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Sylvie Vartan : Dévastée par la mort de son mentor

Publié le 26 mai 2019

Grâce à cet homme sulfureux, Sylvie Vartan avait connu un immense bonheur.

La chanteuse a le sens de l’amitié, quelles que soient les turpitudes de la vie. Et le réalisateur Jean-Claude Brisseau, mort des suites d’une longue maladie le 11 mai à Paris, compte parmi ses amis de longue date. Sur les réseaux sociaux, l’icône des années 60 a tenu à exprimer l’immense chagrin causé par le décès de celui qui lui a offert son plus beau rôle au cinéma. « C’était un grand cinéaste, un homme passionné, exigeant, excessif, et mon ami. Tourner avec lui en 1994 a été un vrai bonheur. L’ange noir restera pour moi un des moments les plus forts de ma vie d’artiste ! » a-t-elle déclaré.


Au lendemain de la disparition de Jean-Claude Brisseau à l’âge de 74 ans – le même âge que Sylvie ! –, peu de personnalités ont réagi à la nouvelle. Certaines comédiennes ont préféré mettre l’accent sur le côté sombre du cinéaste, condamné pour harcèlement sexuel à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris en 2005. Vanessa Paradis qui, elle aussi, a obtenu son premier rôle au cinéma grâce à lui avec Noce blanche (1989), a tout juste mentionné dans les colonnes du Monde qu’il était extrêmement particulier, « très grand, très autoritaire, avec cette voix grave ». Et que le tournage en question avait été « très dur ». Clap de fin.


Jean-Claude Brisseau

Pour Sylvie Vartan, le souvenir de Jean-Claude Brisseau reste celui d’un pygmalion, un homme qui lui a fait confiance pour le rôle d’une garce cruelle et perverse, criminelle par amour, dans un thriller captivant. Leur rencontre a eu lieu à Cannes en 1992. C’est lui qui l’aborde. Elle se souvient que son cœur s’était mis à battre à tout rompre ! Elle est pourtant déjà une star ! L’entente entre les deux naît immédiatement.

Elle lui parle alors de son envie de faire du cinéma. Car elle se souvient de ses premiers pas, à l’âge de 6 ans, dans Sous le joug, un film bulgare où elle était apparue en costume folklorique. Depuis, elle n’a qu’une idée en tête : recommencer. Mais les réalisateurs ne se bousculent pas. Elle reconnaît aussi qu’elle n’a pas su saisir les quelques occasions qui se sont présentées. Ainsi, elle lui confie qu’elle aurait été pressentie par Jacques Demy pour jouer dans Les parapluies de Cherbourg, mais que son agent aurait décliné de lui-même la proposition.

Après cette première rencontre, le cinéaste et la chanteuse se voient régulièrement à Paris. Cette fois, c’est lui qui lui parle de son prochain long-métrage, un thriller noir dans une atmosphère des années 50. Il lui propose tout simplement le rôle de sa vie. « Il m’a fait un vrai cadeau, raconte-t-elle. Jouer une femme méchante est très grisant et très loin de ce que je suis. Je n’ai pas envie de faire quelque chose de mièvre à l’écran ! Cette femme tragique et passionnée, poussée par un désir de vengeance, je m’y suis attachée. C’est un monstre glacé et froid, mais elle a des circonstances atténuantes. C’est un personnage qui a été blessé et vit avec des fêlures. » De fait, elle devient cet ange démoniaque qui marque les écrans. On reste captivé par cette femme fatale, à la voix monocorde, si vénéneuse, toute de noire vêtue, au regard impénétrable.

Mais si, pour Sylvie, jouer la comédie est une révélation, il n’y aura, hélas, pas vraiment de suite. Aujourd’hui, la chanteuse clame qu’elle a adoré travailler avec Jean-Claude Brisseau et souligne son bonheur d’avoir été choisie par lui alors qu’elle n’avait aucun laurier de comédienne. « Jean-Claude a su voir au-delà des étiquettes. Tourner dans ce film est une expérience artistique que je garderai toujours comme un merveilleux souvenir », explique-t-elle. Et même si l’homme a été éclaboussé par plusieurs affaires de mœurs et qu’il avait une réputation bien sulfureuse, Sylvie Vartan préfère ne garder en tête que les moments agréables où elle avait accepté d’être son « ange noir »…

Alicia COMET

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