et au bureau la semaine, c'est très compliqué à vivre. Après la rentrée de mes enfants, je ne les ai plus vus pendant dix jours ! C'est violent. Je ne suis pas blasée mais je suis en réflexion…

FD : C'est-à-dire ?

ST : J'aimerais que d'autres Miss France rentrent dans l'organisation et viennent me décharger, car je ne peux pas tout faire avec ma petite équipe de quatre personnes. Comme lors de mon congé maternité durant lequel Camille Cerf m'a suppléée. Je ne veux pas passer à côté de mes enfants.

FD : Certaines Miss seraient donc prêtes à intégrer le comité ?

ST : Je pense que me voir travailler comme ça ne leur donne pas envie ! Surtout avec un salaire qu'on ne peut leur offrir. Je veux bien comprendre qu'elles préfèrent faire des posts Instagram ! Cela dit, je suis attachée à ce travail et je suis en train de réfléchir à une évolution de mon rôle. Grâce à Geneviève, j'ai pu intégrer l'organisation à 25 ans, avec des idées neuves. Je n'ai que 42 ans aujourd'hui, mais ce serait bien d'insuffler autre chose. Et comme Miss France est une histoire de famille, je suis convaincue qu'il n'y a qu'une Miss France qui puisse apporter un souffle nouveau. Je ne vais pas partir tout de suite mais je voudrais un peu d'aide… Ne serait-ce que pour passer plus de week-ends chez moi !

FD : Vous êtes l'archétype de la femme d'aujourd'hui à qui on demande d'être parfaite sur tous les fronts…

ST : Malheureusement, j'ai une maman superwoman. J'ai grandi auprès d'un modèle maternel incroyable ! Elle travaillait six jours sur sept et a élevé en solo trois enfants, sans aucune aide à la maison !

FD : Ce sera toujours Jean-Pierre Foucault à la présentation ?

ST : Bien sûr ! Il est vraiment aimé des gens et connaît la mécanique de l'émission sur le bout des doigts. J'ai gardé une véritable affection pour celui qui m'a déclarée Miss France !

Yves QUITTÉ

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